En cette semaine de persévérance scolaire, voici trois histoires inspirantes qui démontrent que le vouloir apporte souvent, de belles réussites.

Sonia Lalonde
Assistante administrative
L’Aiguillage de Vaudreuil-Dorion
(Photothèque)

À 15 ans elle quitte l’école pour devenir maman

À 15 ans, Sonia Lalonde a quitté l’apprentissage scolaire pour apprendre un nouveau rôle, celui de maman. Ce n’est pas de gaité de cœur qu’elle a dû quitter l’école. Or l’école secondaire qu’elle fréquentait à Salaberry-de-Valleyfield n’acceptait pas les adolescentes enceintes.

En 1991, Sonia Lalonde savait très bien qu’en abandonnant l’école, que son avenir ne serait pas comme elle souhaitait au niveau professionnel. D’ailleurs elle mentionne qu’il est vraiment difficile d’avoir une certaine qualité de vie sans minimalement avoir terminé ses études secondaires.

« En 1995, j’ai tenté de faire un retour aux études, dit-elle. J’ai fait un test de développement général. Ce test me permettait d’avoir assez de crédits pour m’inscrire à d’autres programmes. Je me suis donc inscrite pour l’obtention d’un diplôme d’études professionnelles en secrétariat et comptabilité. Cependant, plus les cours passaient et moins je comprenais la matière. C’était simple, il me manquait des acquis. J’ai fini par abandonner. »

Refusant de se laisser abattre, Mme Lalonde a fait un autre retour aux études en 2011. Cette fois, elle a complété son parcours académique jusqu’à l’obtention de son 5e secondaire. « Par la suite, je suis allée au cégep pour un AEC en bureautique, comptabilité et coordination, dit Mme Lalonde. J’ai obtenu mon diplôme en 2013. C’était particulier puisque je faisais mes devoirs en même temps que mes adolescentes faisaient les leurs. »

La dame, qui est aujourd’hui âgée de 44 ans, a un message rempli d’espoir pour les gens qui vivent ou qui ont vécu une situation comme la sienne. « Il est important de se donner une deuxième chance et d’y retourner. Si j’ai réussi à 35 ans avec 4 enfants à la maison, n’importe qui peut le faire et réussir. À la fin de ce cheminement, les jeunes mamans seront fières d’elles. Certaines diront que ce n’est qu’un papier, mais non, ce n’est pas juste un papier, ce sont des efforts, des sacrifices et beaucoup de motivation. Je vous encourage fortement à vous donner la chance de réussir, tout est possible quand on y croit. »

Patrick Cloutier
Infirmier Hôpital Anna-Laberge
(Photothèque)

La détermination apporte de grands résultats

Il a travaillé très fort pour son but. Patrick Cloutier est la preuve même que la persévérance amène à la réussite. Atteint de dyslexie/dysorthographie, l’homme de 42 ans a réussi son apprentissage scolaire et il a obtenu un diplôme en soins infirmiers.

Le parcours scolaire de M. Cloutier n’a pas été facile. Le décrochage scolaire est un terrain connu pour lui. À 15 ans, il n’avait aucun intérêt pour l’école. Il accumulait les échecs. D’ailleurs, dans un bulletin, il a déjà eu 10 %. Pour l’adolescent qu’il était, l’école s’était terminée.

Roulant sa bosse dans divers domaines, Patrick Cloutier avoue que son manque d’éducation lui a joué des tours. À une certaine époque, il est devenu prestataire de l’aide sociale.

Vingt ans après son abandon scolaire, M. Cloutier a fait un retour en classe. Il savait alors ce qu’il souhaitait faire. Il désirait venir en aide aux gens en devenant infirmier auxiliaire. « J’ai décidé de finir mon 3e secondaire dans le but de faire un DEP en soins, confirme M. Cloutier. Étrangement, j’ai été refusé. Je me suis retrouvé face à un mur. Un orienteur m’a alors suggéré de faire une demande au cégep en soins infirmiers. Là, j’ai été accepté. »

Patrick Cloutier a été dans l’obligation de mettre les bouchés doubles. Dans ses conditions d’admissibilités, il devait respecter un point important. Il devait obtenir son diplôme d’étude secondaire avant la fin de sa première session au cégep. Par conséquent, en plus d’être un étudiant à temps plein au collège, il a terminé son secondaire dans le programme de cours du soir.

« J’ai bûché vraiment fort, admet Patrick Cloutier. Puisque je suis dyslexique/dysorthographie, j’ai eu le droit d’utiliser un ordinateur dans mes cours. Cela a fait une grande différence. J’ai obtenu mon diplôme dans les délais normaux et j’en suis fier. Depuis bientôt 7 ans, je travaille comme infirmier. »

S’il avait la chance de parler à l’adolescent de 15 ans qui a lâché ses études, Patrick Cloutier indique qu’il lui dirait de croire en lui. Que le modèle scolaire n’est pas conçu pour certaines personnes, mais qu’il est possible de demander de l’aide.

Yanick Drouin
Programmeur informatique
Logiciel Épisode (Laval)
(Photothèque)

De décrocheur à programmeur informatique

À quelques mois de l’obtention de son diplôme d’étude secondaire, Yanick Drouin a lâché l’école. La méchanceté de certains aura eu raison de son parcours académique. L’intimidation n’était pas une option pour lui. Cependant, avant de décrocher, son plan était déjà établi. Il comptait terminer ses études dans un centre scolaire pour les adultes.

Quatre années se sont écoulées entre le départ et le retour en classe pour l’homme qui est âgé aujourd’hui de 36 ans. Pendant ce temps, il a cumulé quelques emplois. Mais il est allé au bout de sa conviction. Il souhaitait obtenir son diplôme d’études secondaires.

Qui a dit que l’on ne peut pas retourner à l’école plus d’une fois? À la suite de l’obtention de son diplôme, Yanick Drouin est retourné sur le marché du travail. À une certaine époque, il était même contremaître. Or, son poste a été aboli et c’est pour cette raison qu’il a décidé d’effectuer un autre retour aux études.

Voilà qu’à 31 ans, il s’est inscrit à l’université en tant qu’étudiant adulte. Mais, une blessure le pousse à faire une réorientation de carrière. C’est alors qu’il s’informe sur le métier de programmeur informatique.

« Si quelqu’un m’avait dit il y a 10 ans que je serais programmeur en informatique, je ne l’aurais pas cru », admet le natif de Salaberry-de-Valleyfield.

Ce n’est pas facile de retourner à l’école lorsque l’on est adulte. C’est encore moins évident lorsque l’on combine un travail à temps plein et des études. « Je travaillais 44 heures par semaine et j’allais à l’école 16 heures par semaine. Mais, au bout de 21 mois, j’ai décroché mon diplôme. Les efforts ont valu la peine. »

Steve Sauvé

Steve Sauvé

Journaliste

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