Autrefois, la région Beauharnois-Salaberry ainsi que le Haut-Saint-Laurent étaient la propriété d’un Seigneur. À l’époque, la région est connue, comme étant la Seigneurie de Beauharnois, puis comme étant la Seigneurie Annfield. En 1800, le nouveau Seigneur divise le territoire en secteurs qu’il nomme en l’honneur de chacun de ses enfants. Saviez-vous que Salaberry-de-Valleyfield était alors connu sous le nom de Catherinestown?

À l’époque de la Nouvelle-France, la Seigneurie de Beauharnois est illustrée comme ayant la forme d’un carré. Pour une superficie totale de 855 km, ses dimensions représentent 6 lieues de front sur 6 lieues de profondeur.

Fondée en 1729 par Victor Marie d’Estrées, comte puis duc d’Estrées, la Seigneurie de Beauharnois est vendue en 1750 au seigneur Michel Chartier de Lotbinière.

 

En 1795, la Seigneurie passe aux mains d’Alexander Ellice. L’homme en prend possession pour la somme de 9 000 £, soit 15 622,96 $ canadiens. Selon le site Official Data, cette somme représenterait, aujourd’hui 428 042 $.

 

Cinq ans plus tard, soit en 1800, Alexander Ellice fait arpenter la Seigneurie et la fractionne en plusieurs sections. Il renomme également la Seigneurie au nom de son épouse. La Seigneurie de Beauharnois devient alors Annfield. Précisions que ce changement de nom ne parvient pas à s’imposer dans les documents officiels puisque la mention de la Seigneurie de Beauharnois prédomine sur Annfield.

Par l’intermédiaire d’un gestionnaire, Alexander Ellice fait construire un manoir. Désirant agrandir sa Seigneurie, il achète la plus grande partie des cantons adjacents de Godmanchester et de Hinchinbrooke.

Puis, il rebaptise les arrière-fiefs de sa Seigneurie en l’honneur des membres de sa famille et délimita certains secteurs à mettre en valeur. Le territoire est donc divisé et connu sous ces concessions :

Edwardstown (une partie de Sainte-Clothilde et de Saint-Chrysostome)

Annstown (Beauharnois)

Catherinestown (Sainte-Cécile de Valleyfield, Saint-Stanislas-de-Kostka, une partie de Saint-Louis et de Sainte-Barbe

Jamestown (Franklin)

Helenstown (Saint-Timothée, ainsi qu’une partie de Saint-Louis)

North Georgetown (bas de Saint-Louis-de-Gonzague depuis Saint-Clément jusqu’au rang du 40, dans Saint-Louis

 South Georgetown (Howick et une partie d’Ormstown)

Ormstown

Marystown (une partie de Saint-Clément, Beauharnois, le Buisson et Melocheville)

Williamstown (une partie de Sainte-Martine, de Saint-Urbain et de Sainte-Clothilde)

Russeltown (une partie de Sainte-Clothilde et de Saint-Chrysostome)

 

Alexander Ellice, un riche homme d’affaires écossais ne réside pas sur place, préférant sa résidence de Londres. L’homme connaît bien l’Amérique du Nord, pour y faire fréquemment des voyages à New York et à Montréal, pour ses importations. Il meurt en 1804, laissant derrière lui la somme de 450 000 £, soit l’équivalent de 781 298,67 $ canadiens. Selon l’inflation calculée, cela représenterait plus de 21 407 565,20 $, en date d’aujourd’hui. Son fils Edward Ellice hérite de la seigneurie.

Nouvellement propriétaire de la seigneurie Annfield, Edward Ellice amorce aussitôt le développement et l’occupation du territoire. Ainsi, plusieurs colons s’établissent dans les différentes parties de la seigneurie.

Edward Ellice visite sa Seigneurie à quelques rares occasions. Il préfère confier la gestion à des agents qui veillent à ses intérêts. Toutefois, il n’hésite pas à investir massivement pour son développement. Notamment, en faisant construire des écoles, des moulins, des routes des églises, un canal et un chemin de fer.

Au printemps 1838, il séjourne dans sa seigneurie. Il est fait prisonnier, avec son épouse et sa belle-sœur, lors de l’insurrection des patriotes. À la suite de cet incident, le couple jure qu’il ne remettra plus jamais les pieds dans la région.

 

Un an plus tard, Edward Ellice vend sa Seigneurie, à un dénommé Scot qui la conserve jusqu’en 1844, où il la vend à London Land. Ce dernier conservera les titres de propriété jusqu’à 1851. Il les revend à nul autre qu’Edward Ellice. Pendant les 15 années qui suivront, il posera le pied dans sa Seigneurie, à une seule occasion.

Ainsi, en 1866, Edward Ellice vend sa Seigneurie à la Montreal Investment Association. La Seigneurie est aussitôt la propriété de la Montreal Investment Trust qui en conservera les titres jusqu’en 1940.

 

 

Sources :

Diocèse de Valleyfield

Les caractéristiques de la seigneurie de Beauharnois (André LaRose, SHGS)

Archives nationales

L’Encyclopédie Canadienne

Répertoire du patrimoine du Québec

Université du Québec à Montréal

Crédit photo :

Bibliothèque et Archives Canada

Mélanie Calvé

Mélanie Calvé

Journaliste

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