Exclusivement féminin, le groupe Facebook Les ninjas de Valleyfield a une fois de plus démontré que la force du nombre permet de faire une différence dans le quotidien des autres.

Mme Guertin expose fièrement quelques cadeaux reçus par les membres du groupe Les ninjas de Valleyfield.

Martine Guertin réside en famille d’accueil pour adultes présentant une déficience intellectuelle. La dame y demeure en compagnie de 4 autres résidents. Dernièrement, elle a observé la famille avec qui elle habite, quitter la maison, les bras chargés de cadeaux. Mme Megan-Alexandra Simard, une des responsables de la famille d’accueil et membre du groupe Les Ninjas de Valleyfield, lui explique alors le concept du ninjatage, soit d’aller porter des cadeaux sur le seuil de porte des autres membres du groupe et de possiblement en recevoir en retour. Aussitôt, Mme Guertin manifeste son désir de participer au mouvement.

 

Mme Simard, partage alors sur le groupe Facebook l’initiative de sa résidente tout en demandant des adresses afin que cette dernière puisse aller porter le cadeau qu’elle a elle-même choisi et payé avec ses économies. Rapidement, la publication est inondée de commentaires. Contrairement au processus habituel, les membres n’inscrivent pas leur adresse, mais manifestent leur désir d’offrir des cadeaux à Mme Guertin.

 

« Je ne m’attendais vraiment pas à toutes ces réponses, précise Mme Simard. J’ai expliqué aux filles que d’autres résidents habitaient avec nous. Qu’il serait préférable que j’offre 5 cadeaux à leur nom afin qu’ils puissent tous recevoir un petit quelque chose. » Ainsi, des dizaines de filles ont insisté pour offrir des cadeaux aux résidents. Ne désirant pas profiter de la situation, Mme Simard a répondu à deux ou trois messages en privé.

 

Ainsi, les résidents de la ressource familiale ont reçu plusieurs cadeaux. Mme Roger et Mme Pharand, deux amies, ont magasiné spécialement pour l’occasion. Elles ont déposé sur le seuil de la porte des sacs cadeaux, contenant des vêtements, des accessoires de loisir et des friandises pour chacun d’entre eux. Dominique Pépin, propriétaire de Créations Kinimod & cie, a pour sa part offert 5 tasses personnalisées. De plus, chaque résident a reçu une boîte de chocolat ainsi qu’une livraison postale contentant une boîte remplie de friandises. Une autre femme a apporté une boîte de pâte de pizza afin qu’ils puissent partager un repas spécial.

 

« J’ai été vraiment surprise de voir tous ces cadeaux, souligne Mme Guertin. Je ne pensais pas, que donner au suivant ferait que les gens donneraient aussi généreusement que ça et à tout le monde! Nous sommes 5, ça dut coûter beaucoup de bidous. C’était vraiment spécial de recevoir tous ces cadeaux. »

 

Comment allez-vous Martine?

Comme l’ensemble de la population, les résidents des ressources familiales subissent les contrecoups de la pandémie. Mme Guertin explique qu’elle travaillait depuis près de 8 ans dans une garderie, à raison de 3 jours semaines. Chargée de désinfecter les jouets, elle souligne que du jour au lendemain, elle a été privée de son environnement de travail et que cela lui manque énormément. « Ici, c’est mon milieu familial et le CPE c’est mon réseau social. Les filles avec qui je travaille me manquent. J’ai hâte de retourner travailler. » La femme mentionne qu’elle ignore comment son retour au travail se déroulera. Elle songe souvent aux mesures qui seront mises en place. Elle souligne qu’elle s’adapte bien à toutes les situations, mais qu’elle se pose beaucoup de questions puisqu’elle n’a aucune information concernant son retour au travail.

 

Depuis peu, le Club la joie de vivre, est de nouveau accessible pour certains membres. Mme Guertin mentionne qu’elle attendait impatiemment cette réouverture. Précisons que l’objectif du Club est d’offrir aux adultes vivant avec une déficience intellectuelle et/ou un trouble du spectre de l’autisme un lieu chaleureux permettant de socialiser et de développer diverses habiletés.

 

Mme Guertin souligne qu’elle va bien. « Je m’occupe, je prends des marches. J’ai perdu 9 livres. » Elle souligne que cela est plus difficile pour certains résidents qui eux ne comprennent pas la situation. « Il y en a une qui ne sait pas ce qui se passe, mais moi je la connais et je vois dans son comportement qu’elle a hâte de pouvoir retourner à La joie de vivre. Elle est agitée et à force de vivre avec elle, je la connais. »

Mélanie Calvé

Mélanie Calvé

Journaliste

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