Des usagers du service adapté laissés à eux-mêmes | VIVA MÉDIA Skip to main content

Quotidiennement, une centaine d’usagers aux besoins particuliers utilisent le service adapté de la Société de transport de Salaberry-de-Valleyfield, pour se rendre à des organismes ou encore à des plateaux de travail. La gestionnaire d’une Ressource de type familiale (RTF) sonne l’alarme : la sécurité et l’intégrité des usagers sont en péril.

 (Photothèque)

Mme Julien (nom fictif) est gestionnaire d’une ressource de type famille. Plusieurs adultes vivant avec une déficience intellectuelle demeurent avec sa famille. Parmi ces derniers, trois adultes exigent un accompagnement constant. Les résidents de Mme Julien participent à des activités, notamment celles proposées par des organismes de la région. Aussi, une résidente participe à des plateaux de travail. Ainsi, plusieurs jours par semaine, les usagers sont conduits à différents endroits via le service de transport adapté offert par la STSV. Or, depuis plus de trois mois, la gestion des transports est mal gérée, selon Mme Julien. Les usagers sont confrontés, chaque jour, à des retards allant de trente minutes à plus d’une heure. Soulignons que la STSV exige que les usagers attendent à l’extérieur quinze minutes avant l’heure prévue d’embarquement. En additionnant cette attente avec les retards, il n’est pas rare que les usagers attendent plus d’une heure.

 

La responsable de la RTF explique que la situation est telle que des employés de deux organismes ont pris l’initiative de reconduire des usagers à leur domicile, après avoir attendu plus d’une heure le transport, après la fermeture de l’organisme. Aussi, Mme Julie explique que certains usagers n’ont pas la capacité de prendre de s’ajuster en cas d’erreur. « Certains sont débarqués au bon endroit, mais devant la mauvaise porte. Bernard (nom fictif), par exemple, n’a pas le réflexe de chercher la bonne porte. Il reste là où on le débarque. Une de mon usagère est sur un plateau de travail. Un matin, la patronne m’a contacté pour me demander si elle rentrait travailler. Surprise, j’ai répondu qu’elle était partie depuis longtemps. Elle était dans la voiture du mauvais conducteur. Il a été la chercher, sans savoir où l’apporter. Elle se promenait simplement avec lui, depuis son départ de la maison. Je suis très inquiète pour la santé et l’intégrité des utilisateurs de ce service. Je peux le voir chez mes usagers, c’est anxiogène pour eux. C’est long attendre une heure devant une maison, ils tournent en rond, s’inquiètent, croient que le transport ne viendra jamais. Aussi, la situation inverse est arrivée ; le transport arrive une heure d’avance et les débarque à destination avant l’ouverture des organismes. Ce n’est pas prudent ».

Mme Julien insiste ; elle a tenté à plusieurs reprises de contacter la responsable du service adapté, mais les employés refusent de lui transférer les appels et ses courriels demeurent sans réponse. « Si ça continue comme ça, j’ai peur qu’un jour, un usager soit laissé à lui-même trop longtemps et un accident arrivera », s’inquiète la dame.

Rejointe par VIVA MEDIA, Mme Hélène Ouellet, directrice générale de la STSV mentionne que la STSV dessert en moyenne 300 personnes par jour et effectue environ 170 courses. « Nous disposons actuellement d’une flotte de 20 véhicules qui effectuent le transport « taxibus » et le transport adapté. En transport « taxibus », seulement pour la période de juillet, nous affichons une augmentation de 26% comparativement à 2019 et de 48% par rapport à la même période l’année précédente. En transport adapté, le nombre de déplacements demeure sensiblement le même.

 

Depuis deux ans, le délai pour desservir les usagers s’est, dans l’ensemble, grandement amélioré. Cependant la forte hausse des demandes en transport « taxibus » et la pénurie des chauffeurs ont entraîné des temps d’attente inhabituels ces derniers temps. La sécurité des usagers est une priorité que nous ne pouvons négliger comme transporteur! Notre objectif est toujours d’offrir un service avec un délai maximum de 15 minutes de temps d’attente et nos efforts vont dans ce sens ».

Mélanie Calvé

Journaliste

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