La publication de la mise en garde d’un ex-Témoin de Jéhovah, Daniel Malboeuf, a fait réagir. Pour Manon Boyer, tante d’Éloïse Dupuis, décédée tragiquement à la suite de difficulté après son accouchement, il est inévitable que la population sache la vérité sur ce qu’elle qualifie comme étant une secte.

Manon Boyer multiplie les gestes afin de mettre de la pression sur le gouvernement. (Photothèque)

Mme Boyer explique que sa défunte nièce est décédée à la suite d’une hémorragie quelques jours après avoir donné naissance à son premier enfant.
« Ma nièce aurait eu besoin de transfusion sanguine, dit-elle. Malheureusement, elle n’a pas été en mesure de prendre une décision éclairée. Le Comité de liaison hospitalier des Témoins de Jéhovah s’est présenté à l’hôpital pour mettre de la pression sur elle. Des Témoins de Jéhovah se sont même assurés que sa chambre ne soit pas accessible pour les visiteurs. Il faut que les choses changent. »

Manon Boyer multiplie les gestes afin de mettre de la pression sur le gouvernement. « La mentalité des Témoins de Jéhovah va à l’encontre du bon sens. J’ai appris que les parents d’une fillette de 2 ans avaient préféré confier leur enfant à la Direction de la protection de la jeunesse plutôt que d’en prendre soin, car la fillette avait reçu une transfusion sanguine. À 2 ans, les médecins peuvent poser des actes médicaux sans l’autorisation des parents si c’est pour sauver la vie de l’enfant. Dans ce cas, c’était nécessaire. Depuis que je fais ma campagne afin de sensibiliser la population, j’ai reçu des menaces et des membres des Témoins de Jéhovah ont tenté de m’intimider en me disant qu’ils allaient me poursuivre. Ils peuvent bien faire ce qu’ils veulent, moi je vais continuer à passer mon message pour faire bouger les choses. Lors du décès de ma nièce, François Legault disait que c’était épouvantable ce qui venait de se produire. Maintenant qu’il est premier ministre, je crois qu’il est temps qu’il fasse bouger les choses. »

Éloise Dupuis est décédée en 2016 à la suite d’une complication médicale. Des transfusions sanguines auraient possiblement pu lui sauver la vie. (Photothèque)

Mme Boyer cite un exemple particulier. « En octobre 2016, le député Simon Jolin-Barrette, alors critique en matière de justice à la Coalition avenir Québec a suggéré que les cas de refus de traitements médicaux pour des motifs religieux soient évalués par un juge afin d’assurer la notion de consentement libre et éclairé. Il disait alors que le système judiciaire est capable d’absorber ce genre de dossier et que ma nièce avait été hospitalisée pendant six jours avant son décès. Qu’un juge aurait eu le temps de se penche sur le dossier. Aujourd’hui il semble avoir laissé tomber le dossier. »

Transfusion sanguine

Il faut remonter en 1945 pour voir les premiers Témoins de Jéhovah refuser les transfusions sanguines. De 1945 à 1961, celles-ci étaient acceptées, mais non encouragées. Depuis 1961, elles sont punissables d’exclusion. « Ma nièce ne voulait pas mourir, indique Mme Boyer. Elle a agonisé pendant près d’une semaine. Ce n’était donc pas une décision libre et éclairée. Elle est finalement décédée le 12 octobre 2016. J’ai fait de son décès mon combat quotidien. J’ai passé plus de 18 000 h sur mon dossier. Lors du décès d’Éloise, les membres du personnel médical en place pleuraient. Eux, ils sont là pour sauver des vies, pas pour regarder les gens mourir. »

Manon Boyer a mis sur pied une page Facebook intitulée En mémoire de Eloise Dupuis

Steve Sauvé

Steve Sauvé

Journaliste

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