Éditorial – Faire passer les autres en premier

Le 5 mai marquera pour moi l’anniversaire d’un moment important qui a changé la personne que je suis, et qui a marqué les équipiers de mon entreprise, VIVA MÉDIA.

En effet, le 5 mai 2017, je prenais la décision de faire passer la business au second plan, de cesser mes opérations temporairement, et de nous rendre moi et toute l’équipe sur le terrain pour aider les sinistrés de Rigaud et de l’Île-Cadieux dès le lendemain.

Ma gang viendrait au travail, mais pour des tâches bien différentes de celles qu’ils font habituellement : faire des sacs de sable et des digues. Une décision dont je suis fière.

En arrivant sur place avec l’équipe, j’ai bien réalisé que les besoins étaient
au-delà des quelques heures que je croyais donner avec ma gang. C’est alors que j’ai pris la décision de donner tout le temps que j’avais aussi personnellement. Les quelques heures se sont alors transformées en 3 jours complets, où mes équipiers ont prêté main-forte aux citoyens de la région, et plus de 10 jours pour moi à m’impliquer tant sur le terrain qu’au centre des sinistrés à Rigaud. 10 jours qui m’habiteront pour toujours.

Urgence et solidarité

Chaque heure devenait critique. Les Villes et leurs équipes travaillaient fort, mais il devenait clair que malgré leur expertise et tous leurs efforts, elles avaient besoin de bras et de renforts.

C’est alors que le plus naturellement du monde, j’ai décidé d’entrer en contact avec les maires des villes affectées par les inondations, pour savoir COMMENT ET EN QUOI je (VIVA MÉDIA) pouvais les aider?

Je ne compte plus les nombreuses conversations avec M. Patrick Bousez, maire de Rivière-Beaudette et responsable du comité de sécurité de la MRC de Vaudreuil-Soulanges. Conversations qui avaient lieu chaque soir, souvent après
23 h, afin de faire le point sur les besoins en bénévoles et autres des villes.

Je me rappelle aussi les appels et les textos avec les maires et les équipes de Vaudreuil-Dorion, Rigaud, Pincourt, Vaudreuil-sur-le-Lac, Terrasse-Vaudreuil, Ile-Cadieux, Ile-Perrot, Hudson. Ce que je ressentais, c’est qu’il n’y avait plus de frontières entre les villes, que nous étions tous là pour nous entraider.

Au fur et à mesure que les heures et les jours avançaient, il devenait évident que VIVA, par son rôle rassembleur dans la région et par sa portée, pouvait aller plus loin, pouvait en faire plus. Comme nous étions sur le terrain et informions en temps réel les citoyens sur les événements et que les demandes venaient de partout, car les gens nous écrivaient directement qu’ils voulaient aider, l’équipe a pris l’initiative de bâtir et coordonner une liste de bénévoles en fonction des demandes des
différentes municipalités.

Des bénévoles venaient de partout. Nous avions même bâti une liste de bénévoles d’urgence prêts à se déployer 24 h sur
24 h, à quelques minutes d’avis. Un élan de solidarité qui, encore aujourd’hui, me donne des frissons.

Retourner dans sa routine

Un soir, en terminant ma journée au centre des sinistrés de Rigaud, après 10 jours en dehors de mon entreprise à aider ma région sur le terrain de 12 h à 14 h par jour, on m’apprend que ma tâche est terminée, et qu’on n’aurait plus besoin de moi. Même si je comprends que c’est une bonne nouvelle, j’ai ressenti un certain deuil. Pourquoi? Parce que je me suis attaché aux gens que j’ai accueillis, côtoyés et aidés. J’ai vécu des moments que j’espère ne jamais revivre, mais qui ont fait de moi une meilleure personne. J’ai fait la rencontre de gens d’exception et je sais qu’ils se reconnaitront.

Et si un jour ma région a encore besoin de moi, c’est sans hésiter que je prendrais la même décision que celle du 5 mai 2017.

Marie-Andrée Prévost

À propos de l'auteur

Stéphanie Lacroix

Directrice de l'information

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