Une fleur, un poème, une femme, une mémoire… vous connaissez le coquelicot?

Coquelicot

Chaque année, nous retrouvons aux portes des supermarchés et des magasins les plus fréquentés des tables, en guise de kiosques improvisés, avec ces personnes qui vendent des petits coquelicots rouges pour un jour du Souvenir : le 11 novembre. Ce jour, communément appelé le jour du Souvenir est aussi connu sous le nom de jour de l’Armistice, c’est-à-dire l’entente formelle qui mettait fin à la Première Guerre mondiale (1914-1918).

Cette année, c’est donc le 100e anniversaire de cette date si importante. Nous pouvons être d’accord ou pas avec la guerre, vouloir faire abstraction de tout ce que celle-ci symbolise, mais comment oublier tout ces hommes, ces femmes et enfants qui ont perdu la vie, ou au champ de bataille, ou comme victime de ces abominations humaines? Pour la Première Guerre mondiale, nous parlons d’environ 9,5 millions de morts. Comment oublier le fait que, si nous jouissons de notre vie et de notre liberté, c’est aussi grâce à ces personnes qui ont donné leur propre vie pour notre sécurité et notre sauvegarde?

Au Canada, nous sommes certainement moins touchés par cette réalité de la guerre, et nombreux d’entres-nous sont quelque peu indifférents vis-à-vis de nos militaires, mais n’oublions pas que leur service pourrait devenir nécessaire si nous nous retrouvions en péril au niveau international.

Et alors, ce 11 novembre, nous faisons mémoire! Oui, c’est exact, nous faisons mémoire de ces nombreux soldats décédés au front pour défendre avec fierté leur patrie. Et nombreux sont ceux qui, pour faire mémoire, portent fièrement le coquelicot.

Mais d’où vient ce fameux coquelicot? Tout commence à la fin de la Première Guerre mondiale lorsque le lieutenant-colonel John McCrae, médecin militaire canadien, qui se retrouvait dans la région des Flandres (région gallicane historique qui se situe en partie en France et en partie en Belgique) fut inspiré par les coquelicots qui poussèrent de façon inhabituelle à cause de la chaux qui recouvrait les terres suite aux bombardements et écrivit une poésie. Ces fleurs qui poussaient soudainement devenaient, dans le cœur du poète, un hommage à toutes ces personnes mortes sur les champs de bataille.

Cette poésie se répandit pour finalement tomber entre les mains de Mme Moina Michael, membre du personnel du American Overseas YMCA, qui à son tour écrivit sa propre poésie et fit pression auprès de l’American Legion afin qu’ils reconnaissent le coquelicot comme symbole officiel du souvenir.

C’est en France, par la suite, que Mme Guérin prit connaissance de cette poésie et, émue tout autant que Mme Michael, commença elle aussi à se faire défenderesse du coquelicot comme symbole du souvenir. Elle fut d’ailleurs l’instigatrice de sa fabrication en tissu et de sa distribution d’abord dans sa propre fondation et ensuite, auprès des ancêtres de la Légion royale canadienne lors de son passage au Canada.

Et maintenant que nous pensons à ces personnes décédées, à ces femmes qui dans le deuil de leurs êtres chers voulurent faire mémoire et ne pas oublier leurs proches, comment ne pas mieux comprendre le sens profond de cette petite fleur rouge? Le désir de ces femmes de faire mémoire n’est-il pas aussi valable et digne que nos mouvements contemporains aussi instigués par des femmes : Black lives Matter, #Me too? À la base, ils ont au moins tous un même cri : la vie, peu importe laquelle, est sacrée!

Cette année, je vais en porter un! Je vais arrêter mes excuses de ne pas avoir de monnaie en passant devant ces hommes et ces femmes qui vendent ces fleurs chaque année avec très peu de succès. Au lieu de mon sourire coupable habituel qui semble vouloir dire : « Ah ben, c’est plate, je n’ai pas de change. Je suis vraiment désolé », je vais m’arrêter. Je vais les remercier. Je vais porter mon coquelicot et je vais faire mémoire.

Et vous? Vous en pensez quoi?

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