Passer ses hivers en Floride… une thérapie

Photo Steve Sauvé

André est officiellement un snowbird! Oui, il fait partie de ceux et celles qui chaque année migrent vers les États-Unis en quête du soleil et de ses bienfaits.

Snowbrids, c’est ainsi que les Floridiens appellent ces nombreux Québécois et autres qui comme les oiseaux migrateurs se déplacent au gré du soleil et de la chaleur. D’après les dernières statistiques du site VisitFlorida, il serait question d’environ 3,8 millions de Canadiens qui chaque année visitent l’État américain. Parmi ces derniers, nombreux sont les Québécois qui chaque année s’installent pour environ 4-6 mois.

André (seul son prénom est donné pour respecter sa vie privée), fait partie de ses choyés qui s’évadent du dur hiver québécois pour aller profiter du sable, de l’eau salée et du soleil… un rêve qu’il a construit avec les années… une réalité pour laquelle il s’est sacrifié et de laquelle aujourd’hui il se dit heureux de pouvoir en profiter.

Ayant étudié comme comptable, tout en travaillant pour une première banque, il développe ses connaissances en gestion et se familiarise avec les chiffres. Une opportunité s’offre alors à lui, travailler pour une compagnie d’assurances. Une opportunité qui lui ouvre des portes et lui permet d’aller étudier en Marketing. C’est d’ailleurs à l’emploi de cette compagnie qu’il découvrira la Floride. Heureux élu parmi les employés qui se sont distingués par leur travail, il participera, pendant deux années consécutives, à des conventions d’affaires. De Miami en 1969 à Hallandale en 1970, son cœur se laisse conquérir par le sol américain.

Le début de nombreux voyages

Ainsi, au fil des ans, il accumulera les voyages auprès de sa bien-aimée Floride. Des motels, aux maisons roulantes… des appartements loués, aux condos achetés… André peut maintenant se compter officiellement parmi les Québéco-Floridiens. À la suite de ses premiers voyages, tous ses emplois auront eu comme but de lui permettre de réaliser peu à peu son rêve. Directeur de caisse chez Desjardins, contrôleur financier, investisseur en immobilier, n’étaient pour lui que des tremplins vers son idéal ensoleillé.

« Au début, je voulais rallonger mon été. Je partais donc deux semaines dans le temps de Pâques. Ensuite, avec le temps, j’ai commencé à y aller deux semaines en novembre. Nous partions avec les enfants. C’était fou! Ma femme avait les bébés et organisait des pots de Cheez Whiz avec des débarbouillettes humides pour nettoyer les enfants, pour changer les couches, etc. Les lingettes humides n’existaient pas! dit-il en riant. Nous chargions la voiture avec les lunchs et partions sur la route à toute vitesse. À l’époque il fallait emprunter la route 17 et la 301, donc c’était plus de 3200 km pour se rendre au lieu des 2700 km d’aujourd’hui. Nous roulions à 180 km/heure, c’était effrayant! Nous faisions ça en deux jours », dit André avec un cocktail de gêne, de fierté et de nostalgie.

Des temps de famille

Pour cette jeune famille, être en Floride, c’était le plaisir d’être avec les enfants et d’aller jouer à la plage. Bien souvent, ils invitaient des amis ainsi que les parents et beaux-parents. Une aventure pour l’époque!

Ainsi d’année en année, le rêve se construit. De deux semaines, ils vont ensuite s’y rendre pour quatre semaines. Une fois les enfants au Collège, ce sera par la suite trois fois cinq semaines. La retraite bien méritée, c’est depuis quatre à six mois par année.

« Malgré les années et l’habitude, c’est toujours la même passion pour le soleil et l’eau salée. Je n’ai jamais assez de soleil! Bien que maintenant veuf, je continue d’aller en Floride avec le même enthousiasme. En fait, l’eau salée est un remède. C’est bon pour la peau, pour le psoriasis, pour les sinus… moi, je crois que la Floride c’est une thérapie. Quand je reviens au Québec pour les fêtes, je suis heureux de voir mes enfants et petits enfants ainsi que mes amis, mais je trouve ça difficile », continue le septuagénaire.

Une douce réalité

C’est donc une réalité que beaucoup pourraient envier à André, mais c’est une réalité qu’il a bâtie à coup de sacrifices et de renoncements. Renoncer aux repas aux restaurants, aux cafés dispendieux, aux morceaux de linge derniers cris, aux luxes de la vie était pour lui un mal nécessaire afin de concrétiser son objectif.

Et maintenant, du haut de ses années d’expérience, les cheveux gris qui cohabitent avec les cheveux blancs, les yeux bleus qui ont la même espièglerie, mais qui cèdent le pas aux douleurs de l’arthrite, le sourire à moitié fier et à moitié mélancolique, il conclut en fixant du regard : « L’hiver, je pense même vouloir mourir en Floride parce que je suis si bien là-bas. Je peux dire la même chose lorsque je suis ici l’été. C’est le summum. C’est l’été douze mois par année. »

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