Rien ne va plus entre les compagnies de taxi de Rigaud

Marco Rochefort refuse de baisser les bras. Il dénonce la situation. Toutefois, le vendeur du permis tient un discourt différent. (Photo: Steve Sauvé)

Le 22 mars 2018 est une date qui restera marquée dans la mémoire de Marco Rochefort. Le chauffeur de taxi a alors été battu et volé. Selon lui, son agresseur, un autre chauffeur pour la même compagnie que lui, n’a fait qu’obtempérer à une demande.

Camionneur de métier, Marco Rochefort a acheté un permis de taxi le 5 janvier 2018. L’entente de la vente prévoyait qu’il était en fonction la nuit. Confiant qu’il s’agissait d’un bon investissement, M. Rochefort a déboursé 50 000 $ pour acquérir le permis nécessaire auprès de l’entreprise Taxi Rigaud 3000. Selon ses dires, il était bien loin de se douter qu’un véritable cauchemar était pour prendre forme.

« Au début, tout était pour le mieux. Mais, je me suis rendu compte que l’homme qui m’a vendu le permis sortait la nuit pour répondre à des appels, dit M. Rochefort. Il faut comprendre qu’il avait gardé la centrale d’appels puisqu’il était en activité de jour et de soir. »

Il se fait battre

Marco Rochefort affirme qu’il a eu des discussions avec le vendeur à quelques reprises, mais que la situation ne s’est pas réglée. « Il me disait que si ça ne fonctionnait pas bien, qu’il allait me racheter mon permis. Ça été de pire en pire jusqu’au 22 mars 2018 alors que j’ai été battu par un autre chauffeur pendant plus de 20 minutes. »

Lorsqu’il parle de son agression, Marco Rochefort fait allusion à un événement survenu sur le chemin du Sentier à Rigaud. « L’appel était pour une dame qui avait barré ses portes et que les clés étaient à l’intérieur du véhicule, détaille M. Rochefort. Lorsque je suis arrivé sur place, c’était un autre chauffeur de taxi, Maxime Chartier, qui m’attendait. Il m’a menacé, volé et battu. Il a été arrêté la soirée même. Il était en train de répondre à des appels comme si de rien n’était lorsque les policiers l’ont appréhendé. Il avait encore mon argent en sa possession. Il a été accusé et il a plaidé coupable au début du mois d’octobre au palais de justice de Valleyfield à une accusation de voie de fait et une de vol. »

Le chauffeur de taxi Marco Rochefort a été battu, menacé et volé par un autre chauffeur le 22 mars 2018 à Rigaud. (Photo : Steve Sauvé)

À la suite de l’agression, Marco Rochefort confie qu’il a eu peur de reprendre le volant. Il a songé à cesser sa nouvelle profession et retourner derrière le volant d’un poids lourd, ce qu’il faisait comme travail auparavant. « J’avais peur lorsque je répondais à un appel. En plus, à ce moment, mon agresseur était en liberté sous conditions. Il a tenté de s’en prendre à moi à une autre reprise. Cependant, cela a été capté par une caméra de surveillance. »

Devant la situation, Marco Rochefort a opté pour démarrer sa propre entreprise de taxis. « En avril, j’ai utilisé mon permis pour ouvrir ma compagnie. Je suis seul. Je travaille continuellement. Je me suis découvert une passion. La seule chose que je demande c’est de pouvoir gagner ma vie honnêtement et en toute sécurité. Je gagnais très bien ma vie comme camionneur. D’ailleurs, plutôt que de me faire financer par le vendeur pour mon permis, j’ai fait un prêt personnel puisque ma situation financière me le permettait. Oui je garde une crainte, mais j’imagine que c’est normal. »

Une autre version

Invité à commenter la situation, Roger Gilbert, propriétaire de l’entreprise Taxi Rigaud 3000, qui est également l’homme qui a vendu le permis de taxi à M. Rochefort, tient un tout autre discours. Pour lui, Marco Rochefort tente de faire une campagne de salissage à son égard. « Quand je lui ai vendu un permis, il était censé s’occuper des appels de nuit. En trois mois, il a manqué à 19 reprises. Je n’avais plus le choix de mettre un autre chauffeur. Je ne pouvais pas faire attendre les clients inutilement. Même lorsqu’il travaillait, il ne répondait pas à tous les appels. Je ne savais pas où il se trouvait. Parfois, j’étais dans l’obligation de partir de chez moi avec une voiture pour aller répondre à un appel. »

M. Gilbert indique que lorsque l’agression de Marco Rochefort est survenue, qu’il était en vacances à Cuba. « C’est Maxime Chartier qui m’a appelé pour m’informer de ce qui était arrivé, dit-il. J’étais dans le sud. Je n’ai rien à voir là-dedans. Lorsque je suis revenu, j’ai mis fin à l’emploi de ce dernier. Cependant, il dit qu’il a été sauvagement battu, mais en fait, il a reçu deux coups de poing. C’est même lui qui a donné son argent à Maxime Chartier. »

M. Gilbert insiste pour dire que Marco Rochefort laissait planer le doute d’ouvrir sa compagnie de raccompagnements. « Je ne souhaite pas faire de tort à personne, fait savoir M. Gilbert. Cependant, il parlait souvent d’ouvrir sa compagnie. Une semaine avant mes vacances, il a enlevé les publicités qu’il y avait sur son taxi. Présentement, il ment. Il essaie uniquement de faire du trouble, car il sait que mon entreprise est à vendre. S’il la veut, il peut l’acheter. »

Roger Gilbert conclut en affirmant qu’il est la victime dans cette situation. « Il m’a menacé de mort par message texte. Ma conjointe a eu peur. À un point tel qu’elle ne voulait plus rester seule à la maison. Je lui ai vendu un permis pour relaxer, mais c’est le contraire qui est arrivé. J’ai déposé une plainte et nous passons à la Cour en février prochain. »

 

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