L’impact de la fermeture du bureau d’aide juridique à Vaudreuil-Dorion

L’automne dernier, le bureau d’aide juridique de Vaudreuil-Dorion a fermé ses portes, sans préavis. Quelques mois plus tard, l’absence de ce service essentiel sur le territoire se fait sentir.

Le bureau d’aide juridique, qui était situé sur la rue Chicoine, offrait un service gratuit aux personnes à faible revenu.

La majorité des dossiers qui y étaient pris en charge concernaient le droit familial, comme l’attribution de pensions alimentaires lors de séparation. Des dossiers civils et criminels y étaient également traités.

Le bureau de Vaudreuil-Dorion faisait partie du Centre communautaire juridique de la Rive-Sud. Cette entité a pris la décision de fermer le bureau de Vaudreuil-Dorion. La population de Vaudreuil-Soulanges est désormais desservie uniquement par le bureau de Salaberry-de-Valleyfield.

Lorsqu’elle a appris la fermeture de ce bureau, la députée de Vaudreuil Marie-Claude Nichols était consternée. « On nous a dit que la fermeture était justifiée par une question de coûts. Je trouve qu’il s’agit là d’un argument creux. C’est insensé de demander aux personnes en situation de précarité de faire 35 kilomètres de transport », explique d’emblée la députée, rappelant que plusieurs bénéficiaires de ce service ne possèdent pas de voiture.

Pour Marie-Claude Nichols, il s’agit d’une question d’égalité et d’accès à la justice. « Je suis avocate de formation et la question me touche particulièrement. L’accès à la justice est un droit fondamental. Le besoin est là », dit-elle.

La députée travaille donc à trouver une alternative à ce rapatriement des services à Salaberry-de-Valleyfield. Bien qu’elle doute de la possibilité d’une réouverture complète du bureau, elle aimerait que la population puisse compter sur un service ponctuel, dans la région. Déjà, son engagement dans le dossier a porté ses fruits : un numéro sans frais 1-800 a été mis en place.

La Ville de Vaudreuil-Dorion a récemment voté une résolution appuyant les démarches de la députée, pour le retour d’un service d’aide juridique sur le territoire.

Impact ressenti par les organismes

Plusieurs organismes de la région redirigeaient leurs bénéficiaires au bureau d’aide juridique, avant sa fermeture. C’est entre autres le cas du Centre de femmes La Moisson.

La coordonnatrice du centre, Marie-Iris Légaré, constate de manière directe l’impact de la fermeture du bureau de Vaudreuil-Dorion.

« La décision de rapatrier le service à Salaberry-de-Valleyfield est une décision administrative qui n’est pas du tout arrimée à notre réalité territoriale. Quand le bureau a fermé ses portes, notre équipe a été atterrée », dit-elle d’emblée.

En effet, pour des femmes en situation de précarité économique qui fréquentent le centre, ce service était essentiel. « Nous avons des situations délicates de séparation ou de garde partagée où les femmes comptent entièrement sur ce service », dit-elle.

« Déjà, pour certaines, c’était un défi de se rendre de L’Île-Perrot à Vaudreuil-Dorion avec le transport en commun. Se rendre à Salaberry-de-Valleyfield, ça n’a aucun sens. Et devoir solliciter son entourage pour le transport nuit à la confidentialité des démarches. Le coût d’un taxi n’est tout simplement pas envisageable pour certaines », souligne-t-elle.

Le Centre de femmes La Moisson a connu une hausse des demandes d’informations liées à l’aide juridique cette année, en comparaison à l’année précédente, ce qui confirme l’importance de ce service à proximité.

À propos de l'auteur

Stéphanie Lacroix

Directrice de l'information

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