L’Expo 67 à l’école

 

Le documentaire Expo 67 Mission Impossible était la première capsule informative d’une longue lignée qui se retrouvera sur Expo-67.ca.

Le documentaire Expo 67 Mission Impossible qui a été présenté en grande première au grand écran mardi dernier ne comporte pas qu’un volet commémoratif. L’un des cerveaux derrière le projet, Éric Ruel, y voit également un aspect culturel et éducatif.

Depuis 15 ans, le monde de la cinématographie amateur a entrepris le début d’une ère de sauvegarde et de partage de ce patrimoine. De bouche-à-oreille, des milliers et des milliers de bobines de fil ont été récupérées. Avec ces petites bandes qui renferment chacune une partie du passé, c’est une nouvelle histoire qui s’écrit pour les Québécois. « La grande noirceur n’était plus noire, la Révolution tranquille était archivée pour vrai  », a déclaré le cinéaste originaire de Pincourt.

L’Expo 67 représente l’un des événements du monde contemporain des plus importants. Avec plus de 50 millions de visiteurs et 62 pays participants, le visage de Montréal a changé du tout au tout. Différents systèmes politiques se rencontraient, il n’y avait plus seulement que le dollar canadien comme devise et les gens pouvaient goûter à des épices venant des quatre coins du globe, bref, le monde avec un grand «M » tournait autour de Montréal.

« On doit stopper l’hémorragie culturelle que notre époque vit », a tranché le documentariste. Selon lui, une génération complète oublie de passer le flambeau aux futurs contribuables québécois. Pour lui, Expo 67 Mission Impossible représente une petite contribution au mouvement qui ne tarde pas à arriver. « Mon équipe a recollé des petits fragments de l’histoire qui serviront à perpétuer le passé », est-il heureux d’annoncer.

Éric Ruel souhaite pouvoir toucher des centaines de milliers de jeunes avec le documentaire et le futur contenu qui se retrouvera sur le site d’Expo-67.ca. « Si on réalise un film, il faut amener un élément de pertinence au public, mais aussi aux écoles, a-t-il expliqué. C’est pourquoi on va déployer du contenu gratuit et accessible pour les enseignants. »  Il compte rendre ce portail comme point de référence pour les cours d’univers social et d’éducation à la citoyenneté.

Fracasser l’utopie

En 1967, pendant six mois, 62 pays se côtoyaient, comme si 62 ambassades étaient voisines. Pour Éric Ruel, malheureusement, le village de l’Exposition universelle était éphémère. Au bout de six mois, cette diversité culturelle n’allait plus être. Il souhaite briser cette vision utopique que Montréal a connue, son souhait est de ne plus devoir utiliser le mot multiculturel, car ça divise les gens.

« Un cœur, ça n’a pas de couleur. Le monde vit ensemble et a toujours vécu ensemble, désire-t-il faire réfléchir. On est tous liés par le sang, mais ce n’est pas dans les veines que ça se joue, mais bien dans la tête. »

Vivre ensemble, c’est ce que Expo 67 Mission Impossible évoque. Les plus jeunes doivent collaborer avec les plus vieux. Les Canadiens français doivent s’allier aux Canadiens anglais. Les Amériques doivent s’unir, la Terre en son ensemble ne doit former qu’un. « Les jeunes se font dire que c’est chacun pour soi, mais c’est tout le contraire », a-t-il conclu, découragé.

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