Le salon des métiers du programme FMS

Pour une première fois, le programme de formation à métier semi-spécialisé de l’école secondaire Soulanges tenait mercredi un salon des métiers. Les différents lieux de stages où ont travaillé les élèves y étaient présentés. Parfois accompagnés de leur mentor, les apprentis se chargeaient de faire découvrir leur monde aux plus jeunes.

« Les employeurs sont heureux de montrer la qualité de leur stage alors que les jeunes sont fières de montrer leur stage », a affirmé Sara Tremblay, la directrice adjointe de l’établissement. L’événement débutait et les visages affichaient déjà des sourires.

Une trentaine de kiosques étaient érigés, mécaniciens, vétérinaires, bouchers ou encore acériculteurs, les métiers étaient divers. « On est reconnaissants de faire connaître les embaucheurs de la région aux jeunes. Les employeurs répondent très bien à la demande, ça grandit d’année en année », a fait savoir l’une des pionnières du programme FMS, Dominique Perrault.

Une deuxième chance

« Si on ne donne pas la chance aux jeunes de se faire valoir, ils vont décrocher », a avancé le contremaître des travaux publics de Coteau-du-Lac, Ghislain Guibord, qui en est déjà à son neuvième stagiaire. Pour lui, il est crucial de montrer aux jeunes que même s’ils n’obtiennent pas un diplôme d’études collégiales, avec un secondaire 5 en poche, il y a des débouchés.

Chaque année, une trentaine d’élèves se creusent un chemin dans le marché du travail. Du nombre, environ trois passent entre les mailles du filet et décrochent du système scolaire. Avec un taux de qualification de 88% pour cette année, le résultat n’est pas parfait, mais les enseignants du programme FMS se réjouissent de pouvoir garder autant de jeunes sur les bancs d’école.

Pour le directeur de l’école, Éric Viens, le programme FMS est un atout pour les jeunes. « Ça permet aux jeunes qui sont découragés par l’école d’aller vivre des réussites à l’extérieur de l’école, mais tout en restant dans un contexte scolaire. »

Une fois les stages terminés, certains auront trouvé leur voie tandis que d’autres non, c’est pourquoi la conseillère en orientation les rencontre tous un par un pour faire le point sur leur situation. « On ne désire pas seulement que les jeunes fassent preuve de persévérance, on veut les pousser à poursuivre leurs études », a indiqué le directeur.

Ouvrir leur horizon

Les métiers à formation semi-spécialisée représentent rarement le premier choix de carrière des élèves. « Le programme FMS incite les jeunes à prendre conscience des autres métiers », se réjouit le vice-président de Meubles Belisle, Sylvain Belisle.

Ghislain Guibord abonde en ce sens : « Ça prend de la main-d’œuvre. Ce sont souvent des travailleurs qui restent dans l’ombre, mais on en a besoin, autant que les pompiers et les policiers ». Son stagiaire, Kevin, n’était pas certain de son choix de carrière, mais après plus de 200 heures passées à pratiquer son métier, il compte bien remettre son choix en question.

Passer 300 heures à pratiquer un métier est assez pour savoir si oui ou non on aime ça, mais il n’y a pas que le côté travail qui entre en ligne de compte. C’est unanime au sein du programme FMS, les jeunes tissent des liens privilégiés avec leur employeur. Parfois, c’est cette relation qui leur permet de rester accrochés au système scolaire.

« Les employeurs ont le cœur sur la main, a reconnu Sarah Tremblay. Alors que parfois nous on veut baisser les bras, eux ils tiennent à garder le jeune sous leurs ailes et les aider ».

Avec les employeurs qui restent en contact avec les enseignants pour suivre le développement de leur protégé, les élèves ont une double tutelle, donc un encadrement encore plus rigoureux et adapté à eux.

Un métier après le stage

Les stagiaires doivent travailler 300 heures pour compléter leur stage, soit le tiers d’une année scolaire. Sans aucun doute, les employeurs ne souhaitent pas avoir une écharde dans le pied pendant tout ce temps, c’est pourquoi les pendules sont mises à l’heure dès le départ. « On met la barre très haute, comme sur le vrai marché professionnel, a insisté Ghislain Guibord. S’ils font n’importe quoi, on les renvoie, aussi simple que ça. »

Que ce soit pour des emplois d’été ou encore à temps plein, les stagiaires qui aiment ce qu’ils font y trouvent régulièrement leur compte. « Beaucoup d’élèves sont embauchés pendant leur stage », a affirmé Dominique Perrault. Sylvain Belisle, accueille cette année son troisième stagiaire. « Jusqu’à maintenant, je suis deux en deux d’engagés et je pense bien que je vais être trois en trois », a-t-il lancé, ravi de pouvoir compter sur la jeunesse.

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