Dossier Assurance-Emploi : le coût réel de la maladie

Le 23 septembre 2015, le diagnostic est tombé pour la Coteaulacoise Ann Peterson : elle souffre d’un cancer du poumon. Dans les mois qui allaient suivre, elle allait devoir se battre contre la maladie, mais également contre une autre source de stress qu’elle n’avait pas envisagée.

À la toute fin de l’été 2015, Ann Peterson note qu’elle souffre de fatigue et d’essoufflement. De nature dynamique et énergique, elle se questionne sur ces symptômes inhabituels, sans toutefois penser au pire.

Après une visite à l’hôpital liée à un malaise d’ordre gastrique, les médecins lui font passer une batterie de tests. Une radiographie révèle une masse au niveau du poumon. Le 23 septembre, le diagnostic tombe; il s’agit d’un cancer.

Les premiers mois

Ann Peterson
Ann Peterson

Dès l’annonce de sa maladie, Ann cesse de travailler, elle qui occupe un emploi dans le transport scolaire à Vaudreuil-Dorion depuis plus de 20 ans. « Mon emploi demande de la vigilance d’esprit, car la sécurité des passagers repose entièrement sur moi. Psychologiquement, il faut encaisser la nouvelle, et j’ai cru bon d’arrêter le travail », explique-t-elle.

Rapidement, elle amorce une longue série d’examens, de tests de pathologie et de suivis médicaux. L’attente des résultats est longue. Elle apprend finalement en décembre qu’elle pourra être opérée. Le 4 janvier 2016, déjà trois mois après le diagnostic, elle subit l’ablation du lobe supérieur du poumon droit.

Après avoir récupéré de cette chirurgie, elle amorcera des traitements de chimiothérapie. « Je dois dire que la chimio me fait encore plus peur que la chirurgie, car c’est vraiment l’énergie qui en prendra un coup », admet-elle.

Maladie et finances

Dès son arrêt de travail le 23 septembre, Ann Peterson évalue sa situation financière. Sans assurance salaire contractée au privé, elle se tourne vers l’assurance-emploi du gouvernement fédéral. Elle est alors prise d’une grande désillusion.

« J’ai appris à ce moment-là que l’assurance emploi, en cas de cancer, n’offre que 15 semaines de prestations, à 56 % du salaire. Il me semble que cela n’a pas de sens », constate-t-elle. Et d’ajouter : « Par exemple, la même assurance prévoit 35 semaines de prestations pour des parents ayant un enfant malade. C’est bien. Mais pourquoi une personne qui doit elle-même assumer sa maladie n’a-t-elle droit qu’à 15 semaines, quand on sait qu’il faut au moins un an pour se remettre d’un cancer? »

La Coteaulacoise a évalué ses options, sachant qu’elles sont bien minces. « Je ne peux pas me tourner vers le bien-être social, car je suis propriétaire de ma maison. J’ai fait une demande à la Régie des rentes pour invalidité, mais je ne sais pas si je suis éligible puisque ma condition n’est pas permanente. Je tente le tout pour le tout », expose-t-elle.

Un message aux citoyens

En offrant son témoignage, Ann Peterson souhaite d’abord sensibiliser les citoyens à la réalité financière de la maladie. « On se pense tous à l’abri de la maladie, mais ce n’est pas le cas. Si c’était à refaire, je penserais à me couvrir dans le privé. Je sais que c’est cher, mais quand ça t’arrive, tu es protégé », dit-elle. Elle encourage tout particulièrement les jeunes à s’intéresser aux options d’assurances dans le privé, en raison des coûts avantageux qui leur sont réservés.

Elle souhaite également faire comprendre les coûts engendrés par la maladie. « Imaginez; il y a bien sûr la perte du revenu pour payer les factures courantes, mais également de nouvelles dépenses. Par exemple, les déplacements fréquents à l’hôpital à Montréal impliquent des dépenses liées à l’essence, au stationnement à 25 $ ou aux parcomètres. Ça s’accumule rapidement, chaque semaine. Nous avions un petit coussin financier, mais maintenant que je me retrouve sans revenus, le coussin va y passer », indique Ann.

Un message aux élus

En partageant son histoire, Ann Peterson souhaite également interpeller le gouvernement fédéral sur le dossier de l’assurance-emploi. À la manière de la Québécoise Marie-Hélène Dubé, qui se bat pour faire amender cette loi depuis 2009 pour augmenter le nombre de semaines de prestations à 52, elle souhaite que les victimes du cancer sans assurances privées soient mieux indemnisées.

« Comment se fait-il qu’on n’entende pas plus parler de ce dossier dans les médias, ou durant les campagnes électorales? C’est un sujet qui touche énormément de gens, pourtant », déplore-t-elle.

Depuis quelques semaines, elle a amorcé des démarches pour se faire entendre. « J’ai écrit directement au bureau de Justin Trudeau. Ils m’ont dit qu’ils prenaient en note mon commentaire. J’essaie maintenant de rejoindre les députés fédéraux de la région et des environs. Je n’ai pas eu de nouvelles, à part de la députée néodémocrate Salaberry-Suroît, Anne Quach. Elle m’a demandé la permission de citer mon nom à la Chambre des Communes pour parler du dossier de l’assurance-emploi en cas de maladie », dit-elle.

Ann Peterson encourage les citoyens de la région à se rendre au www.petitionassuranceemploi.com pour exiger une révision de la loi fédérale sur l’assurance-emploi. Elle encourage également les commerçants à mettre la pétition à la disposition de leur clientèle.

À propos de l'auteur

Stéphanie Lacroix

Directrice de l'information

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4 commentaires

  1. Loparis

    bonjour moi mes patrons mon mise en chaumage maladie le 31 aout 2015 15 semaines ..fin decambre plus d argents. la le coussin y reste rien quelque exsamins et la en attante pour un irm jé due vandre des bijoux .ce mati pour pour faire un dépo pour le irm jé recu 2 réponce et tout les deux on la mantion 2 ans d attentes voila jene sai plus quoi faire pour les payments je suis seul pour ce débat perssonne pour aider et la job dit que ce né pas une rechutte pourtant c sur mon travaille que je me suis blesser ok jé pas le cancer mais des doulleurs cronique dans le dos la anche de gauche et sa vas meme dans les parties et c permanent 24 sur 24 douleur aigue bas du dos coté droit constament je ne suis plus capable la pire des douleurs c de ne pas avoir l argent qui me revien si il a pas d entrer d arhent dici 60 jours je pourai plus payer mon loyer c simple jvait etre comme on dit dans la merde et proche de la dépression vraiment dificil.merci de partager

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  2. francois milot

    Mme Peterson j’aie subit l’ablation lobe supérieur droit en la fin mai 2015 et sans assurance de compagnie 15 semaine chomage retour au travail ,je travail quand je peux entre 12 a 16 hrs par jour conducteur de bus nolisée depuis 31 ans merci au docteur qui mon sauver la vie mais j’aimerais que la loi change et mettre plus de 15 semaines pour des cas de cancer et j’aie eu aide financière de ma femme qui gagne peu merci a ma femme.

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  3. ann

    LOPARISE je vous comprends la loi sur assurance emploi ne vise pas seulement les gens atteint de cancer je vous demande de signer la pétition je vais essayer de sensibiliser les commercants pour qu ils acceptent de mettre la pétition à la disposition de leur clientèles merci

    M.Milot je suis contente pour vous que vous êtes de retour au travail il y a personne de pareil dans la maladie bonne journée si possible pour vous signer la pétition

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