Des travaux urgents s’imposent à un pipeline vieux de 65 ans

À Saint-Lazare, la portion à changer traverse le ruisseau Paiement. Photothèque

Une portion d’un pipeline vieux de 65 ans pourrait causer des problèmes sérieux à l’environnement à Saint-Lazare, si des travaux urgents ne sont pas complétés.

Au moment d’écrire ces lignes, des travaux étaient d’ailleurs envisagés sur la  portion problématique qui se situe sur les territoires de Saint-Lazare et de Vaudreuil-Dorion. L’entreprise Pipeline Trans-Nord a aussi déjà remplacé une portion du pipeline situé du côté d’Oka.

À Saint-Lazare, la portion à changer traverse le ruisseau Paiement, lequel se jette dans la rivière des Outaouais.

L’entreprise Pipeline Trans-Nord est donc  forcée de remplacer complètement une portion de son pipeline, en raison de l’érosion de la conduite qui transporte principalement du kérosène, de l’essence et du diesel en direction de l’Ontario, à partir de l’Est de Montréal.

Pipeline Trans-Nord prévoit de remplacer complètement une portion de 500 mètres de ce tuyau qui transporte, sur une base hebdomadaire,  27,5 millions de litres de produits pétroliers, soit plus de 172 000 barils.

L’entreprise Pipeline Trans-Nord a indiqué que le remplacement est rendu nécessaire afin de préserver l’intégrité du pipeline car l’épaisseur de son recouvrement a diminué au fil des années en raison de l’érosion. Toujours selon l’entreprise, le pipeline est exposé dans la portion qui traverse le ruisseau. Il n’est ainsi plus enfoui, comme il devrait l’être normalement. Ce tronçon sera toutefois enlevé pour réduire les futurs impacts sur le cours d’eau. Quant à la partie restante de la portion de 500 mètres, elle sera laissée définitivement en place, dans le sol.

Trans-Nord a fait ses devoirs

Mais la compagnie Pipeline Trans-Nord, dans ce dossier a fait ses devoirs et affirme qu’actuellement il n’y a aucun risque pour l’environnement.  Une demande pour effectuer des travaux a été acheminée au ministère de l’Environnement et à la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) pour aller de l’avant et apporter les correctifs nécessaires. La réponse se fait toujours attendre.

De son côté, la MRC de Vaudreuil-Soulanges, a dénoncé le manque de diligence de l’entreprise. « C’est le pipeline qui a la pire réputation de tout le pays. À Saint-Lazare, à cause de l’érosion, il est exposé et est à risque de se briser n’importe quand », fait remarquer  Simon Richard, responsable des relations avec le milieu, qui trouve que la réglementation est beaucoup trop laxiste envers les compagnies de gaz et de pétrole.

Il faut rappeler ici que ce pipeline est responsable à lui seul de 6 des 13 incidents liés aux pipelines au Québec répertoriés par l’Office nationale de l’énergie (ONE) et ce, depuis 2008. Il est notamment à l’origine d’un déversement de plus de 14 000 litres survenu près de la rivière des Prairies, en 2010.

Même si du côté fédéral, on considère ne pose pas de dangers significatifs, plusieurs groupes environnementaux ont néanmoins réclamé  la fermeture immédiate de ce pipeline, rappelant que des commissaires l’ONE elle-même avaient demandé la fermeture du pipeline lors du renouvellement de son permis d’exploitation, en septembre 2016.

Au moment d’écrire ces lignes, on ne savait pas encore quand les travaux à faire pourront être autorisés.

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