De Pointe-des-Cascades au Texas

C’est vêtu de son chapeau texan, habillé d’un style clairement mi-rock-and-roll et mi-blues que Matt Rock se présente. La voix rauque et fatiguée de sa performance de la veille, buvant son café et fière de son dernier passage au Texas, il se raconte.

Tout a commencé avec Elvis. Grandissant dans une famille de musiciens, c’est très tôt qu’il découvre son propre intérêt pour la musique, se passionnant pour nulle autre que le King. « J’écoutais juste du Elvis jusqu’à l’âge de 14 ans » dit-il en riant un peu sous le couvert de la gêne. Cette passion pour Elvis l’emmène rapidement à vouloir apprendre à jouer de la guitare de façon autodidacte. Se perfectionnant peu à peu, il chevauche et découvre différents styles pour finalement affirmer sa niche dans le Rockabilly. Du Elvis à Kiss comme du Willie Nelson à Bon Jovi, il démontre une grande versatilité.

Festiblues 2015

Matt Rock s’est mérité le titre de découverte de l’année du Festiblues en 2015. Il se perfectionne avec son trio, le Matt Rock Band composé de trois personnes, son bassiste Captain Drey, son percussionniste Martin Laporte ainsi que lui-même. C’est d’ailleurs avec ce même trio qu’il a obtenu le prix de band de l’année au Festival d’Argenteuil en Blues de 2017.

Ces nombreuses performances dans la région, ainsi que dans la métropole, accumulées au fil des années dans différents pub, bar ou resto-pub, l’ont certainement préparé à sa dernière tournée au Texas. Ce passage dans la capitale du rodéo n’était que d’une seule semaine, mais il s’agissait certainement d’un passage intensif. « Nous avons joué 5 soirs sur 7 pendant notre séjour là-bas. On a joué dans des pubs et des bars de Austin à San Antonio. C’était vraiment incroyable. Les gens sont intenses aux États-Unis et ils aiment la fête. » 

Un style unique

C’est donc ainsi pour le quotidien de Matt Rock, ce chanteur/guitariste qui vit de la musique depuis quelques années, un passage d’une performance à une autre. « Ce n’est pas évident, mais ont réussie à arriver quand même, dit-il. Au Québec, c’est certainement moins évident qu’aux États-Unis ».

Avec toutes les performances et les jams, les temps de pratiques ne sont plus nécessaires pour le Matt Rock Band. Ils se connaissent tellement que, maintenant, ils réussissent à apprendre les nouvelles chansons chacun de leur côté pour finalement les jouer ensemble sans hésitations.

Matt, armé de sa guitare aiguisée à la fine pointe qui fait ressortir son style unique et son fingerpicking, voudrait bien gagner le cœur des Québécois. « Les gens ne connaissent pas bien mon style, mais habituellement, quand ont jouent dans les bars, la foule lève et les gens trippent ben gros » dit-il avec fierté en se soulevant un peu la poitrine démontrant clairement une confiance en lui-même et en son band.

Il rêve de sortir son propre album

Jouant ainsi pour survivre au quotidien, il ne trouve pas encore les moyens pour sortir son propre album. En ce moment, ils se concentrent sur des reprises (covers) pour se faire connaitre davantage. Cependant, Matt Rock rêve de sortir son propre album. Il a déjà plusieurs compositions. « J’ai du stock pour remplir au moins 4 albums , dit-il. Mais, mon problème c’est que dès que je compose et que je trouve ça hot, peu après, je passe à autre chose et j’aime pu ça. »

Pour l’année prochaine ce sont déjà plus de 250 spectacles de programmés pour le Matt rock Band. Une vie difficile et exigeante, mais que le chanteur ne voudrait pas changer pour tout l’or du monde. La fatigue du quotidien s’oublie rapidement pour les membres de la formation qui trouvent leur consolation dans le fait d’aider les gens à passer une superbe soirée et à oublier leurs problèmes au moins pour un instant.

Les mythes versus la réalité.

Quant au fameux slogan « sex, drugs and rock and roll », c’est histoire du passé dit le chanteur avec sérieux et affirmation. « Aujourd’hui les propriétaires des bars et des pubs sont sérieux et ne veulent pas de problèmes. Ils veulent un vrai spectacle et non pas des gars souls qui ne sont pas capables de jouer. À la fin de notre show, nous prenons une bière, mais nous retournons vite nous coucher pour être en forme pour le show du lendemain. »

Les mythes et idées préconçues sur les artistes rocks sont tout aussi faux que l’idée du succès facile. Pour ces artistes qui travaillent fort, c’est être sur la route jour après jour, à la quête de l’occasion en or. Ce sont des sacrifices, des joies et des déceptions, des espoirs et des découragements, mais tout ça s’oublie vite lorsque la passion prend le dessus et que la guitare de Matt Rock rugit sur la scène. 

À propos de l'auteur

Vous aimerez également

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

PUBLICITÉ