À table, nobles Seigneurs !

Le pain constitue la base de l’alimentation du colon, dans cette « civilisation du blé ». En effet, il consomme entre une et deux livres de pain chaque jour; soit 60 à 85 % des aliments consommés en une journée.
Le pain constitue la base de l’alimentation du colon, dans cette « civilisation du blé ». En effet, il consomme entre une et deux livres de pain chaque jour; soit 60 à 85 % des aliments consommés en une journée.

Quoi de mieux pour revisiter la Nouvelle-France que de se mettre à table pour une soirée gastronomique festive, remplie de surprises? Demoiselles et damoiseaux, vous êtes conviés le troisième jour du mois de juin, au traditionnel Souper des Seigneurs.

Chaque année, le Souper des Seigneurs constitue un moment phare des Seigneuriales de Vaudreuil-Dorion. L’édition 2016 ne fera pas exception, car ce souper spectacle s’annonce des plus grandioses.

Les convives sont invités sous le chapiteau sur les terrains du Musée dès 17 h 30, pour amorcer la soirée au Salon des jeux du Marquis, pour y découvrir des jeux de table d’époque, tels que les cartes, les dés et la roulette. Un encan silencieux et un encan crié à l’ancienne figurent aussi à la programmation, en plus de nombreuses surprises.

Les billets pour cette soirée qui combine un repas 5 services et de l’animation historique unique sont offerts au coût de 95 $ (service de bar payant). Nouveauté cette année : les membres du Musée régional de Vaudreuil-Soulanges et les membres de la Caisse Desjardins bénéficient d’un rabais sur le prix du billet.

Le nombre de places étant limité, les personnes désirant vivre l’expérience doivent se procurer leurs billets dès maintenant auprès du Musée régional de Vaudreuil-Soulanges, au 450 455-2092. Il est à noter que vous avez la possibilité de réserver des tables de dix personnes.

La 24e édition des Seigneuriales de Vaudreuil-Dorion se tiendra du 2 au 5 juin. Pour découvrir l’ensemble de la programmation, visitez le www.seigneuriales.com.

Petite histoire de l’alimentation en Nouvelle-France

L’alimentation en Nouvelle-France reposait sur la culture, l’élevage, la chasse, la cueillette, la pêche et l’importation. Le menu variait grandement, à la table d’un cultivateur ou d’un noble de la ville.

Les premières vagues de colons au 16e siècle ont plus directement été influencées par l’alimentation amérindienne, dans leur volonté de s’adapter rapidement à leur nouveau milieu de vie. Ainsi, les pionniers ont intégré la courge, la citrouille, le maïs et les haricots, plantes typiquement amérindiennes, à leur menu. Toutefois, en quelque trois générations (75 ans), ils auront implanté les cultures céréalières, principalement le blé, et leurs cheptels français, et délaisseront massivement ces plantes indigènes pour miser sur les oignons et le chou. La réconciliation des colons avec le maïs ne se fera que beaucoup plus tard, à la fin du 18e siècle. Les légumes racines sont également vus comme des aliments de seconde classe voués aux animaux, quoique le navet et la betterave sont fréquemment consommés, car faciles à conserver.

Le pain constitue la base de l’alimentation du colon, dans cette « civilisation du blé ». En effet, il consomme entre une et deux livres de pain chaque jour; soit 60 à 85 % des aliments consommés en une journée.

Chez les colons cultivateurs, la viande ne figure pas souvent au menu. Toutefois, le poisson prenait une place tout particulièrement dans l’alimentation, car le calendrier de l’Ancien-Régime comptait pas moins de 150 jours maigres, où seule la consommation de poisson était permise : les vendredis, les samedis, l’avent et le carême. Les colons pratiquaient ainsi la pêche, été comme hiver.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le colon cultivateur chasse rarement les proies sauvages. Peu d’entre eux possèdent une arme à feu, et la traite des fourrures éloigne les bêtes des zones habitées. Toutefois, en mai, tous se réjouissent de l’arrivée des tourtes, facilement capturées au filet.

En termes d’élevage, on retrouve en tête de peloton le bœuf, suivi du porc et du mouton. Ce dernier est rarement élevé pour sa viande, mais plutôt pour sa laine. Devant la difficulté de cultiver le fourrage destiné à nourrir les animaux, les bêtes sont abattues très jeunes, rendant plutôt rare la production laitière et ses dérivés (beurre). De là l’importance du lard comme gras de cuisson.

Au dessert, les colons se contentent bien souvent de prunes, de pommes ou de petits fruits sauvages.

Le manque de variété dans l’alimentation et le haut risque de disette en Nouvelle-France causaient des carences alimentaires aux colons, mais les historiens s’entendent tout de même pour dire que la situation de la colonie est bien meilleure qu’en France, à l’époque.

Dans la noblesse en ville, la donne est tout à fait différente. Le menu quotidien est beaucoup plus varié, car plusieurs denrées sont importées d’Europe et des colonies du Sud. Ainsi, on retrouve sur les tables café, chocolat des Antilles françaises et épices variées. Le vin se retrouve chez les plus fortunés, et dans les auberges.

Source : Cuizine : revue des cultures culinaires au Canada, Vol. 3, no 1, 2011.

À propos de l'auteur

Stéphanie Lacroix

Directrice de l'information

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