Une abondance de moustiques à prévoir cet été

La Perrotdamoise Stéphanie Boucher, conservatrice du Musée d’entomologie Lyman de Sainte-Anne-de-Bellevue et fondatrice du programme scolaire Insectambulant, est une véritable passionnée des insectes. Non seulement est-elle experte en la matière, mais elle a également le souci de vulgariser cette science pour la rendre accessible à tous. Elle a donc accepté avec plaisir de répondre aux questions de VIVA média.

Selon la spécialiste, il va sans dire que les conditions particulières du printemps 2017 contribueront à un foisonnement de moustiques, communément appelés maringouins au Québec, cet été. « Effectivement, il faut s’attendre à une abondance exceptionnelle tout au long de l’été. On le remarque déjà depuis le début du mois de mai », dit-elle d’emblée.

Les maringouins pondent leurs œufs dans l’eau et les larves s’y développent. Cet hiver et ce printemps, les conditions gagnantes pour l’insecte ont été réunies : importantes chutes de neige en fin d’hiver, fonte rapide du couvert neigeux, pluies abondantes et crues historiques.

Plusieurs sites favorisent actuellement la prolifération des moustiques. Bien que les petits étangs et mares créés par la crue constituent des lieux de prédilection pour l’insecte, une simple petite flaque, voire même un sol gorgé d’eau suffisent pour le développement des larves. « C’est pourquoi il est conseillé de faire le tour de sa propriété et de vider toute accumulation d’eau dans les objets qui demeurent à l’extérieur », explique Stéphanie Boucher.

Les températures plus basses ont à ce jour épargné les citoyens de la province, selon la spécialiste. En effet, les larves se développent plus rapidement à la chaleur. Ainsi, selon elle, une séquence de quelques journées plus chaudes pourrait faire augmenter considérablement la présence des maringouins.

Quels impacts?

Bien que le nombre de maringouins sera exceptionnel cette année, l’entomologiste ne croit pas qu’il y aura des impacts notables sur la faune. « Ce sera simplement plus facile pour certains insectes ou certains animaux aquatiques de se nourrir cette année. Il faut aussi savoir que les moustiques piquent également certains animaux ! Alors la saison sera difficile pour eux aussi », croit-elle.

Toutefois, elle soulève une autre conséquence possible. « Un nombre élevé de maringouins augmente la possibilité de transmission de maladies dont ils sont parfois porteurs, comme le virus du Nil occidental. La transmission de cette maladie demeure rare, mais il reste important de se protéger contre cette éventualité », prévient-elle.

À ce titre, Stéphanie Boucher croit que les municipalités de la région auraient tout intérêt à utiliser le biopesticide nommé Bacillus thuringiensis israelensis (BTI) pour contrôler les populations de moustiques du territoire. « Ce larvicide naturel est créé à base d’une bactérie présente dans le sol. Il est très efficace contre les larves des moustiques, et absolument sécuritaire pour les autres insectes et animaux. Déjà quelques municipalités de la province l’utilisent », dit-elle.

Recommandations

Il existe plus de 55 espèces de moustiques au Québec, et malgré le fait que la majorité se nourrisse de sang d’animaux ou d’humains, certains ne se nourrissent que de nectar.

Parmi les moustiques anautogènes (qui se nourrissent de sang), seules les femelles piquent, dans le but de se nourrir pour permettre le développement des œufs. Elles peuvent piquer plusieurs fois dans leur vie, car contrairement à ce que l’on peut croire, elles ne meurent pas après la ponte.

Le dioxyde de carbone expiré durant la respiration s’avère la première chose qui attire les moustiques. Par la suite, ils sont attirés par la chaleur du corps et par les mouvements.

« Différentes espèces de moustiques se développent à différents moments durant l’été, alors on ne s’en sort jamais vraiment », expose l’entomologiste.

Elle conseille donc aux citoyens de multiplier les stratégies pour ne pas que les moustiques deviennent une nuisance qui coupe l’envie du plein air. « Le simple fait de couvrir son corps avec, par exemple, un chandail léger à manche longue peut être efficace. Les produits à base de Deet demeurent incontournables. D’autres personnes optent pour des huiles essentielles. Le mieux, c’est de combiner les stratégies pour augmenter nos chances de les éloigner! », conclut-elle.

 

 

À propos de l'auteur

Stéphanie Lacroix

Journaliste

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