Tout le monde a été entendu au BAPE qui se tenait aux Cèdres

Hydro-Québec veut contrer un problème d’érosion de la fondation de la digue de la centrale des Cèdres et rétablir l’imperméabilisation du remblai aval. Photothèque

Le 26 mars dernier, le Bureau d’audiences publiques en environnement (BAPE) siégeait au  aux Cèdres alors que la question de la réfection de la digue de la centrale des Cèdres était au cœur des discussions.

D’abord, il faut savoir qu’Hydro-Québec veut contrer un problème d’érosion de la fondation de la digue de la centrale des Cèdres et rétablir l’imperméabilisation du remblai aval. Pour y arriver, Hydro voudrait stabiliser en enrochement certaines sections du côté sud de la digue, mettre en place des filtres inverses, en plusieurs sections, toujours du même côté de la digue et procéder à des travaux d’imperméabilisation avec du matériau granulaire, de till, de pierre concassée et de perré, déversés dans l’eau sans batardeau sur le côté nord de la digue.

Mais l’une des choses que le promoteur du projet, en l’occurrence Hydro-Québec, tenait à spécifier d’entrée de jeu, c’est le fait que la digue ne représente aucun risque pour la sécurité publique. « Nous inspectons régulièrement l’ensemble de nos ouvrages afin d’en suivre la conformité aux normes en vigueur. La digue de la centrale des Cèdres est sécuritaire. Nous souhaitons procéder à des travaux afin d’assurer la pérennité de l’ouvrage pour les décennies à venir », tient à préciser Marie-France Barette, conseillère en relations avec le milieu  pour l’Estrie et la Montérégie

« La sécurité du public n’est aucunement menacée par l’état de la digue, insiste Josée Boudreault, directrice, Barrages et infrastructures. « Nous voulons procéder à des travaux préventifs, pour éviter de devoir intervenir de façon précipitée dans l’avenir.  Je rappelle que ces travaux visent à améliorer l’étanchéité et la stabilité de la digue, ainsi qu’à minimiser le risque d’érosion de sa fondation », poursuit-elle.

Scénario improbable

« Dans le cadre de la Loi sur la sécurité des barrages, Hydro-Québec, comme tous les autres propriétaires de barrages, se doit de réaliser une évaluation de sécurité à une fréquence établie.  Nous devons établir un scénario de bris de barrage et communiquer les conséquences aux autorités locales, explique François-Pierre Gaudreault, directeur production, Beauharnois-Gatineau. Ce scénario est hautement hypothétique et improbable. De plus, il n’est valable que sur une courte période de l’année », ajoute-t-il.

Inquiétudes

Plusieurs intervenants au cours de cette soirée, ont fait part de leurs inquiétudes en ce qui a trait aux conséquences de ces travaux, notamment en matière d’environnement. La Ville de Salaberry-de-Valleyfield s’interroge sur les bruits, les sons et autres nuisances sonores qu’entraîneront ces travaux. Le  ministère des Forêts, de la Faune et des parcs se préoccupe des conséquences sur la forêt dans le cadre ce projet de réfection. D’ailleurs, à ce sujet, Hydro prévoit que tous les arbres présents entre l’île aux Vaches et la centrale des Cèdres sont susceptibles d’être coupés (environ 300 au total).

Du côté de la MRC de Vaudreuil-Soulanges, on demande, entre autres, à Hydro‐Québec  d’être un acteur important de la mise en place de mesures favorisant l’utilisation du fleuve et des îles pour la récréation, le tourisme, l’interprétation du patrimoine et la conservation du milieu naturel.

Dans son mémoire, la MRC rappelle qu’elle a investi à ce jour des sommes importantes dans le développement du Parc régional du canal de Soulanges, lequel est devenu un agent significatif du développement économique de la région. Hydro‐Québec doit d’une part contribuer par un fonds de compensation et d’autre part éviter que le projet de réfection de la digue mette en péril son utilisation actuelle et future à des fins récréatives et touristiques.

En définitive, la MRC voudrait qu’Hydro-Québec tienne compte du milieu d’insertion du projet et du schéma d’aménagement : le Parc régional du canal de Soulanges. Elle voudrait également que l’on respecte le statut récréotouristique du milieu et ses composantes paysagères, patrimoniales, naturelles, sociales et économiques. Il convient aussi de naturaliser et végétaliser les tronçons de talus faisant l’objet de la réfection et aménager un corridor vert au sommet de la digue et améliorer la qualité de vie des communautés riveraines par une meilleure gestion du fleuve. La MRC demande à la société d’État de cesser sa gestion du 19e siècle du fleuve et de passer à une gestion moderne en 2018 et,  finalement mettre en place un fonds de compensation.

Environnement menacé?

Il faut savoir qu’Hydro-Québec  devrait mener des travaux d’excavation de la digue, de déboisement, aménager une aire de stockage, une aire pour l’entrepreneur, une aire de stationnement le long de la route 132 et mettre en place une plateforme de travail pour la circulation des camions du côté sud de la digue.

Selon Hydro, ces travaux entraîneront la destruction d’habitats par la mise en place de nouveaux substrats sur 29 275 m2 et la perturbation d’habitats sur 37 820 m2. Les perturbations associées aux travaux pourraient entraîner la perte de quelques spécimens végétaux à statut précaire notamment le lycope de Virginie sur le site d’imperméabilisation. Le promoteur mentionne qu’il y aurait une réduction de la superficie de l’aire de concentration d’oiseaux aquatiques, en aval du barrage de Saint-Timothée et de la centrale des Cèdres, de 895 m2.

Pour compenser la destruction d’habitat, le promoteur élaborera un plan de compensation en plus de prévoir des plantations d’arbres dans les municipalités de Les Cèdres et Salaberry-de-Valleyfield.

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