Terrain de l’hôpital : La CPTAQ exige l’étude d’autres sites

Québec confirmait récemment que le terrain choisi pour la construction du futur hôpital de Vaudreuil-Soulanges bénéficiera d’une autorisation d’usage pour des fins autres que l’agriculture. La nouvelle est toutefois loin de plaire aux représentants du milieu agricole.

Le ministre Gaétan Barrette, ainsi que les députées de Vaudreuil et de Soulanges Marie-Claude Nichols et Lucie Charlebois, annonçaient la semaine dernière que la démarche de dézonage avait été réalisée conformément à la Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles.

« Le site qui a été choisi est le seul à offrir l’espace nécessaire pour la construction de cet hôpital d’envergure. Nous voulions éviter le scénario vécu dans d’autres régions en forte croissance démographique qui se sont retrouvées avec des établissements enclavés », a laissé savoir Gaétan Barrette par voie de communiqué.

« L’autorisation vient consolider le choix du terrain, et ce, parallèlement au processus d’acquisition. Chaque étape menant à la construction de l’hôpital est essentielle et j’en suis heureuse pour les gens de Soulanges », a pour sa part exprimé la députée de Soulanges Lucie Charlebois.

Levée de boucliers de l’UPA

À la suite de cette annonce, l’Union des producteurs agricoles (UPA) Montérégie a publié un communiqué déplorant l’impact de cette décision sur le patrimoine agricole du Québec.

En effet, l’UPA déplore d’emblée le fait que la construction de l’hôpital sur le site choisi force la destruction de près de 25 hectares des plus belles terres agricoles du Québec.

Elle se désole du fait que le gouvernement a pris la décision d’aller de l’avant avec ce site malgré l’avis contraire émis en mai dernier par la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ). Elle s’appuie d’ailleurs sur ce rapport déposé au printemps pour demander une révision du choix du site.

Rapport de la CPTAQ

En mars 2018, le ministre Gaétan Barrette a demandé à la CPTAQ  de formuler un avis en lien avec le site choisi pour l’hôpital. Rappelons que ce site est situé en bordure de la route 340, à la jonction de la route Harwood, à Vaudreuil-Dorion.

La CPTAQ a fait ses devoirs, et a déposé un rapport étoffé le 25 mai dernier. Au final, elle rejette ce site et présente plusieurs arguments en ce sens.

Elle souligne entre autres que l’arrivée de l’hôpital dans ce secteur de la Ville contribuera à encourager le développement des zones environnantes, créant une pression d’urbanisation sur le milieu agricole.

« Le projet porte un message d’urbanisation de la zone agricole qui favorisera l’accaparement d’autres terres par des non-agriculteurs à des fins spéculatives. D’ailleurs, il est probable que les pressions d’urbanisation du territoire soient déjà en cours depuis l’annonce du projet. Permettre une activité non agricole sur le site visé irait à l’encontre des efforts déployés au fil des ans par la Commission pour assurer la pérennité de ce territoire agricole et pour favoriser la protection et le développement des activités et des entreprises agricoles qui s’y trouvent », peut-on lire.

Qu’en est-il des autres sites?

Le rapport de la CPTAQ nous ramène également quelques années en arrière, au moment où plusieurs sites étaient à l’étude.

La CPTAQ a mis la main sur un document de travail d’un comité interministériel datant de 2013 qui rejette le site actuel « car il présente certaines contraintes reliées à la santé publique et au contournement de la circulation lourde, mais, surtout, il impliquerait un retrait du territoire agricole que devra autoriser la CPTAQ, et va à l’encontre du PMAD de la CMM et des orientations gouvernementales en matière d’aménagement du territoire ».

Pourtant, on apprend également dans le rapport de la CPTAQ que le Ministère de la Santé et des Services sociaux a entrepris les démarches pour réserver le site visé avant même la fin des travaux du comité de travail interministériel qui le rejetait.

De plus, en 2013, la superficie projetée du projet était de 25 hectares, car « il visait aussi l’implantation d’un CLSC, de bureaux administratifs et d’un CHSLD. Depuis, de nombreux services dans le domaine de la santé, localisés à différents endroits dans la ville de Vaudreuil-Dorion, se sont regroupés sur le boulevard de la Gare incluant le CLSC, un Centre de services ambulatoires, des bureaux administratifs ainsi que des cliniques médicales spécialisées. Malgré ces modifications, la superficie requise demeure la même, justifiée davantage par des contraintes propres au site visé que par les besoins intrinsèques du projet ».

Le rapport démontre aussi, preuve à l’appui, que la récente annonce de l’augmentation du nombre de lit ne nécessite pas d’accroître la superficie d’implantation.

Conclusion de la CPTAQ

En conclusion, la CPTAQ indique que « le projet contrevient totalement aux objectifs de la Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles ainsi qu’aux orientations gouvernementales et au PMAD. De l’avis de la Commission, avant d’envisager l’implantation d’un équipement de cette envergure à cet endroit, le gouvernement doit minutieusement évaluer toutes les options disponibles hors de la zone agricole. En raison du développement actuel de Vaudreuil-Dorion, il serait pertinent d’imposer rapidement une réserve foncière sur les autres sites à évaluer. »

« Personne ne remet en question la pertinence de construire un hôpital pour desservir la population de ce territoire. Par contre, je doute de l’acceptabilité sociale du projet actuel en raison de l’emplacement choisi et de la superficie exigée », conclut pour sa part Christian Saint-Jacques, président de l’UPA Montérégie.

Sites non-agricoles suggérés par la CPTAQ

Vaudreuil-Dorion

  • Lot vacant entre les rues Émile-Bouchard et Elmer-Lach (derrière le Centre multisports)
  • Site de l’édifice Future et lot en bordure de la montée Cadieux
  • Lot situé au nord de l’autoroute 20 (à côté du poste de la SQ)
  • Lot délimité par la rue Henry-Ford et l’autoroute 30 (devant l’écocentre)

Saint-Lazare

  • Lot en bordure de la route 340, entre Sainte-Angélique et Saint-Louis (près de l’intersection 340/Duhamel)
  • Lot en bordure de la route 340, avant la montée Saint-Lazare

À propos de l'auteur

Stéphanie Lacroix

Directrice de l'information

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1 commentaire

  1. Mario Turbide

    Construire une École, un Hôpital dans Vaudreuil est impossible sans enpièté sur le territoire agricole. Tout le développement de Vaudreuil-Dorion depuis 30 ans s’est fait sur des terre agricoles dé zoné et en friche comme le terrain où est prévue l’Hôpital. Ces terrains sont en friche par ce que personne ne peux les acheté (trop cher pour de l’agriculture rentable) , leurs propriétaires attendent le dé zonage et préfèrent payer les taxes agricole en attendant le dé zonage. Ça c’est la réalité. Un Hôpital doit être construit sur un site accessible et vaste pour y prévoir des immeubles et un stationnement avec une grande capacité. Le gros problème que je vois c’est l’échéance, par ce que c’est un projet qui est à l’étude depuis 1992 et que depuis la population a augmenté de 60,000 à 140,000 personnes et ce qu’on avait déjà déterminer en 1992 c’est que si tous les citoyens de Vaudreuil-Soulanges décidaient d’aller à Valleyfield, l’Hôpital n’aurait pas la capacité de les accueillir et c’est ce qui se confirme avec des taux d’occupation de 325% fréquemment annoncé.Le taux de rétention à augmenté, en 1992 il était de 25% à Valleyfield et 75% à Montréal et en Ontario Ne me dites pas que c’est acceptable. Laissons à la brousse la médecine de brousse et s’il faut écraser trois ver de terre et deux grenouilles pensons aux humains d’abord. Je viens de passer trois semaines à Valleyfield et ce que j’ai vue ce sont des soins de qualité, mais prodigué par du personnel épuiser et en pré Burn out. Jusqu’à quand serait il utile de maintenir cette situation intenable pour l’Hôpital de Valleyfield et offrir des services de moindre qualité à Vaudreuil et à Valleyfield. Soyons courageux et acceptons que le développement d’un Hôpital ce n’est pas l’implantation d’une usine de produit toxique. C’est pour le mieux être de tous les citoyens des deux régions. Mario Turbide

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