Sinistrés de Rigaud: Deux pas en avant, un pas en arrière

Bien que la date butoir du 9 décembre soit arrivée, l’hébergement et l’aide financière d’Yvon Mathieu et de sa conjointe, un couple de sinistrés de Rigaud, seront prolongés.

Le ministère de la Sécurité publique leur avait donné la date butoir du 9 décembre pour accepter la prime de départ. Après, leur hébergement et leurs allocations devaient être coupés. Mercredi, la Croix-Rouge leur a dit qu’ils n’étaient pas sur la liste des personnes à héberger pour la semaine prochaine, bien qu’une rencontre avec une fonctionnaire du Ministère soit prévue le 14 décembre afin de discuter de son dossier et de ses demandes de correction. Cependant, jeudi matin, le vent a changé de bord : Yvon Mathieu et sa conjointe pourront rester à l’auberge des Gallant jusqu’au 17 décembre.

Rappel des faits

L’eau s’est infiltrée dans le sous-sol de la maison d’Yvon Mathieu et de sa conjointe lors des inondations historiques du printemps dernier. Depuis sept mois, le couple habite à l’hôtel et se démène dans la paperasse reliée à leur dossier au ministère de la Sécurité publique (lire l’article publié dans Première édition du 2 décembre). En cognant à droite et à gauche, ils arrivent à faire avancer le dossier, mais pour deux pas faits en avant, ils en font un en arrière.

Le premier rapport qu’Yvon Mathieu a reçu, en août, était truffé d’erreurs selon lui. Après s’être battus pour obtenir un rapport modifié, sa conjointe et lui ont reçu un permis de la Municipalité de Rigaud pour réaliser les travaux au solage. Bien qu’ils aient le permis en main depuis le début du mois d’octobre, les travaux n’ont pas débuté parce que le Ministère demandait d’autres documents.

Un nouveau rapport d’évaluation des dommages reçu le 9 novembre a attribué une cote de 50,4 % pour les dommages à la maison du couple rigaudien. Étant à plus de 50 %, le ministère refuse de payer pour les travaux et les incite à accepter la prime de départ chiffrée à 155 285,01 $. Yvon Mathieu n’a pas l’intention d’accepter l’offre, car il considère que sa maison peut être sauvée puisque seul son sous-sol a été touché et que le dernier rapport comporte de nombreuses erreurs.

Est-ce les multiples appels du citoyen pour faire pression ou le fait que le dossier soit suivi de près par la ministre et députée de Soulanges, Lucie Charlebois, qui a fait bouger les choses? Jointe au téléphone jeudi matin, la ministre ne peut pas parler en détail du dossier d’Yvon Mathieu. Elle confirme, cependant, s’en occuper personnellement comme elle l’avait promis la semaine dernière.

Du côté de la Ville, on affirme que le permis d’Yvon Mathieu est toujours en vigueur. De plus, Marie-Andrée Gagnon, du Service des Communications et relations avec le milieu à Rigaud précise que la maison d’Yvon Mathieu est sécuritaire. Si leur hébergement est coupé, le couple pourrait décider de retourner chez lui, car il n’y a pas de danger avec la structure.

Cependant, il n’y a pas d’eau chaude et la maison est des plus encombrées par tout ce qui était au sous-sol selon ce qu’explique Yvon Mathieu. Le couple pourrait aussi choisir de faire les travaux au solage sans l’aide financière du ministère de la Sécurité publique. Comme ils ne possèdent pas la somme nécessaire pour faire les travaux, ils devraient convaincre une banque de leur prêter l’argent alors que la maison a été touchée par les inondations printanières.

Un cas unique?

Lucie Charlebois était sur le terrain lors des inondations. Elle affirme continuer à être présente pour aider les citoyens, mais ceux-ci doivent contacter son bureau de comté pour obtenir du soutien dans leur dossier. Photo Guillaume de Chantal

L’histoire d’Yvon Mathieu est-elle unique? D’autres sinistrés sont-ils pris eux aussi dans le dédale administratif du ministère de la Sécurité publique? Avec des centaines de dossiers à Rigaud et des milliers au Québec, une situation sans précédent, on peut s’attendre à ce que d’autres dossiers émergent sur la place publique prochainement.

La ministre Lucie Charlebois avoue avoir une quinzaine de dossiers plus compliqués entre les mains, en ce moment, ce qu’elle trouve peu. Elle réitère son invitation aux citoyens à contacter ses adjoints au bureau de comté au 450 456-3816 pour faire avancer les dossiers et résoudre les problématiques plus particulières. Cette semaine, elle a publié un message destiné aux sinistrés de Soulanges pour leur demander de venir à son bureau s’ils ont des problèmes avec tout le processus gouvernemental et s’ils ont besoin d’information. La députée de Vaudreuil Marie-Claude Nichols et son équipe s’occupent d’une vingtaine de dossiers plus particuliers et invitent les citoyens à venir les voir.

« Il semblerait que les gens ont peur que les fonctionnaires prennent ça mal. C’est un faux message qui est véhiculé. Marie-Claude Nichols et moi, nous sommes là et ça fait partie du service aux citoyens. C’est mon travail de ramener l’information au gouvernement du Québec et d’aider les citoyens et les municipalités. Les dossiers ne viennent pas au bureau et l’on se demande comment ça se fait. J’aurais pu engager une ressource au bureau, mais je ne l’ai pas fait parce que je n’ai pas assez de cas. S’il faut que je commence à faire du porte-à-porte pour récupérer les cas, je vais le faire », lance Lucie Charlebois.

Rappelons que la Ville de Rigaud organise, ce soir, une rencontre d’information pour les citoyens touchés par les inondations concernant les différents travaux temporaires de remise en état et de sécurisation des bâtiments qui peuvent être réalisés dès maintenant pour rendre leur domicile habitable. La rencontre aura lieu à l’édifice Paul-Brasseur situé au 10, rue Saint-Jean-Baptiste Est, à compter de 19 h.

Depuis des mois, la Ville de Rigaud attend que les choses bougent et dénonce le manque de communication avec le Ministère. « Les problèmes de communication ça fait longtemps qu’on le dit. Le maire ça fait plusieurs fois qu’il rencontre Lucie Charlebois pour lui expliquer. La réponse de la Ministre c’est de lui acheminer les dossiers. On invite monsieur Mathieu à réitérer auprès de madame Charlebois l’urgence de faire avancer le dossier », conclut Marie-Andrée Gagnon de la Ville de Rigaud, soulignant que la rencontre de ce soir est une tentative de la Ville pour aider ses citoyens à rentrer chez eux. Un souhait qui pourrait se concrétiser avant Noël pour certains.

Située en bordure de la rivière des Outaouais, la résidence d’Yvon Mathieu a été touchée par les inondations printanières. Selon le dernier rapport des dommages, reçu le 9 novembre, le ministère de la Sécurité publique considère qu’elle doit être détruite. Photo Caroline Bonin

 

 

 

 

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1 commentaire

  1. Linda Gallant

    Bravo madame Bonin pour ce reportage. Après 7 mois il me semble incroyable qu’on ne leur ai pas confirmé leur hébergement jusqu’au mois de janvier! Comme si nous allons les mettres dehors à Noël!!! Maintenant c’est à voir ce que notre députée ministre pourra faire pour règler ces cas!

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