Quand la mémoire de nos vétérans se perpétue

Le capitaine de corvette Mathieu Leroux lors d’une cérémonie. Photothèque

On parle souvent de ceux qui ont fait ou font partie de l’armée de terre ou de l’aviation quand arrive le Jour du Souvenir, mais rarement de la marine. Pourtant, la force navale canadienne a joué un rôle fort important lors du Deuxième conflit mondial et demeure encore aujourd’hui d’une grande importance pour le pays.

On parle aussi souvent des vétérans (à chaque défilé, on en compte de moins en moins) et moins de ceux qui sont actuellement membres des Forces armées et qui poursuivent une carrière au sein de la Défense nationale.  Pourtant, le 11 novembre est aussi important à souligner pour eux que pour les anciens combattants.

C’est le cas de Mathieu Leroux, 38 ans, résident de Coteau-du-Lac, qui est capitaine de corvette au sein de la réserve de la Marine royale canadienne. Il fait partie de l’unité de réserve NCSM Donnacona, basée à Montréal dont il est commandant.  « Nous, on n’a pas connu la guerre, mais le Jour du Souvenir est là pour nous rappeler les 115,000 soldats, marins et aviateurs canadiens morts lors des deux guerres mondiales, mentionne Mathieu Leroux, d’entrée de jeu. La guerre, on l’a connue par les membres de nos familles qui y ont participé. C’est aussi la fierté d’être des Canadiens qui ont aidé leurs prochains », de poursuivre le capitaine.

Le capitaine Leroux est fier de faire partie de la marine. D’autant que, même si c’est un peu moins connu, la marine de guerre a joué un rôle important de défense lors de la guerre de 1939-1945. « La marine canadienne était la 3e plus grosse marine au monde à la fin de la 2e guerre mondiale.  Il y avait alors 95 000 hommes et femmes et 435 navires en services », fait-il remarquer.

Incidemment, le 1er mai, chaque année, la marine commémore toutes les batailles navales livrées par le Canada.

Après les deux guerres,  Mathieu Leroux souligne que les Canadiens ont été actifs à travers le monde. L’armée canadienne a participé à la guerre de Corée, mais a surtout contribué à des missions de sauvetage et de paix un peu partout sur la planète.  « On réalise qu’encore aujourd’hui beaucoup de soldats canadiens ont sacrifié leur vie lors de missions de l’ONU ou avec  l’OTAN », indique-t-il. En effet, des événements comme la Tempête du désert au Koweït ou les opérations en Afghanistan ou en Bosnie ont mis les Canadiens à contribution.

« Plus près de nous et plus récemment,  lors des inondations du printemps au Québec, notre division, dont j’avais le commandement, entre autres, était présente à Rigaud pour soutenir les sinistrés et effectuer le transport des travailleurs sociaux. J’avais une dizaine de marins à Rigaud et en tout, pas moins de 350 marins ont été déployés pour les inondations dont 100 réservistes », de relater le capitaine Leroux.

Marche de Nimègue

L’été dernier, Mathieu, avec 10 de ses équipiers, a participé à une marche de 160 km durant 4 jours à Nimègue aux Pays-Bas.  La marche de Nimègue est un événement annuel auquel les Forces canadiennes participent depuis 1952. La marche exige que les participants militaires, portant la tenue de combat, transportent une charge minimum de 10 kilogrammes. « Cette année, c’était la 101e marche.  C’est incroyable de voir comment les gens de là-bas reconnaissent ce que le Canada a fait pour eux. Il y a des drapeaux canadiens accrochés aux maisons. Ils sont extrêmement reconnaissants. Cette marche est une façon de commémorer  les soldats canadiens qui ont contribué à libérer cette zone occupée par les nazis lors de la Deuxième Guerre mondiale, explique le capitaine Leroux.  Et à Nimègue, il y a un cimetière où pas moins de 3 000 Canadiens ont été inhumés. De voir cela, cela remue beaucoup d’émotions », affirme le capitaine Leroux.

En Europe, Mathieu Leroux a visité des cimetières où des milliers de Canadiens dont la Belgique. En Flandre s’est déroulée la bataille de Passchendaele, appelée aussi la troisième bataille d’Ypres. Elle a eu lieu entre le 31 juillet et le 6 novembre 1917 pendant la Première Guerre mondiale. Elle opposa l’armée britannique, l’armée canadienne et des renforts de l’armée française, à l’armée allemande. C’était bien sûr le 100e anniversaire cette année. Plus de 4 000 soldats canadiens sont morts au combat et près de 12 000 ont été blessés. Les quelque 100 000 membres du Corps canadien qui ont combattu à Passchendaele font partie des 650 000 hommes et femmes, lesquels ont servi en uniforme au cours de la Première Guerre mondiale.

Une passion qui se développe

Alors qu’il était étudiant au cégep de Trois-Rivières, Mathieu Leroux a découvert deux divisions des Forces armées canadiennes soit les Blindés et la Marine. « La marine m’a attiré parce que j’aimais l’eau et le côté plus intellectuel de l’armée, la stratégie navale. Cela m’a ensuite permis de voyager sur la côte ouest et est du Canada et des États-Unis », relate celui qui a navigué sur des navires de défenses côtières.

Au cours de ses années de réserviste, Mathieu Leroux, en plus d’avoir mérité le grade de capitaine, a reçu la Décoration canadienne après ses 12 ans de services et aussi, la médaille du jubilé de diamant de la reine Élizabeth II.

Aujourd’hui, le capitaine Mathieu Leroux poursuit sa carrière comme réserviste tout en enseignant la psychologie au Collège de Valleyfield.

Mentionnons, en terminant, que la Marine souligne le Jour du Souvenir samedi à la Place du Canada à Montréal avec le Collège militaire de St-Jean. Une soixantaine de marins seront présents. Puis, le 18 novembre, le public est invité à une porte ouverte de 10 h à 12 h à la division NCSM Donnacona située au 3525 rue St-Jacques à Montréal.

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