Prudence en zone scolaire

Aux dires des élèves de l’école secondaire interrogés, en général, les automobilistes respectent le passage piétonnier devant l’école. Photo Stéphane Fortier

Un citoyen de Saint-Polycarpe rapportait récemment que deux jeunes filles sont passées à un cheveu de faire tuer par un chauffard sur la 340, et ce, devant lui et son épouse.

« Nous avons une garderie qui peut accueillir 80 enfants, une école primaire et une secondaire et des centaines de passages de véhicules à chaque jour, dont plus d’une centaine de camions », nous dit Robert Léger, de Saint-Polycarpe. Ce dernier se souvient que, suite au décès d’une écolière il y a quelques années, plusieurs demandes ont été faites au ministère des Transports sans aucun succès », déplore-t-il.

Toujours selon Robert Léger, le ministère répond à chaque fois que la limite de vitesse est adéquate et que l’on doit demander à la SQ de venir patrouiller.  « Le ministère ne veut pas entendre parler des centaines d’étudiants qui traversent chaque jour en face de l’école secondaire pour aller au dépanneur ou au restaurant qui est en face. Juste dans notre petit village, on parle de plus d’un millier d’infractions au Code de la route par jour », révèle-t-il.

Pourquoi pas 30 ou 40 km/h?

Chaque jour, des dizaines d’élèves de l’école secondaire Soulanges traversent la rue pour aller tantôt au dépanneur ou au restaurant et, bien sûr, rentrer à la maison. Mais contrairement à la règle qui prévaut normalement dans une zone scolaire, la limite de vitesse est de 50 km/h et non 30 km/h.  « La rue Ste-Catherine où se situe l’école est, en fait, la route 340 qui est sous la responsabilité du ministère des Transports. Cela fait des années que nous demandons une réduction de la limite de vitesse devant l’école au ministère et encore récemment, nous avons réitéré notre demande », de mentionner le maire de Saint-Polycarpe, Jean-Yves Poirier.

Ce dernier se souvient qu’il y a quelques années, un élève a été heurté par une voiture devant l’école. « Moi-même j’ai été témoin d’un événement qui aurait ou s’avérer catastrophique devant l’école. Deux jeunes auraient pu y laisser leur vie. Vous savez, malgré le fait qu’il y ait deux passages piétonniers dans cette zone, il y a toute une éducation à faire auprès des automobilistes qui se doivent de s’arrêter lorsque des gens traversent ces passages », de rappeler le maire.

À ce propos, il se pourrait que la Municipalité sollicite la collaboration de la Sûreté du Québec pour effectuer ce genre de  campagne de sensibilisation. « Le nouveau directeur est très ouvert à recevoir nos commentaires et suggestions », affirme Jean-Yves Poirier.

En attendant, l’aménagement de trottoirs se poursuivra au cours des prochains jours. « Notre plan prévoit qu’un autre trottoir sera aménagé à partir de l’école jusqu’à la rue des Pins. Il y en a déjà un qui part de l’école pour aller au village. De plus, nous attendons deux panneaux de signalisation pédagogique que nous pourrons déplacer à notre gré. Je suis certain que le ministère va tolérer cette initiative qui n’a pour but que d’augmenter le niveau de sécurité », fait remarquer le maire. Des systèmes de sécurité lumineux comme celui dont s’est dotée la Ville de Saint-Lazare demeurent également une option intéressante pour Saint-Polycarpe.

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Dans un récent reportage d’un quotidien montréalais, il était mentionné que, la grande majorité des recommandations faites par le coroner après des accidents, ne sont pas suivies.  « Je serais curieux de savoir ce qui avait été recommandé lors du décès d’une étudiante devant l’école secondaire. Je peux voir plusieurs problèmes majeurs; le non-respect de passages pour piétons, la quantité de véhicules lourds, la vitesse excessive et les limites de vitesse trop élevées », croit Robert Léger qui se souvient avoir discuté de ces problèmes avec le maire, Jean-Yves Poirier, l’an dernier.

Ce dernier avait répondu que la route 340 est une route provinciale et que la municipalité ne pouvait pas faire grand-chose si ce n’est que demander à la SQ de faire de la surveillance. « J’ai alors demandé si la Municipalité pouvait intervenir auprès des compagnies de transport afin qu’elles puissent parler à leurs chauffeurs pour qu’ils respectent le code de la route. La réponse de notre maire a été de faire une pétition », de rappeler le citoyen. Justement, il y a une dizaine d’années, la propriétaire de la garderie située sur Sainte-Catherine  avait récolté plusieurs signatures pour demander une réduction de la vitesse qui était de 80 km/h. « Il faut le voir pour comprendre. Des petits enfants de 2,3 ou 4 ans jouent à une vingtaine de pieds de la route où circulent des mastodontes qui font un bruit d’enfer. La pétition demandait de réduire la vitesse à 50 km/h sur toute la longueur de la rue Sainte-Catherine. Le ministère a finalement réduit la vitesse à 70 km/h jusqu’à la garderie, mais refusa de la réduire à 50 », de relater Robert Léger.

Selon ses observations, certaines entreprises locales sont plutôt délinquantes en matière de sécurité routière aux abords des écoles. « Évidemment ce ne sont pas tous les chauffeurs de ces compagnies qui sont délinquants, car certains conduisent très bien », fait-il tout de même remarquer.

Suite du dossier : Agir pour nos enfants à Saint-Télesphore 

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