Projet domiciliaire : Qui gagne perd à L’Île-Perrot

Une consultation publique sur un projet prévoyant la construction d’unités d’habitation dans un boisé a nécessité trois heures d’explications et de débats à L’Île-Perrot. Photo Stéphane Fortier

La consultation publique sur le développement domiciliaire de la zone H-56, un boisé situé derrière Lilo à L’Île-Perrot a rassemblé une centaine de citoyens réclamant carrément l’arrêt du projet.

En fait, certains avaient des préoccupations environnementales, d’autres craignaient que la circulation subisse un boom dont la ville n’a pas vraiment besoin et d’autres encore trouvaient que le stationnement est déjà suffisamment problématique dans le secteur. La plupart des résidents présents habitent sur la rue du Boisé ou l’avenue du Parc ou encore la 6e et 7e avenue, donc  demeurent les plus concernés par le règlement.

Ce qu’il faut d’abord savoir, c’est qu’un projet de règlement avait été adopté en 2016 prévoyant la construction de 160 logements dans la zone H-56, une étendue entièrement boisée, un espace important à protéger selon plusieurs Perrotois. Pourtant, les données de la Ville, fournies notamment par la MRC de Vaudreuil-Soulanges, indiquent que cette zone a une faible valeur écologique.

Une consultation publique avait eu lieu, mais peu de gens s’en souviennent et encore moins le nombre de résidents présents lors de cette consultation. S’il faut en croire certains, c’était bien peu.

Ce qui était présenté en cette soirée du 28 mai (où étaient présents le maire Pierre Séguin, un urbaniste, la greffière et un groupe d’experts consultants), c’était une modification du précédent règlement prévoyant notamment la construction de moins de logements (90), imposant des zones tampons vertes plus importantes et une augmentation de la superficie des espaces verts, notamment en diminuant la profondeur des terrains.

Un urbaniste consultant, Samir Admo, animait la soirée qui, originalement, devait durer au maximum 90 minutes et qui finalement s’est étirée pendant 3heures. Le but était de présenter le projet aux résidents et de l’expliquer dans tous ses détails, un projet qui, à toute fin pratique, se réalisera et cela, que les gens soient d’accord ou non. « Depuis 1974, il a toujours été prévu que des habitations soient construites dans cette zone », a d’abord rappelé le maire Pierre Séguin.

« À la base, le projet se veut une obligation venant du PMAD (Plan métropolitain d’aménagement et de développement) établi par la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) afin de densifier certains secteurs, notamment ceux situés près d’un réseau de transport collectif », a précisé Samir Admo.

Ce dernier, un peu surpris par l’ampleur des interventions du public, a recueilli plusieurs interventions qui n’ont finalement pas eu de réponses. Le maire a promis d’y répondre et aussi de rendre accessible sur le web la présentation du projet.   Plusieurs questions étaient en lien avec l’excavation nécessaire à  effectuer et dont les vibrations pourraient abîmer les maisons du secteur. Quant à la réalisation du projet, aucun échéancier n’a encore été établi.

Possible de s’opposer

Le premier projet de règlement, appelé 666-4, avait été déposé lors de la séance du conseil du 8 mai et c’est celui qui a fait l’objet de la consultation publique, le 28 mai. Le dépôt du deuxième projet de règlement est prévu le 12 juin. Mais vu la grande opposition des citoyens et vu le nombre de questions des résidents restées sans réponses, son dépôt pourrait être retardé, aux dires de la greffière Lucie Coallier. Autrement, un avis public prévoyant le dépôt à un registre référendaire paraîtra le 15 juin pour la zone H-56, mais aussi pour les zones contiguës N-37, H-30, INF-33, H-51 et P-52. Ceux qui veulent s’opposer à ce projet de règlement auront jusqu’au 26 juin pour signer le registre et demander ainsi un référendum. Dans chaque cas, le registre doit comporter au moins 12 signatures. Ce faisant, un référendum pourrait se tenir le 6 août, cela, si le dépôt du règlement n’est pas retardé, autrement, les dates pourraient être repoussées. Et si les gens votent non au règlement? « On retourne à la case départ soit au règlement original qui prévoit la construction de plus de logements », de répondre Pierre Séguin.

Un citoyen s’est alors levé pour dire : « Nous sommes foutus que l’on vote contre où qu’on laisse adopter ce projet. On est perdant de toute façon et ce, qu’il y ait 160 ou habitations de construites ou 90, le boisé va être rasé », a interpellé ce résident.

Une autre a proposé à la Ville d’acheter ce terrain. Le maire, pas nécessairement opposé à l’idée, a demandé si les gens étaient prêts à payer. Quelques oui se sont fait entendre sans plus. Pourtant, la chose pourrait être possible puisque le propriétaire n’a pas encore vendu ce terrain et que le promoteur qui le convoite n’aurait fait qu’une promesse d’achat. Le maire a tout de même fait remarquer que ce terrain est zoné résidentiel.

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