Les trois montagnes de Marie-Josée Viau

Marie-Josée Viau a atteint l’objectif qu’elle voulait atteindre au pied du plus haut sommet du monde. Photo courtoisie Marie-Josée Viau

La Lazaroise Marie-Josée Viau revient du Népal où elle a gravi pas moins de 5364 mètres en route vers le mont Everest.

Et dire qu’il y a quelques années, monter un simple escalier suffisait à lui faire manquer de souffle.  À 40 ans, Marie-Josée Viau faisait osciller la balance à plus de 104 kg (230 lbs). Elle avait souvent essayé toutes sortes de moyens pour perdre du poids, en vain. J’étais à 2 kg (5 lbs) de l’obésité morbide », mentionne-t-elle d’abord.

Première montagne

Un  jour, elle a l’idée de s’inscrire à l’émission Maigrir pour gagner à la télé. Elle n’est finalement pas sélectionnée. J’étais contente. Je ne me voyais pas affronter le gym trois fois par semaine. En même temps, comme je n’étais pas très heureuse de cet échec, j’ai mangé jusqu’à prendre 10 livres en un mois », relate Marie-Josée Viau.  Mais un jour, au travail, elle doit effectuer un geste qui a demandé un effort plus important qu’à l’accoutumée. « J’ai eu un pincement au cœur et cela m’a fait comprendre qu’il fallait que j’agisse pour ma santé. C’était le déclic qu’il me fallait. Je me suis dit que je n’avais pas besoin d’une émission de télé pour agir »,explique-t-elle.

Le 1er  mai 2014, elle entreprend de faire de la course, mais au bout d’une minute, elle n’en peut plus. Le lendemain, elle court une minute supplémentaire puis une autre minute le surlendemain. Petit à petit, elle augmente les distances. « Au mois d’août, j’ai été capable de courir le Color Run de 5 km à Montréal. Avec beaucoup de discipline, j’ai réussi à perdre 95 livres en 10 mois (en même temps que la finale de l’émission) et ce, sans chirurgie bariatrique, », indique celle qui portait du 22 de pantalon et qui porte du 4 aujourd’hui. Randonnées pédestres, kayak, raquette, Marie-Josée Viau s’investit dans plusieurs activités lui permettant d’améliorer sa forme physique. « J’avais gagné moi aussi, mais avec ma propre méthode », dit-elle.

Plus tard, elle court deux fois le 10 km du marathon de Montréal et escaladele mont Washington en 3 heures 30.  Aujourd’hui, elle est entraîneuse personnelle certifiée. Elle avait donc vaincu sa première montagne qui, affirme-t-elle était d’abord dans sa tête.

Le défi d’une vie

À 44 ans, elle voulait relever le défi de sa vie. « Je ne suis pas une personne très forte sur le trek, mais j’ai amassé mon argent et me suis entraîné avec acharnement », nous dit Marie-Josée Viau. C’est cela qui l’a conduite vers la musculation et le culturisme. Elle participe au Fitness Canada et remporte le titre canadien, rien de moins.

Le 28 octobre dernier, elle s’embarque pour Katmandou et entend se rendre au camp de base menant au mont Everest.  Il existe deux camps de base de l’Everest, le premier versant sud (côté népalais) se trouve à 5364 mètres. « Le 1er jour, j’ai pleuré. C’est là que j’ai réalisé dans quelle aventure je m’étais embarquée, mais je n’avais plus le choix et il fallait que j’y aille un jour à la fois, un pas à la fois », se souvient-elle. La première étape consistait en quatre heures de trek avec montées et descentes. Au total, c’était 17 jours de marche à accomplir. Sortie totalement de sa zone de confort, les montées ne sont pas faciles, pas plus que les descentes d’ailleurs.  « On monte tout le temps. Quand on pense qu’on est arrivés, on réalise qu’il y a encore des montées », énonce-t-elle.

Mais le pire, c’est le col de Chola. Il s’agit du trek le plus aventurier dans l’Himalaya. Il est difficile, car il comprend l’ascension vers le Lac Gokyo, Gokyo Ri et le col de Chola. Les efforts ne sont pas vains puisque le parcours se poursuit avec un fabuleux panorama sur les plus grands pics du monde.  « On doit toujours faire attention où l’on pose les pieds. C’est de la roche, de la roche et encore de la roche. Et dans une partie de la montée, c’est de la pierraille où il est facile de glisser. Il y a une partie du chemin qui est si étroit que si vous perdez pied, c’est la chute à 4000 mètres », soutient Marie-Josée Viau. Arrivée au camp de base, elle est atteinte d’une sinusite. « Tout le monde est malade là-bas », témoigne-t-elle.  Les paysages sont grandioses et pour elle, cette expédition valait chaque sou, soit les 10 000 $ investis.

Prochain défi? « J’aimerais escalader le Island Peak au Népal, l’Aconcagua en Amérique du Sud qui fait près 7000 mètres ». Et l’Everest? « J’aimerais bien, mais il me faut maîtriser la technique de l’escalade et… 60 000 $. »

Et la troisième montagne? « Défini­tivement ma chirurgie reconstructive, il y a deux ans. J’avais un surplus de peau. Cela a été une expérience très difficile et pour moi, cela a été une grosse montagne à gravir », de conclure Marie-Josée Viau.

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