Le spectre de la grève plane dans le transport scolaire

La colère gronde chez les chauffeurs d’autobus scolaire. Photothèque

Si l’on se fie au syndicat des Teamster, le printemps sera très houleux dans le transport scolaire, car une grève pourrait être déclenchée.

C’est que la colère gronde chez ces travailleurs et travailleuses qui gagnent généralement moins de 25 000 $ par année et des conflits de travail acrimonieux pourraient éclater si le gouvernement Couillard et les transporteurs scolaires ne changent pas leur fusil d’épaule.

« Les conséquences de la faible hausse de 1,43 % de l’enveloppe monétaire versée aux commissions scolaires par le gouvernement Couillard pour le transport des élèves se font sentir chez les travailleurs et les travailleuses, indique Stéphane Lacroix, directeur Communications et Affaires publiques pour le Québec chez les Teamsters.  Cette hausse, inférieure à l’indice des prix à la consommation qui était majoré à 1,8 % l’année dernière, a provoqué une levée de boucliers chez nos 120 travailleurs. Par conséquent, les salariés de quatre transporteurs scolaires se sont donné des mandats de grève au cours des dernières semaines.

Environ 4000 élèves touchés

Ce mouvement de grève toucherait ainsi les commissions scolaires des Trois-Lacs et Lester B. Pearson.  Des villes comme Vaudreuil-Dorion, Saint-Lazare, Sainte-Anne-de-Bellevue, Hudson, Pincourt, Les Cèdres et une partie de Soulanges seront notamment affectées.

Les quelque 50 conducteurs oeuvrant chez Autobus Lucien Bissonnette qui dessert les deux commissions scolaires pourraient donc aussi déclencher une grève au cours des prochaines semaines.

« Les offres patronales déposées le 8 février dernier ont été refusées à 98 % et 100 % ont voté en faveur de la grève. C’est donc dire que tous les travailleurs présents à l’assemblée ont voté en faveur d’un débrayage qui sera déclenché au moment jugé opportun », indique Stéphane Lacroix.

Question de salaires

Une fois de plus, les augmentations salariales sont au coeur du litige entre l’employeur et les Teamsters.

« En gros, la direction d’Autobus Lucien Bissonnette offre 1 % d’augmentation pour chacune des trois années du contrat de travail, ce qui est nettement insuffisant compte tenu du fait que cette hausse ne couvre même pas l’Indice des prix à la consommation », explique Stéphane Lacroix.   Les offres salariales proposées à ces membres ont été très mal accueillies, c’est le moins qu’on puisse dire. Le gouvernement du Québec devra se pencher sur ce dossier en priorité s’il veut éviter de porter l’odieux du déclenchement d’une grève qui pourrait paralyser de nombreuses commissions scolaires et perturber les horaires des parents des élèves », prévient-il.

Pour lui, il est clair que les conditions de travail dans cette industrie sont difficiles: conditions climatiques, état des routes qui laisse à désirer, stress de devoir conduire dans les bouchons de circulation, manque de respect des autres usagers de la route à l’égard des autobus scolaires, comportement des élèves et horaires coupés s’ajoutent à des salaires médiocres.

Du côté de l’employeur, Lucien Bissonnette, ce dernier soutient que personne ne l’a avisé de la possibilité d’une grève. « Il est un peu trop tôt pour parler de cela. Tout ce que je peux vous dire, c’est que cela négocie présentement », se contente-t-il de déclarer.

Rappelons que le syndicat des Teamsters représente les intérêts de près de 40 000 travailleuses et travailleurs au Québec, dont plus de 1000 dans le transport scolaire. Teamsters Québec est affilié à Fraternité internationale des Teamsters, dont l’effectif syndical est de 1,4 million de membres en Amérique du Nord.

La CSTL tributaire

Du côté de la Commission scolaire des Trois-Lacs, on comprend la situation et on estime qu’il s’agit d’un morceau important.
« Mais nous sommes tributaires des compagnies de transport. Ce sont elles qui engagent les conducteurs. Nous avons des contrats avec les compagnies et non avec les chauffeurs », explique Chantal Beausoleil, directrice Finances et Transports à la CSTL. « Nous étions en conversation avec monsieur Bissonnette, mais vous nous apprenez le résultat du vote. Nous savions qu’il y avait des négociations un peu partout dans la province, mais s’il y a mandat de grève et que ça arrive, c’est un gros problème pour une grande partie de notre clientèle. Il n’y a pas beaucoup d’alternatives », mentionne-t-elle.

Sophie Proulx, directrice générale de la CSTL espère que la semaine de relâche permettra aux parties de négocier et de s’entendre. « Nous souhaitons que ces quelques jours puissent faire avancer les choses. Nous-mêmes, nous ne pouvons influer sur les négociations, mais nous espérons le meilleur, parce qu’ultimement, ce sont les parents qui seront pris au piège », dit-elle, évoquant du même coup les conséquences pour les écoliers.

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