L’attelage, un beau loisir qui manque cruellement de relève

: Un concours d’attelage est toujours une belle attraction, que l’on soit connaisseur ou non. Ici, Diane Goyette en pleine action. Photo gracieuseté de Tony d’Antonio

Qui n’a pas vu des séries télé historiques où l’on voit régulièrement des gens se déplacer à l’aide d’attelages de chevaux et n’a pas rêvé d’effectuer un voyage dans le temps et de se retrouver au 19e siècle?

Il fut donc un temps où le mode transport consistait à se déplacer è l’aide d’une voiture tirée par des chevaux pour faire des courses, aller à la messe où se rendre chez un membre de la famille. Avant de devenir une activité de loisir et de sport, l’attelage a donc longtemps été le seul moyen de transport. Si le train et l’automobile ont supprimé les équipages, l’attelage renaît grâce aux nombreuses associations, aux épreuves diverses, aux rallyes et aux écoles d’attelage.

Loisirs et compétitions

Mais pas besoin d’une machine à voyager dans le temps puisqu’il existe des centaines, pour ne pas dire des milliers d’adeptes d’attelages au pays.  Il faut d’abord préciser que l’attelage est un sport équestre reconnu par la Fédération Équestre Internationale. Un attelage de compétition est composé d’une voiture, d’un, deux (côte à côte ou en flèche) ou quatre chevaux et d’un meneur aidé par des grooms ou coéquipiers.

L’attelage de plaisance (où l’accent est mis sur la présentation, les habilités du meneur, le travail, les cônes et autres obstacles, de même que le cross-country) de même que le combiné (présentation, dressage, cônes et marathon).

On parle d’un retour dans le temps et d’ailleurs l’attelage de plaisance fait un peu référence à la belle époque, car certaines compétitions, outre l’habileté du meneur, prennent en compte la présentation du meneur (habillement, allure) et de l’attelage en tant que telle.  Certains attelages, y compris à haut niveau, peuvent présenter une combinaison étonnante de chevaux dont certains galopent tandis que d’autres trottent. L’important pour le meneur est de conserver la maîtrise de son attelage.

Et quels genres de chevaux utilise-t-on? « Tous les chevaux peuvent être attelés, mais certaines races ont des prédispositions particulières à cette discipline », mentionne Diane Goyette, du Club d’attelage de Saint-Lazare,  d’entrée de jeu. « Des chevaux comme les canadiens Halflinger sont très polyvalents, notamment », nous dit Diane Goyette qui agit à titre de trésorière du club. D’autres chevaux peuvent être mal  à l’aise avec un attelage et d’autres avec une selle.  Une chose est sûre c’est qu’il faut habituer le cheval à la pratique d’une discipline dès son plus jeune âge.

Mais le club lazarois ne fait pas que de l’attelage de plaisance, mais aussi du Trec qui a pour objectif de faire ressortir les qualités d’un couple, cheval et cavalier ou meneur.

Progression

Diane Goyette n’a pas toujours pratiqué ce sport équestre qu’est l’attelage. « Je faisais du saut originalement, mais à un moment donné, mais plus tu vieillis, moins tu te sens à l’aise. Avec ma fille, j’ai suivi des cours d’attelage et suis allé chercher mes brevets de meneur, une sorte de diplomation en quelque sorte. Avec mes certificats d’instructeur, je peux enseigner aujourd’hui », raconte Diane Goyette. Bien  qu’elle monte toujours, pour elle, l’attelage est plus relaxant et le cheval peut être utilisé sur une plus longue période.

Rendez-vous manqué

Récemment, le Club d’attelage de Saint-Lazare (CASL), qui compte une soixantaine de membres, conviait les amateurs d’attelage de chevaux à participer à une compétition à Sainte-Justine de Newton.

L’événement a dû être annulé faute d’une participation suffisante. Pourtant, des gens comme Yves Gour, président du club et sa conjointe Diane Goyette ont sué sang et eau afin d’offrir une compétition et un spectacle d’une grande qualité. Desconflits d’horaire expliquent en grande partie l’absence de plusieurs amateurs de conduite d’attelage. On parle ici d’attelages de plaisance. « Et les concours d’attelage sont rares, au point où nous aurions tenu probablement le seul de tout le Canada, cette année », mentionne Diane Goyette qui parle aussi de la température qui n’a pas aidé au cours du dernier été.

Mais cette activité doit-elle déplorer un manque d’adeptes au fil du temps? « Je dirais qu’il y a un certain engouement, mais pas un engouement certain », répond-elle tout de go.

Certaines portions de la piste du Club  Équestre Les Forestiers ont été élargies afin de faciliter le passage des attelages, démontrant ainsi qu’il y avait une nécessité, mais…  « Au fil du temps, à mesure que l’on prend de l’âge, on a tendance à délaisser la selle au profit des attelages, mais ce sont les plus vieux qui s’y mettent. Nous aimerions avoir plus de jeunes qu’il y en a,  en termes de relève. C’est la raison pour laquelle nous organisons des concours, notamment, où il faut démontrer plus d’habiletés. On essaie de développer un cadre pour les motiver, les amener à atteindre certains objectifs tout en gardant à l’esprit que l’attelage est une discipline de patience et de complicité à développer avec le cheval », de conclure Diane Goyette.

À propos de l'auteur

Vous aimerez également

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Publicité
Profitez de cette offre
PUBLICITÉ