La Ville de Sainte-Anne-de-Bellevue forcée d’agir en raison des problèmes de l’autoroute 20

Les problèmes de circulation sur l’autoroute 20 à l’heure de pointe sont de plus en plus évidents, et causent des maux de tête aux automobilistes.

Il sera interdit de tourner à gauche pour emprunter le pont Galipeault vers L’Île-Perrot durant les heures de pointe.

Lors de la séance du conseil du 20 août, la Ville de Sainte-Anne-de-Bellevue a adopté un règlement qui touchera plusieurs automobilistes de la région dès cet automne.

À compter du 17 septembre, il sera interdit de tourner à gauche pour utiliser la bretelle d’accès vers l’autoroute 20 Ouest, sous le pont, et ce, du lundi au vendredi, de 16 h à 18 h.

Cette restriction s’applique aux automobilistes qui souhaitent sortir du village, et ne touche donc pas ceux qui proviennent de l’autoroute 40 et qui tournent à droite pour gagner l’autoroute 20 Ouest depuis le boulevard des Anciens-Combattants.

La mesure s’appliquera dès le 17 septembre à tous les véhicules, dont les autobus scolaires. Elle s’appliquera à partir d’octobre aux autobus d’Exo La Presqu’île. Seuls les véhicules d’urgence pourront utiliser la bretelle à l’heure de pointe.

À titre d’alternative, les automobilistes sont invités à utiliser l’autoroute 20 Est vers Morgan, ou l’autoroute 40.

Il s’agit d’un projet pilote d’une durée d’un an.

Sécurité avant tout

« Nous sommes conscients que cette mesure aura un impact sur le comportement et les habitudes de nombreux automobilistes au quotidien, mais il n’y a pas de compromis possible lorsque la sécurité des citoyens de Sainte-Anne-de-Bellevue est en cause », a clairement exprimé Paola Hawa, maire de Sainte-Anne-de-Bellevue, lors de la séance du 20 août.

En effet, cette mesure s’avère une réponse au problème de congestion systématique dans le village à l’heure de pointe. Le trafic dans les rues étroites de la municipalité empêche les véhicules d’urgence de circuler et d’optimiser leur temps d’intervention. D’ailleurs, le Service de sécurité Incendie de Montréal appuie l’initiative.

« Le problème de congestion dans le village ne date pas d’hier. Mais la région a connu une croissance démographique de 16,8 % dans les dernières années. Le réseau routier qui date des années 1970 n’a pas changé. Le problème ne va que s’aggraver », ajoute-t-elle.

Un vaste problème de mobilité

Lors de la séance du 20 août, Paola Hawa a dressé un bilan de la situation. Elle a insisté sur le fait que le problème de congestion à Sainte-Anne-de-Bellevue est une conséquence d’un problème plus large : l’inaction du MTQ dans le dossier du réaménagement de l’autoroute 20.

La Ville de Sainte-Anne-de-Bellevue a récemment rencontré le MTQ par rapport à ce dossier. Le ministère a indiqué qu’un délai de 10 à 15 ans est à prévoir avant qu’un projet de réaménagement de l’autoroute 20 puisse voir le jour.  « C’est un délai inacceptable quand la sécurité est en cause. Il nous fallait agir dans l’immédiat. J’insiste sur le fait que cette mesure n’est pas une solution, mais une façon d’agir à court terme sur une problématique locale. La véritable solution, ce serait que le MTQ fasse ce qu’il dit qu’il va faire depuis des années », explique Paola Hawa.

Madame Hawa a fait référence aux élections prochaines et aux engagements que devraient prendre les candidats dans le dossier de l’autoroute 20. « Il faut faire bouger les choses. Interpellez vos candidats pour qu’ils prennent des engagements concrets cette fois. Exigez de vraies promesses ! », a-t-elle dit aux personnes présentes.

Elle a d’ailleurs rencontré les maires de L’Île-Perrot, de Pincourt et de Vaudreuil-Dorion récemment pour discuter de la nouvelles mesure. Les trois maires soutiennent l’initiative de Sainte-Anne-de-Bellevue.

Des voix contre le projet

Lors du vote, le conseiller du district 3 Francis Juneau a voté contre l’adoption du projet. Selon lui, les données sont insuffisantes à ce jour pour justifier la mesure.

« J’aurais voulu avoir plus de données pour pouvoir évaluer l’impact de cette modification. La quantité (10 jours de monitoring en septembre) et la qualité des données recueillies ne sont à mon sens pas suffisantes pour bien évaluer les répercussions. Une étude sérieuse ne se base jamais sur un échantillon inférieur à 30 », a-t-il exprimé, ajoutant qu’il sent que trop peu de paramètres ont été pris en considération.

Le conseiller craint que la circulation ne soit que déplacée sur certaines rues résidentielles périphériques. «Les Waze et Google Map de ce monde vont tout simplement rediriger la circulation et ce sera un beau bordel. C’est une nouvelle bombe à retardement », craint-il.

Certains citoyens présents lors de la séance ont partagé le point de vue du conseiller Juneau.

De son côté, la mairesse a insisté sur le fait que les travaux de réflexion derrière cette mesure ont été amorcés en février, et que la Ville, le SPVM et le MTQ sont confiants que la mesure améliorera la sécurité dans le village. La Ville demeure toutefois prête à corriger le tir au fil des mois.

À propos de l'auteur

Stéphanie Lacroix

Directrice de l'information

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