La relève est le plus gros problème en matière de production bovine

Alain Lauzon, producteur bovin de Très-Saint-Rédempteur et Kirk Jackson, président du Syndicat des producteurs de bovins de la région de la Montérégie-Ouest, croient que le gouvernement doit faire sa part dans le financement de la production bovine au Québec.

La production bovine québécoise vit présentement d’importants défis et les producteurs de bovins de la région désirent la relancer avec une production plus dynamique et durable.

L’ouest de la Montérégie est une région ayant des productions très diversifiées dans le secteur. C’est plusieurs centaines de producteurs qui œuvrent dans l’une ou plusieurs des filières, notamment l’élevage de veaux d’embouche, de bouvillons destinés à l’engraissement, de veaux de lait ou de veaux de grain. De plus, les producteurs laitiers de la région fournissent aussi des bovins, qu’on appelle bovins de réforme, qui produisent une viande de qualité principalement transformée en bœuf haché. La région dispose aussi d’un abattoir à Valleyfield avec qui les producteurs peuvent faire affaire.

Kirk Jackson, président du Syndicat des producteurs de bovins de la région de la Montérégie-Ouest, croit nécessaire d’établir un plan de développement à l’échelle locale et provinciale pour redresser une situation difficile. « Nous en sommes rendus à une seuil critique en matière de production bovine. Depuis 2008, pas moins d’un tiers des vaches de boucherie ont disparu au Québec », de révéler Kirk Jackson.

La crise de la vache folle il y a quelques années a considérablement nui aux producteurs bovins et ce, même si aucune bête au pays n’a été atteinte par cette maladie.

Alain Lauzon est producteur bovin à Très-Saint-Rédempteur. Il se spécialise dans le veau d’embouche et les bouvillons d’abattage. De plus, il fait sa propre mise en marché de viande via sa boulangerie. « Je possède 40 mères et 90 têtes au total, mais pour avoir une telle ferme, il a fallu que je travaille à l’extérieur. Il faut en arriver à être capable de vivre de son cheptel, être capable de subvenir à nos propres besoins. Actuellement, c’est insuffisant pour faire vivre une famille. Il faut aller chercher des revenus ailleurs », démontre Alain Lauzon. Kirk Jackson affirme que même avec 115 mères, cela amènerait un salaire modeste au producteur.

Les producteurs bovins doivent faire face à une rude compétition sur le marché. Les produits viennent des États-Unis, d’Amérique du Sud (Argentine) et de l’Ouest canadien. « Nous ne produisons pas assez de viande pour répondre aux demandes du marché. Nous fournissons à peine 20 % de la demande des consommateurs québécois », déplore Kirk Jackson. « Il faut valoriser le bœuf local. Aider les producteurs d’ici à vendre leur produit dans la région », de dire Alain Lauzon.

Un plan primordial

Récemment rassemblés en assemblée générale annuelle, les producteurs bovins ont décidé de mettre de l’avant, dans les prochains mois, un ambitieux plan de développement pour la production bovine québécoise. Cette initiative, portée par tous leurs homologues en province, a pour objectif d’augmenter la production bovine québécoise de 50 % d’ici 2025.

Actuellement, les grandes lignes du plan ont déjà été élaborées. « Il faut mettre en place des programmes qui vont encourager la croissance des cheptels et assurer une relève dans le marché, que l’on parle de relève familiale ou non », décrit Kirk Jackson.

Rappelons que la production bovine dans la MRC de Vaudreuil-Soulanges c’est 91 producteurs et productrices agricoles (entre 50 et 100 entreprises). Pas moins de 73 d’entre eux ont des bovins qu’ils réforment éventuellement pour produire une viande de qualité principalement transformée en bœuf haché. Les chiffres nous disent que 21 œuvrent, entre autres, dans le bouvillon d’abattage. C’est-à-dire qu’ils vendent, entre autres ou uniquement, des bœufs transformés en une multitude de coupes de bœuf et 21 élèvent, entre autres ou uniquement, des vaches au pâturage (veau d’embouche).

À propos de l'auteur

Vous aimerez également

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *