Des amendes salées pour ceux qui ne se conforment pas à la loi

Le maire de Rigaud, Hans Gruenwald, a rappelé que les sinistrés qui résistent à l’évacuation contreviennent à la loi. Photo Stéphane Fortier

Dans son de presse du 12 mai, le maire a annoncé deux bonnes nouvelles soit que le niveau de l’eau est en baisse et les dernières évacuations ont été effectuées soit 11, mais de ce nombre, 19 ont refusé d’obtempérer.

Pour ceux qui n’ont pas encore suivi l’ordre d’évacuation, ou qui désirent retourner sur les lieux de leur résidence, de lourdes amendes pourraient être décernées dès aujourd’hui. « Nous nous sommes contentés de leur donner des avis pour l’instant », de dire le maire de Rigaud Hans Gruenwald. L’étape suivante pourrait se traduire par des amendes variant de 1 000$ à 5 000$, selon l’article 128, paragraphe 2, de la Loi sur la sécurité civile.

Pourquoi ne pas les forcer à évacuer comme la loi leur donne le droit? Après avoir tergiversé, le maire a finalement répondu catégoriquement. « C’est votre faute les médias, si nous ne le faisons pas. Les sinistrés se servent de vous», a lancé Hans Gruenwald en dénonçant, en quelque sorte, le sensationnalisme entourant les inondations.

Le maire a continué de plaider pour la sécurité des citoyens et les intervenants qui demeurent la préoccupation première de la Ville.

Mentionnons également que l’on a interdit la navigation près des résidences. Un périmètre de sécurité a d’ailleurs été prévu. « Nous voulons éviter le pillage et la surveillance sera accrue », assure Hans Gruenwald. La Sûreté du Québec continuera de sécuriser les lieux, que ce soit par voie terrestre, maritime ou aérienne.

La visite à Saint-Jean-sur-Richelieu

Le maire de Rigaud,  accompagné d’autres dirigeants de Vaudreuil-Soulanges, se rendait à Saint-Jean-sur-Richelieu le 11 mai pour y rencontrer le maire de l’endroit. Ils ont discuté des éléments clés de ces inondations et de celles de 2011 qui ont affecté d’autres centaines de personnes dans la Montérégie.

À ce jour,  Saint-Jean-sur-Richelieu, qui a beaucoup appris de ces inondations, a offert 22 000 sacs de sable à Rigaud.

Le maire de Rigaud a donc brièvement parlé de sa rencontre avec les autorités de Saint-Jean-sur-Richelieu qui ont vécu une dure épreuve fort similaire en 2011. « Ce que l’on a vécu jusqu’à présent, c’est du petit lait en comparaison à ce qui nous attend pour les semaines à venir. Six ans après, les gens de là-bas sont encore très émotifs. La partie facile est passée. La partie difficile s’en vient. Il faudra passer par toutes sortes de paramètres et d’étapes avant que tout redevienne conforme, s’assurer que tout fonctionne adéquatement », explique Hans Gruenwald.

Familles évacuées

En date du 12 mai, 247 familles ont été évacuées, ce qui représente 477 personnes, incluant 5 résidences de Pointe-Fortune. « Et il y a plusieurs personnes qui ne sont pas comptabilisées dans ces chiffres, des gens qui ont trouvé refuge, sans passer la Croix-Rouge, auprès  des membres de leur famille ou des amis », précise la maire.

Par ailleurs, le ministère de la Sécurité publique invite les citoyens qui n’ont pu être présents aux rencontres d’informations précédentes, ou qui n’ont pas pris de rendez-vous pour un dossier d’indemnisation, à se présenter à une des prochaines rencontres qui se tiendront à l’édifice Paul-Brasseur, situé au 10 rue Saint-Jean-Baptiste Est, lundi prochain 15 mai à 16 h ainsi qu’à 19 h 30. L’inscription est obligatoire en communiquant au 450 451-0869, poste 235.

Les services aux sinistrés demeurent mobilisés : le centre d’accueil de la bibliothèque municipale sera ouvert de 8 h à 20 h, la Croix rouge ainsi que des ressources en aide psychosociale sont toujours sur place. Enfin, la ligne d’urgence est disponible 24 h sur 24 h en appelant au 450 451-0869, poste. 235.

Les animaux

Quant à la question des animaux, laissés aux résidences, il y a deux départs le 12 mai (coin Robert-Lionel Séguin et chemin du Bas de la rivière soit à 15 h 30 et 17 h pour ceux qui désirent aller chercher des animaux. « Par la suite, des gens doivent faire des arrangements pour loger leurs animaux, car ils ne peuvent les amener dans des refuges », prévient le maire.

À Pointe-Fortune

Depuis que l’ordre d’évacuation a été décrété à Pointe-Fortune, non seulement les sinistrés sont-ils tenus de quitter leur domicile, mais en plus, ils ne doivent même pas songer y retourner avant que tout soit revenu à la normale et que l’ordre d’évacuation soit aboli.

C’est ce que le responsable de la sécurité à Pointe-Fortune, Claude Giguère tenait à rappeler le 10 mai, deux jours après la déclaration de l’état d’urgence. D’ailleurs, des gardes de sécurité sont en poste afin d’éviter que des citoyens aient envie d’aller chercher l’une ou l’autre chose restée dans les demeures et qu’ils aimeraient récupérer.

Au total, 34 citoyens de 19 résidences ont été évacués. « La situation est devenue trop dangereuse, indique François Bélanger, maire de Pointe-Fortune. L’eau n’arrête pas de monter et quand je vois ce qui se passe à Gatineau présentement, cela veut dire que l’on peut s’attendre à encore recevoir beaucoup d’eau. Quant à l’ordre d’évacuation? « C’est une décision difficile d’évacuer 34 citoyens dans 19 résidences. Beaucoup sont partis volontairement. Certains se sont dirigés vers Rigaud au refuge, d’autres se sont allés chez des membres de leur famille ou chez des amis », de répondre le maire.

Ce dernier est préoccupé par la stabilité des sols en bordure de la rivière des Outaouais qui sont composés en grande partie d’argile. Le courant, l’eau les tourbillons, la vibration et la rétention des sols forment un ensemble de facteurs qui favorisent l’érosion des sols, selon lui. Les citoyens de Pointe-Fortune peuvent profiter de deux points de distribution d’eau potable et de sacs de sable soit l’hôtel de ville ou aux angles des rues Chouinard et Nantel.

Barrage

Contrairement à ce que prétendent certains médias et des rumeurs sur les réseaux sociaux, le barrage Carillon n’est pas en danger de s’effondrer. On ne dénote pas de fissures et la municipalité de Pointe-Fortune n’a pas été évacuée au complet.

Cependant, il est vrai que les rives aux abords de la Rivière des Outaouais sont grugées et érodées par le fort débit des dernières semaines.

L’information diffusée par une radio montréalaise à l’effet que le barrage Carillon est susceptible de céder est donc complètement erronée selon un  porte-parole d’Hydro-Québec.  « Au contraire, le barrage est très solide et il n’y a aucun risque de bris », assure Jonathan Petit, Conseiller en relations avec le milieu pour l’Estrie et Montérégie.

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