Décision déchirante pour de jeunes athlètes en fauteuil roulant

Contrairement à 2015, à Drummondville, les athlètes en fauteuil roulant ne pourront montrer qu’ils excellent dans leur discipline. Photo Yanick Michaud

La semaine dernière, à un peu plus d’un mois du début des Jeux du Québec d’Alma, Sports Québec a annoncé avoir pris la décision d’annuler la finale du basketball en fauteuil roulant.

Dans un communiqué laconique, Sports Québec faisait savoir qu’en raison du désistement d’une région pour cette compétition, la discipline ne comptait plus que trois régions sur 19, un nombre insuffisant pour tenir le tournoi. « Ce qui ne répond plus à la norme minimale de 4 régions requises dans le cas des sports pour les clientèles ayant des limitations », exprime-t-on dans le communiqué.

C’est le désistement des athlètes de Montréal qui fait en sorte que cette décision a été prise et confirmée par le comité organisateur des Jeux.

Réactions vives

Il n’en fallait pas plus pour soulever l’ire des représentants du Sud-Ouest. « Nous comprenons très bien la règle. Elle est claire. Mais il aurait pu y avoir une conclusion différente. Le sport, pour 2017, aurait pu être transformé en sport de démonstration. Mais on nous dit qu’il y a déjà trois sports en démonstration et que c’est impossible d’en rajouter. Mais il n’y a rien d’impossible », explique Chantal L’Ecuyer, la mère de Collin Lalonde, qui en aurait été à ses quatrièmes Jeux. « Ce n’est pourtant pas impossible pour eux de faire de la peine à ces jeunes athlètes. De briser leur rêve. Surtout ce délai. À moins de quatre semaines des Jeux. Ils étaient sélectionnés, ils étaient prêts. Les infrastructures, les bénévoles, l’hébergement adapté, tout était en place à Alma. Ce court délai est malheureux. C’est ce qu’il y a de plus difficile à avaler humainement », lance celle qui est également la mère de Rosalie Lalonde, une paralympienne qui était à Rio cet été au sein de l’équipe canadienne. « Elle a commencé sa carrière lors des Jeux du Québec. Ces Jeux occupent une place très importante dans notre discipline sportive qui n’a vraiment pas un gros bassin, mais qui permet à ces jeunes personnes à mobilité réduite de démonter leur excellence », lance la mère de famille de Saint-Clet. Malgré son intercession et ses demandes, ni Sports Québec, ni l’organisation des Jeux n’ont voulu plier.

Des règles fermes

Jasmin Felx est chef de mission de la délégation du Sud-Ouest. Une région puissante dans cette discipline, qui aurait pu repartir d’Alma avec l’or au cou.

Il dit pourtant vouloir respecter la décision. « Une des forces aux Jeux du Québec, c’est d’appliquer les règlements. Ils ont compris que lorsque tu cèdes d’un pouce, les gens vont prendre un pied. Mais là, il arrive ça. Et ce n’est pas la même chose. Qu’ils retirent la discipline de la compétition officielle je comprends. Mais, les jeunes sont dans le système, leurs vêtements sont achetés, les entraîneurs sont prêts, les vacances pour aller à Alma sont planifiées. Dans ce sens-là, je suis déçu. Et je trouve que la décision manque d’humanisme. Ça n’aurait rien changé de faire venir ces athlètes pour des matchs de démonstration. L’hébergement est prévu, les officiels sont prêts. Je ne vois pas ce que ça aurait changé pour une trentaine de personnes de plus ou de moins », explique-t-il.

Pour lui, il s’agit d’une décision détachée. « Je ne connais pas le nom des personnes qui ont pris la décision. Mais s’ils s’étaient rendus dans les gymnases, voir ces jeunes à l’œuvre. S’ils connaissaient Chantal ou Collin ou Rosalie, que je côtoie depuis des années, je suis persuadé qu’ils n’auraient pas pris la même décision », juge Jasmin Felx.

Il tente d’établir la comparaison entre ce sport et une situation qui s’est déroulée lors de la Finale de Montréal l’été dernier. « Ils ont décidé de retirer les sports équestres de la Finale. C’est la Fédération qui l’a fait, pour différentes raisons. Personne ne m’en a parlé comme ça. Pour le basketball en fauteuil roulant, ça a créé quelque chose. Un émoi, une onde de choc. Et je trouve ça représentatif de ce sport qui est très humain », lance-t-il.

Un problème de développement

À ce jour, il appert que malgré les nombreuses réactions et demande de révision, Sports Québec et le comité maintiennent leur position.

Michelle Gendron est coordonnatrice aux communications chez Sports Québec. « Nous sommes évidemment sensibles aux réactions. Ça a soulevé une grosse vague d’émotions. Et à la suite des demandes de révision, nous avons pris le temps d’aller au fond du dossier. Nous avons évalué différentes hypothèses, mais la conclusion c’est que ça demeure trop compliqué », explique celle qui en sera à ses 40es Jeux du Québec comme responsable des communications. « La possibilité de transformer le sport en démonstration aurait été valide si le basketball en fauteuil roulant avait été en développement sur le territoire du milieu hôte. Ce n’est pas le cas. Il y a aussi le problème du recrutement et de développement dans ce sport. En 2011, il y avait six équipes. Mais à partir de là, ça a toujours été en régression. À quatre, il y avait une possibilité, mais à trois, ça ne va plus. Parasports Québec s’est rendue compte qu’elle devra donner un sérieux coup de barre en matière de développement », exprime Michelle Gendron, consciente de la déception des gens. « Pour 2019, nous sommes en évaluation et cette fois, nous trancherons un an avant la Finale. Nous allons statuer à ce moment », conclut celle qui dit que le milieu hôte de 2019 est toujours à déterminer.

À propos de l'auteur

Yanick Michaud

Directeur de l'information

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