Cri du coeur pour un meilleur transport adapté dans Soulanges

Les citoyens qui ont besoin d’un transport adapté dans Soulanges vivent une problématique particulière. Ils ne sont desservis adéquatement ni par le réseau de Valleyfield, ni par le réseau de Vaudreuil. Pierrette Gamelin lance un cri du cœur et un appel à l’action pour faire changer les choses. 

Pierrette Gamelin réside à Saint-Zotique. Elle a un fils à besoins particuliers, aujourd’hui âgé de 40 ans. Ce dernier occupe un poste dans un atelier de travail protégé au Métro Fordham, où il est grandement apprécié des employés et de la clientèle. Une véritable rock star dans son milieu de travail.

Toutefois, pour permettre à son fils d’avoir accès à des services de santé, à des événements de socialisation, à des activités de loisirs ou à des plateaux de travail, par exemple, Pierrette Gamelin s’est toujours buté à un obstacle de taille : l’incohérence et l’absence du transport adapté dans Soulanges.

Depuis maintenant 14 ans, Pierrette Gamelin se bat pour trouver une solution à un problème vécu par plusieurs familles dans Soulanges, et qui trouve ses racines dans la réalité géographique et juridictionnelle du secteur.

Une zone grise

En effet, le secteur de Soulanges tombe dans une catégorie « hors-zone », comme l’explique Pierrette Gamelin, rendant difficile l’accès aux services de transport adapté.

« En termes de taxation des services et de découpage électoral, Soulanges est avec Salaberry-de-Valleyfield. Notre transport adapté devrait provenir de là. Toutefois, en termes de commission scolaire et de services de santé, Soulanges est avec Vaudreuil. Il est donc impossible de profiter du transport de Valleyfield pour aller à Vaudreuil pour certains services, et vice versa », explique-t-elle.

Ainsi, les citoyens de Soulanges ne peuvent pas profiter d’un transport adapté pour se rendre au SRSORS ou au Parrainage civique de Vaudreuil-Dorion, par exemple, bien qu’ils paient pour le service de ces organismes.

La Commission scolaire assure l’encadrement des jeunes à besoins particuliers de la maternelle jusqu’à 18 ou 21 ans. Toutefois, comme l’indique Pierrette, rares sont ceux qui demeurent accrochés au système scolaire jusqu’à 21 ans. Une fois dans le monde adulte, le manque d’accès au transport adapté et supervisé devient un grand problème. « Ces enfants doivent être constamment stimulés, par le travail ou la socialisation, sinon ils régressent rapidement. Puisqu’ils ne peuvent pas se présenter aux locaux du SRSORS, ni à ceux du Parrainage civique, ces jeunes ne se développeront que si leurs parents assurent leur transport sur les lieux, et ce, tous les jours de la semaine », expose Pierrette.

La problématique a également une facette financière. En effet, pour bénéficier de certains services de santé comme l’ergothérapie ou l’orthophonie, certains bénéficiaires de Soulanges se voient dans l’obligation de payer un taxi. « Avec une entrée d’argent de 200 $ par mois pour se nourrir, se vêtir et se divertir, les bénéficiaires ne peuvent pas tout dépenser pour se déplacer. C’est insensé », explique Ginette Ouellet, propriétaire d’une ressource intermédiaire. Pour plusieurs familles, laisser tomber le salaire d’un des parents n’est pas non plus envisageable.

Des embûches quotidiennes

Différentes personnes qui côtoient cette réalité au quotidien joignent leur voix à Pierrette Gamelin dans le dossier du transport adapté dans Soulanges.

Pierrette Gamelin, Jeanine Boucher, Guillaume Daoust, Marie-Pierre Coutu-Chamberland, Ginette Ouellet, Colombe Savard et Jean Daoust unissent leur voix pour se faire entendre.

Ginette Ouellet, propriétaire d’une résidence intermédiaire de groupe en déficience intellectuelle de Saint-Zotique, et Jean et Guillaume Daoust, propriétaire de la Résidence Ferguson en santé mentale à Coteau-du-Lac, entre autres, appuient grandement la démarche de Pierrette Gamelin.

« Nous avons par exemple un bénéficiaire de 30 ans avec un trouble du spectre de l’autisme qui a repris ses études collégiales à Valleyfield. Il n’a malheureusement pas accès à un transport adapté à ses besoins et à son horaire. Cela devient un véritable casse-tête », explique Guillaume Daoust.

Pour sa part, Jeanine Boucher représente la voix des aînés de Soulanges dans ce regroupement citoyen. Elle se désole de la complexité des démarches pour les personnes âgées. « J’ai acheminé une demande de transport adapté à Valleyfield en octobre dernier et je n’ai toujours pas reçu le formulaire de demande. Je sais toutefois que ce formulaire comporte 7 pages à remplir, et que les informations doivent être corroborées par un médecin. Ce n’est pas facile pour les aînés de faire cela », dit-elle. Dans un contexte de vieillissement de la population, cette dernière s’inquiète qu’un nombre grandissant d’aînés nécessitant un transport adapté se bute à cet obstacle.

Du côté de Pierrette Gamelin et de Jeanine Boucher, un conseil revient souvent : celui de déménager plus près des ressources. « Les familles comme les aînés se bâtissent des réseaux, s’enracinent dans des communautés. On ne peut pas se déraciner comme ça », disent les deux femmes.

Ainsi, ces citoyens en quête de réponses ne baissent pas les bras et se mettent en mode solution. Déjà, leurs actions obtiennent d’importants appuis.

Établir les besoins

Dans le but de trouver des solutions sur mesure pour Soulanges, il importe d’abord de tracer un bilan de la situation. Pour ce faire, Pierrette Gamelin lance un appel de projet pour la réalisation d’une grande étude d’opportunité.

« Cette étude est absolument cruciale pour la région de Soulanges. Elle nous permettra de connaître les besoins et les attentes des utilisateurs. De là, il sera plus facile de faire avancer le dossier dans de plus hautes instances », lance d’emblée Pierrette.

L’Office des personnes handicapées du Québec, Le Parrainage civique Vaudreuil-Soulanges, Les Jonathans de Soulanges, Le Centre équestre thérapeutique Marie-Laurence de Sainte-Justine-de-Newton, Les Quatre Ruches de Salaberry-de-Valleyfield, la Résidence du Village de Saint-Polycarpe, la ressource intermédiaire Sénéchal de Rivière-Beudette, entre autres, et de nombreux usagers du transport adapté ont signé des lettres d’appui à la démarche.

Cette étude devrait coûter un peu moins de 50 000 $. Une demande de subvention initiée par la municipalité de Saint-Zotique au nom des municipalités de Soulanges qui voudront se joindre au projet est présentement en cours de réalisation auprès du gouvernement provincial. Les municipalités de Soulanges, soit Saint-Zotique, Rivière-Beaudette, Saint-Télesphore, Sainte-Justine-de-Newton, Très-Saint-Rédempteur, Pointe-Fortune, Rigaud, Sainte-Marthe, Saint-Clet, Coteau-du-Lac, Les Coteaux et Saint-Polycarpe devront payer l’autre 50 %, au prorata de leur population et de leur richesse foncière.

« Les municipalités de Soulanges doivent embarquer. Elles sont majoritairement favorables, bien qu’il reste un travail à faire à ce niveau-là », laisse savoir Pierrette Gamelin.

Appel à l’action

Lors de leur prochaine séance du conseil, les municipalités visées seront appelées à voter une résolution pour soutenir la démarche et participer à l’étude.

Pierrette Gamelin et les citoyens qui la supportent lance un appel à l’action : « Allez sur la page Facebook de votre ville et partager l’article. Exprimez-vous et dites qu’il est essentiel de réaliser cette étude. Téléphonez à vos élus. Assistez aux assemblées et soulevez ce point. On ne peut pas avancer sans ça, tout simplement. C’est essentiel pour les bénéficiaires du transport adapté dans Soulanges », conclut-elle.

À propos de l'auteur

Stéphanie Lacroix

Journaliste

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1 commentaire

  1. Pierre Boisvenue

    Il est important que les personnes handicapées puissent avoir accès a du transport adapté dams toutes les sphères de la vie : loisirs, travail, vie sociale etc..

    Répondre

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