Comment assurer la sécurité aux écluses de Pointe-des-Cascades ?

Il n’aura fallu que quelques jours de beau temps et de chaleur pour qu’une noyade survienne aux écluses de Pointe-des-Cascades cette année. Une fois de plus, le tragique incident ramène l’épineuse question de la sécurité du site sur la table pour les principaux acteurs impliqués.

L’équipe le plongeurs spécialistes de la SQ. PHOTO VIVA MÉDIA

Le 1er juin, en soirée, 5 jeunes hommes sont allés se baigner dans l’écluse de Pointe-des-Cascades.

Vers 22 h 45, l’un d’entre eux, âgé de 22 ans, a éprouvé des difficultés à la suite d’un saut, et n’est pas remonté à la surface. Les pompiers de Pointe-des-Cascades, soutenus par l’équipe du Service de sécurité incendie de Pincourt, ont été avisés rapidement. Des recherches ont été amorcées le soir même, à l’aide des caméras sonores de l’équipe de Pincourt. Malheureusement, ce premier ratissage n’a pas permis de retrouver le jeune disparu.

Le lendemain matin, une équipe de 3 plongeurs spécialisés de la Sûreté du Québec ont été dépêchés sur place pour poursuivre les recherches. L’un des plongeurs a indiqué qu’il s’agissait pour lui d’une 4e intervention au cours de sa carrière aux écluses de Pointe-des-Cascades. Grâce à leur expertise, les plongeurs avaient identifié en matinée deux sites précis de recherche, établis selon les courants. Ils ont rapidement retrouvé la jeune victime.

L’identité du jeune homme a été dévoilée peu de temps après. Il s’agit de Célestin Owona Otele, un jeune français d’origine camerounaise, venu faire des études au Québec.

Problématique récurrente

L’histoire semble se répéter chaque année. L’an dernier, après la noyade de Julian Espinosa Flores le 22 juillet, VIVA média avait réalisé un dossier sur le sujet.

Les principaux intervenants dans le dossier, soit la municipalité de Pointe-des-Cascades et le poste Vaudreuil-Soulanges Est de la Sûreté du Québec, avaient insisté sur le fait que la sécurité aux écluses demeure une priorité.

« Nos agents se rendent régulièrement sur place pour sensibiliser les gens qui s’y trouvent. Il y a aussi des bénévoles à vélo qui s’y rendent pour conscientiser les baigneurs sur les dangers réels de l’endroit », avait alors laissé savoir Jason Allard de la Sûreté du Québec, rappelant que dans la mesure de leur juridiction, ils ne peuvent émettre de constats d’infraction.

Réaction du maire

Échelle utilisée par les baigneurs. PHOTO VIVA

« On peut essayer de blâmer tout le monde, mais ça n’avance à rien. L’heure n’est pas à trouver des coupables, mais à travailler tous ensemble à trouver des solutions et à établir une vision commune », exprime d’emblée le maire de Pointe-des-Cascades, Gilles Sansterre.

Dans les jours qui ont suivi l’incident, le maire a rapidement convoqué le Ministère des Transports (MTQ), la Sûreté du Québec, le Service de sécurité incendie et la MRC de Vaudreuil-Soulanges a une rencontre d’urgence. « J’ai convoqué les principaux acteurs du dossier pour travailler à des solutions concrètes. La solution miracle n’existe pas, sinon, nous l’aurions déjà mise en place », expose-t-il.

Selon lui, des mesures dissuasives simples peuvent être mises en place. Par exemple, il suggère de ne garder que les trois ou quatre derniers barreaux de l’échelle qui mène de l’eau à la berge. De cette manière, il serait impossible pour les baigneurs téméraires de circuler aisément, mais il serait toujours possible de s’extirper de l’eau et d’attendre les secours en cas de chute.

Le maire soutient l’idée exprimée par plusieurs internautes sur les réseaux sociaux, selon laquelle une affiche portant les noms des blessés et des personnes décédées pourrait avoir un impact sur la témérité des baigneurs.

Réaction de Lucie Charlebois

« C’est d’une tristesse. J’aimerais offrir mes condoléances à la famille de ce jeune homme dans la fleur de l’âge », exprime d’emblée la députée de Soulanges, Lucie Charlebois.

À titre de députée de Soulanges depuis 2003, Lucie Charlebois explique qu’elle suit le dossier de près depuis longtemps. Rappelons que la municipalité de Pointe-des-Cascades fait partie du comté de Soulanges.

« Il y a eu un rapport du coroner en 2005. Ce dernier recommandait l’installation de murets de béton, de nouvelles clôtures de davantage d’affiches de baignade interdite. Le MTQ a répondu à la lettre aux demandes », dit-elle.

La députée laisse savoir qu’il est facile de jeter la balle dans le camp du MTQ, mais que dans les faits, ce n’est pas si simple. « Il y a des choses que l’on peut contrôler, d’autres non. Le défi et le risque attirent les jeunes », rappelle-t-elle.

Lucie Charlebois avance tout de même une piste de solution qui pourrait transformer l’aspect du site et empêcher les jeunes téméraires de sauter à l’eau. « Peut-être pourrions-nous, par exemple, effectuer des travaux pour adoucir la pente des rives de chaque côté du canal ? S’il y a une pente douce des deux côtés, les baigneurs ne pourraient plus sauter. C’est une solution, mais cela affecterait l’aspect patrimonial du canal », nuance-t-elle. Elle ajoute également que le MTQ compte ajouter de l’affichage prochainement.

La députée de Soulanges confirme que des discussions sont en cours entre le MTQ et les quatre municipalités qui bordent le canal, dans le but de parler de l’infrastructure en général. La question de la sécurité aux écluses sera certainement abordée.

« Il faut que j’insiste de nouveau sur la prudence. Soyez vigilants et ne mettez pas votre vie en jeu », conclut Lucie Charlebois.

Du côté du MTQ

Karine Abdel, du MTQ, a répondu aux questions de VIVA média. « Le MTQ souhaite d’abord offrir ses sympathies à la famille », a exprimé d’emblée la porte-parole.

À la suite du rapport du coroner en 2005, le MTQ a répondu à l’ensemble des recommandations. « Le ministère a procédé à la réparation de clôtures et à l’ajout d’affiches en périphérie du bassin 1. Également, dans les deux dernières années, nous avons ajouté de nouvelles clôtures, des murets de béton et des poteaux et chaînes pour éviter les chutes accidentelles », explique-t-elle, rappelant qu’en raison de la topographie du site, il est impossible de procéder à l’installation d’une clôture étanche.

Malheureusement, les patrouilleurs du MTQ qui se rendent sur les lieux chaque semaine, tout au long de l’année, constatent fréquemment que les murets de béton sont poussés, voire même jetés dans l’eau, et que les clôtures sont coupées. Ces patrouilleurs s’assurent également de la visibilité des quelques 20 à 25 panneaux de baignades interdites sur le site. En cas de besoin, ils sont remplacés en 1 à 3 jours. Le MTQ compte d’ailleurs en ajouter 10 à 15 cette semaine.

« De plus, nous sommes en contact avec les 4 municipalités qui longent le canal Soulanges. Une rencontre sera prochainement tenue avec la MRC de Vaudreuil-Soulanges pour aborder la sécurité en lien avec le canal », ajoute Karine Abdel.

« À l’approche de l’été, le MTQ rappelle l’importance de la prudence sur les cours d’eau et à proximité des plans d’eau. Il est important de respecter les consignes de sécurité et de ne pas s’aventurer dans les endroits interdits », conclut-elle.

 

À propos de l'auteur

Stéphanie Lacroix

Directrice de l'information

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