Boisé Rousseau : « Seul le Ministère pourra agir dans ce dossier », – Michel Perrier, DG, Ville de Pincourt

Même si elle encourage les citoyens à poursuivre leur mobilisation et leurs études environnementales indépendantes, la Ville de Pincourt demeure catégorique dans le dossier de la forêt Rousseau : seule une intervention initiée par le Ministère de l’Environnement peut sauver le boisé.

Boisé Rousseau

Une cinquantaine de citoyens ont assisté le 12 juin à la séance du conseil de la Ville de Pincourt ; la majorité y était dans la foulée du dossier de la forêt Rousseau.

Bien que la Ville de Pincourt ait clairement exprimé lors de la dernière séance qu’elle n’avait aucune marge de manœuvre en raison de la règlementation et du fait qu’elle n’était pas propriétaire du site, ces citoyens comptent aller jusqu’au bout pour sauvegarder cet ilot naturel.

Plusieurs d’entre eux se sont présentés au micro à la période de questions, exprimant une vive incompréhension et une certaine désillusion par rapport à l’impact réel de l’opinion publique.

« Pourquoi n’avons-nous pas eu notre mot à dire dans ce dossier? Ce sont nous, les citoyens, qui sommes la ville de Pincourt, et nous ne voulons pas de ce projet. Ce n’est pas ça la démocratie », a brillamment exprimé une jeune étudiante.

« Les choses ont changé depuis 40 ans. La valeur de ce boisé est beaucoup plus importante aujourd’hui. Les gens n’en veulent pas de ce projet, le comprenez-vous? Je ne peux pas croire que rien ne peut être fait sur le plan politique », a exprimé un autre citoyen.

Contre-expertise

Michel Pilon et sa conjointe habitent sur Place Rousseau depuis plusieurs années. Le boisé de 270 000 pieds carrés borde l’arrière de leur propriété.

Aux côtés d’autres citoyens du secteur, Michel Pilon mène cette bataille pour la protection de l’environnement et pour la conservation d’une certaine qualité de vie à Pincourt.

Comme les autres citoyens mobilisés, Michel Pilon doute de la validité des études sur lesquelles le Ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC) s’est basé pour émettre ses certificats d’autorisation au promoteur Samuel Ménard.

Le groupe citoyen est donc allé de l’avant et a commandé des études indépendantes. Deux biologistes sont présentement à l’œuvre pour la réalisation de rapports distincts.

Résultats préliminaires

Bien que les études soient encore en cours de réalisation, l’un des deux spécialistes a déjà identifié la forêt Rousseau comme un écosystème rare de grande valeur, selon ce que rapporte Michel Pilon.

En effet, le scientifique a indiqué au citoyen de Pincourt qu’il s’agit d’une forêt de type carolinienne, un type de forêt que l’on voit rarement si haut au nord. Selon lui, le boisé abrite 56 espèces de plantes, 25 espèces d’oiseaux résidents et migrateurs, 2 espèces de salamandres, 3 espèces de couleuvres et au moins deux espèces de tortues, entre autres. Il aurait également pu confirmer la présence de la grenouille appelée Green Chorus Frog, une espèce en situation précaire.

Un rapport préliminaire devrait être déposé par le biologiste d’ici une ou deux semaines.

Ouverture du conseil

Au cours de la séance du 12 juin, le directeur général de la Ville de Pincourt Michel Perrier a encouragé les citoyens à lui partager tout document pouvant faire bouger le MDDELCC.

« Il est très intéressant de voir que d’autres biologistes réalisent des études. Il est important de nous soumettre cette documentation. La Ville de Pincourt n’a pas le pouvoir de remettre en question les certificats déjà émis du ministère. Toutefois, nous pouvons leur faire parvenir les informations supplémentaires », a-t-il laissé savoir. Et d’ajouter : « On ne travaille pas contre vous. On travaille pour l’ensemble de la communauté ».

De plus, le conseil municipal a insisté sur le fait qu’aucuns travaux ne pourront être amorcés dans ce secteur avant le 1er octobre, en raison de la refonte d’un règlement municipal. Ce processus administratif offre un laps de temps supplémentaire au groupe citoyen pour la réalisation et le dépôt des études de contre-expertise, et pour une éventuelle intervention du MDDELCC.

« Le conseil a semblé réceptif à nos demandes et j’ai senti une certaine ouverture. J’ai confiance au rapport du biologiste et nous allons le soumettre à la Ville. Je suis content de savoir qu’aucuns travaux ne se feront avant octobre. C’est un nouvel aspect que l’on a appris ce soir », a partagé Michel Pilon à l’issue de la séance.

Du côté du MDDELCC

Rappelons que le MDDELCC avait répondu aux demandes d’information de VIVA média au mois de mai par ce paragraphe, indiquant que tout était conforme dans le cas du boisé Rousseau, et qu’il ne comptait pas réaliser de contre-expertise :

« Il appartient au demandeur [le promoteur Samuel Ménard] de réaliser les caractérisations fauniques et floristiques du site visé par son projet.

Cette caractérisation doit être produite par un professionnel au sens de l’article 1 du Code des professions ou un titulaire d’un diplôme universitaire en biologie, en sciences de l’environnement  ou en écologie du paysage.

Le Ministère de l’Environnement s’assure que les travaux d’inventaire et la caractérisation des milieux humides respectent la méthodologie et l’effort d’inventaire exigible en vertu du guide d’Identification et de délimitation des milieux humides du Québec méridional. De plus, il valide à partir de ces outils géomatiques la concordance des informations soumises avec les éléments d’information qu’il possède ».

À propos de l'auteur

Stéphanie Lacroix

Directrice de l'information

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