Andréane et son rêve des étoiles

Andréanne Vidal a vu beaucoup de pays au cours des deux dernières décennies dans l’armée.

Andréane Vidal a toujours rêvé d’aller le plus haut possible. Et son rêve de toucher les étoiles pourrait se réaliser un jour ou l’autre.

La Vaudreuilloise de 36 ans fait partie des 72 candidats toujours en lice pour l’obtention d’un des deux postes de futur astronaute canadien. « Ultimement, l’été prochain, l’Agence spatiale canadienne sélectionnera deux nouveaux astronautes. Ils rejoindront les deux astronautes actuels, soit le Québécois David St-Jacques et le Canadien Jeremy Hansen, qui sont en service actif depuis 2009 », explique la jeune femme, officier des Forces armées canadiennes depuis une vingtaine d’années. L’une de ces deux personnes pourrait être elle-même. Mais d’ici juillet, il reste énormément d’étapes à franchir.

Toute une odyssée

Andréanne amorce sa scolarité dans Vaudreuil-Dorion. Elle a fréquenté l’école Sainte-Trinité, puis Saint-Jean-Baptiste. Elle a fait son secondaire à la Cité-des-Jeunes, comme la majorité des adolescents de Vaudreuil-Dorion.

Elle a ensuite emprunté le chemin des Forces armées canadiennes. « J’ai décidé de faire mon baccalauréat en génie chimique à Kingston, au Collège militaire royal. Je voulais être officier et je devais en ce sens avoir mon bac. Mon métier militaire était d’être parmi le personnel navigant. Je voulais être pilote. Mais avec les méandres de la vie, un jour je suis devenue navigatrice aérienne. J’ai suivi la formation à Winnipeg et après la graduation, j’ai amorcé ma carrière en Nouvelle-Écosse en 2003 », explique sommairement celle qui n’avait jamais perdu l’idée de travailler dans son domaine, la chimie. « Ça me chicotait constamment. Je l’avais en tête », dit-elle.

Réorienter sa carrière

Après de nombreuses et longues réflexions, Andréanne décide de changer de cap. « Je travaille pour la défense d’incident impliquant des armes chimiques. Mes tâches consistent à déterminer les lacunes dans l’équipement et les procédures afin que mon unité puisse remplir son mandat, soit de mettre à la disposition du gouvernement du Canada une capacité d’intervention souple, rapide et spécialisée dans le cas d’incidents chimiques, biologiques, radiologiques ou nucléaires », rien de moins pour la Vaudreuilloise qui déménage constamment.

Elle est réaffectée aux 3 ou 4 ans. « Ce sont des mutations pour acquérir des habiletés différentes. Et ça peut servir effectivement. Tout notre parcours entre en ligne de compte », juge celle qui pourrait encore une fois voir sa vie changer sous peu.

Viser les étoiles

En juillet 2016, celle qui demeure actuellement en Ontario voit une opportunité d’aller encore plus loin. Encore plus haut.

« J’ai vu la campagne de recrutement de l’Agence spatiale et je me suis dit : Pourquoi pas moi? », lance la jeune femme.

Ainsi, elle remplit les formulaires de recrutement, les questionnaires et son curriculum vitae. « Ça a été tout un travail. Il ne s’agit pas d’un CV de deux pages. Il faut faire savoir tout ce qu’on peut faire, tout ce qu’on a fait. C’est un travail d’introspection intense. J’ai mis une trentaine d’heures là-dessus l’été dernier. Avec vingt ans dans les Forces armées canadiennes, tu en fais des choses », explique Andréane Vidal.

De l’académique, aux loisirs, en passant par les nombreuses réussites, les expériences, les voyages, il faut retourner loin en arrière. « Par exemple ma certification de plongée en eau libre. Ça pourrait m’aider. Les exercices des astronautes se font souvent dans l’eau », affirme-t-elle.

Après ce méticuleux travail, elle fait parvenir son dossier en août. Tout comme 7000 autres personnes.

« Ils en ont reçu énormément, mais ils ont décidé d’en conserver 3772. C’était avant même la première rencontre avec les recruteurs. Mais ils regardent les certifications d’études et d’expériences adéquates. Puis ils nous convoquent pour les examens. Nous sommes 1706 à avoir survécu à cette nouvelle coupure », dévoile celle qui a, depuis, subi une nouvelle analyse de dossiers. 163 candidats ont franchi l’étape.

À ce moment, les examens médicaux et les rencontres personnelles étaient à l’ordre du jour. « Ils en ont sélectionné 72 au début du mois de février et c’est à cette étape que nous sommes rendus. Il y a 32 % de femmes et 68 % d’hommes à ce jour », révèle celle qui a rencontré ses pairs à quelques reprises depuis. « C’était irréaliste. Tu te rends compte que finalement, tout le monde est très qualifié. Les responsables recherchent des gens qui sont capables de faire toutes sortes de choses et tous les autres sont capables faire toutes sortes de choses », rigole Andréanne qui a subi de nombreux autres tests depuis. Rien n’est pris à la légère. Des tests de personnalité, des tests physiques, de QI, de jugement. « Tu ne peux pas tricher, tu dois performer et donner le meilleur de toi », dit-elle. Elle prétend toutefois que l’atmosphère à l’intérieur du groupe est agréable malgré le stress. Il n’existe pas un esprit de compétition malsain.

Nouvelle surprise sous peu

Évidemment, Andréane et sa famille suivent le processus de près. Mais il reste de nombreuses étapes. « Nous saurons au début du mois de mars si nous sommes encore dans la course. Je me croise les doigts. Les candidats retenus devront passer d’autres sélections, pour aboutir à deux personnes en juillet », rapporte-t-elle. Ces deux personnes seront les deux prochains astronautes canadiens. Ils doubleront l’effectif actuel.

« Les deux astronautes sélectionnés entreprendront leur formation en août à Houston au Texas et ce sera leur métier d’être astronaute. J’aimerais bien que ce soit moi », conclut la sympathique femme dont le rêve est d’aller plus loin et qui pourrait, à force de travail, le réaliser sous peu.

À propos de l'auteur

Yanick Michaud

Directeur de l'information

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