Agressions sexuelles: Un homme peut-il être victime?

« Un garçon ne peut pas se faire abuser sexuellement. Si un garçon ou un homme a ressenti du plaisir ou a eu une érection, c’est parce qu’il était consentant. Une femme qui agresse un garçon, c’est une initiation à la sexualité. Un homme ne doit pas pleurer et se plaindre… Il y a encore énormément de mythes qui circulent et ça fait en sorte que l’homme va avoir beaucoup de difficulté à en parler », explique Victoria Lipinskaia, sexologue au Criphase, un organisme pour hommes abusés sexuellement à l’enfance.

Elle aide les hommes qui ont été abusés sexuellement à l’enfance à mieux comprendre les conséquences des abus, à trouver des moyens pour aller mieux et reprendre le pouvoir sur leur vie. Son organisme est basé à Montréal, mais il reçoit des hommes des banlieues puisqu’il y a encore peu de ressources pour eux en région.

Le Criphase se spécialise dans les abus sexuels à l’enfance, c’est le seul dans la région de Montréal. Un homme vivant du harcèlement sexuel au travail ou une agression sexuelle à l’âge adulte aura de la difficulté à trouver un organisme pour l’aider comme le fait le CALACS La Vigie avec les femmes. De mémoire, Victoria Lipinskaia ne connaît pas d’organisme de la sorte au Québec.

« Les hommes aussi ont besoin d’aide, mais les seuls organismes c’est les CALACS dans la majorité des régions du Québec. Ils aident les victimes d’agression sexuelle, mais très peu offrent des services pour les hommes aussi », déplore la sexologue.

Les hommes qui s’adressent au CALACS La Vigie sont dirigés vers le CLSC. Les hommes peuvent aussi s’adresser aux CAVAC, les centres d’aide aux victimes d’actes criminels. Ces centres sont là pour aider les gens à en surmonter les conséquences psychiques, psychologiques et sociales. Le siège social du CAVAC de la Montérégie est situé à Longueuil, mais un point de service est situé au palais de justice de Salaberry-de-Valleyfield.

Intervention différente

Les hommes ont beaucoup de difficulté à en parler. Victoria Lipinskaia avance que les hommes attendent en moyenne 40 ans avant de dévoiler une agression sexuelle commise dans l’enfance. L’intervention au niveau des hommes est bien différente de celle envers les femmes.

« Un homme arrive dans un bureau de thérapeute avec beaucoup de rage et d’agressivité alors qu’une femme arrive dans la tristesse. Cette rage peut faire peur au thérapeute et c’est plus difficile de comprendre ce qui se passe derrière la rage. On va travailler sur la rage et les symptômes, mais c’est plus difficile d’avoir accès à la blessure profonde des hommes. Le système d’intervention de relation d’aide a été créé pour les femmes, mais la façon dont les hommes gèrent leurs émotions est différente », souligne Victoria Lipinskaia, d’où l’importance d’adapter les manières d’intervenir selon le sexe de la victime.

 

Ils peuvent vous aider :

Le Criphase
514 529-5567
www.criphase.org

CALACS La Vigie
450 371-4222

CAVAC Montérégie
450 670-3400

Point de service du palais de justice
450 370-4029

À lire aussi:

Le courage de dénoncer

Ça nous concerne 

Éditorial: Prendre son courage à deux mains et parler

À propos de l'auteur

Vous aimerez également

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Publicité
En savoir plus
PUBLICITÉ