Un saut de plus vers le sommet

Jean-Christophe en plein vol au-dessus de la troisième piste la plus difficile au monde à la station Val-Saint Côme.  © Photothèque
Jean-Christophe en plein vol au-dessus de la troisième piste la plus difficile au monde à la station Val-Saint Côme.
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Un jeune skieur lazarois à l’avenir prometteur

Fougueux, passionné et persévérant, Jean-Christophe Nadeau ne vise rien de moins que le podium olympique. Le skieur acrobatique de 16 ans connaît jusqu’à maintenant un parcours semblable à celui de nos Québécois couronnés d’or et d’argent à Sotchi.

Il n’y a pas à dire, le Québec se démarque admirablement en ski acrobatique, dans la discipline des bosses, sur la scène internationale. Les sœurs Dufour-Lapointe chez les femmes et les Bilodeau et Kingsbury chez les hommes ont enveloppé la province d’une épaisse couche de fierté. Du haut de ses 16 ans, Jean-Christophe Nadeau, de Saint-Lazare, s’inspire de ces athlètes et rêve d’atteindre les mêmes sommets. Dans son entourage, on est unanime : il est sur la bonne voie.

Déjà, l’adolescent peut se vanter d’avoir récolté 16 médailles d’or dans le cadre de compétitions régionales et provinciales. Il a également obtenu une place au sein de l’Équipe du Québec en 2012.

Une chaîne de télévision s’est même intéressée à son parcours la semaine dernière. Dans le cadre d’une émission mettant en lumière le sport amateur, Jean-Christophe a été interviewé sous les projecteurs et les caméras durant l’un de ses entraînements au club de trampoline Acrosport Barani, situé à Laval. Si le jeune athlète intéresse déjà les médias, c’est qu’il possède un potentiel immense pour accomplir des exploits comme ceux des Québécois aux Jeux olympiques.

À l’animatrice de l’émission, Jean-Christophe raconte son parcours. « J’ai commencé ce sport à l’âge de sept ans. Au début, je me suis classé pour les régionaux, ensuite ce fut les provinciaux et dernièrement je me suis qualifié pour un championnat nord-américain. C’est un niveau très fort, tout juste en dessous des championnats mondiaux », explique-t-il, visiblement heureux de faire l’objet d’un reportage.

Sa mère, toujours présente pour le soutenir et l’encourager, l’observe, un sourire aux lèvres et le regard rempli de fierté. « Ça lui demande beaucoup de discipline et de sacrifices, mais il le fait toujours avec plaisir. Ce n’est pas un fardeau pour lui de venir s’entraîner; il en veut toujours plus », confie-t-elle.

L’entraînement de Jean-Christophe ce jour-là n’avait pas lieu sur les pistes enneigées, mais plutôt sur de grandes toiles élastiques. Comme l’explique son entraîneur de trampoline, Alexandre Martel, ce type de préparation est indispensable avant de s’exécuter sur la neige. « Un salto arrière reste le même saut qu’il soit fait sur trampoline ou sur la neige, c’est seulement la surface de départ qui change, cite-t-il en exemple. Le trampoline permet au skieur de sortir de sa zone de confort et de pratiquer les sauts qu’il reproduira sur les pistes. Ces entraînements personnalisés aident les athlètes à évoluer. »

Lors d'un entraînement au club de trampoline Acrosport Barani en compagnie de son entraîneur, Alexandre Martel. © Jessica Leblanc
Lors d’un entraînement au club de trampoline Acrosport Barani en compagnie de son entraîneur, Alexandre Martel.
© Jessica Leblanc

Une discipline, un mode vie

Pour franchir les échelons du sport amateur vers celui professionnel, Jean-Christophe a fait du ski un mode de vie. Il n’épargne aucun effort. En plus de ses entraînements sur trampoline, il doit jumeler ceux en gymnase, sur les rampes d’eau et sur les pistes de ski pour ensuite participer à plusieurs compétitions. « Ma discipline implique beaucoup d’investissement. L’été je dois m’entraîner cinq fois semaine et l’hiver trois ou quatre, en plus des compétitions. »

Si la plupart des jeunes de son âge attendent impatiemment l’arrivée du week-end et des vacances d’été pour s’amuser entre amis, Jean-Christophe, lui, doit constamment prioriser son entraînement. Douze mois par année. Mais ce n’est pas un problème pour lui : du ski, il en mange!

Comme si son entraînement de base n’était pas suffisant, l’adolescent en demande plus. Il est animé par un désir immense de se classer un jour parmi les meilleurs au monde. Son entraîneur de trampoline l’a rapidement constaté. « La Fédération de ski du Québec prévoit deux sessions de groupe de trampoline, une à l’automne et une à la fin des entraînements sur piste, explique Alexandre Martel. Jean-Christophe a décidé, en plus des sessions de groupe, de suivre des cours privés. Il n’arrête jamais. »

Le Lazarois de 16 ans a beau posséder toute la détermination du monde, si ses parents ne se rallient pas autour de son rêve, il ne peut y arriver seul. Depuis ses tout premiers débuts, il a la chance de compter sur le soutien de sa famille. Sa mère, Sophie Vaillancourt, transporte son fils d’un entraînement à l’autre, d’un mont de ski à l’autre, d’une compétition à l’autre. Heureusement, elle le fait avec le plus grand bonheur. « Ça n’a jamais été un sacrifice pour moi. Je me dis que, tant que mon fils le fait avec passion, ce sera un plaisir de l’amener à tous ses entraînements et de l’encourager », assure-t-elle.

En plus de l’investissement de temps et d’énergie, il y a l’aspect pécuniaire. Les compétitions et les entraînements coûtent environ 15 000 $ par année en dépenses pour la famille. Les commanditaires deviennent donc cruciaux pour que le jeune athlète poursuive son rêve. Il peut actuellement compter sur quelques entreprises de Vaudreuil-Soulanges qui lui ont offert leur appui.

« Les commanditaires sont extrêmement importants pour moi, soutient Jean-Christophe. Cet été, j’ai suivi un camp d’entraînement en France pendant trois semaines. J’ai également participé à des compétitions dans l’Ouest canadien et je compte m’y rendre à nouveau à la fin de l’été. Sans les commanditaires, tout ça ne serait pas possible. »

Le Lazarois Jean-Christophe Nadeau pose fièrement après avoir raflé une médaille d’or dans le cadre d’une compétition provinciale au Massif, le 26 janvier dernier.   © Photothèque
Le Lazarois Jean-Christophe Nadeau pose fièrement après avoir raflé une médaille d’or dans le cadre d’une compétition provinciale au Massif, le 26 janvier dernier.
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De beaux modèles d’inspiration

Alors que les Jeux olympiques battent leur plein en Russie, entre ses nombreux entraînements Jean-Christophe trouve le temps de regarder les skieurs québécois exécuter leurs exploits. « Un jour ce sera moi », doit-il se dire intérieurement. Il observe ces modèles québécois et étudie leurs exécutions. « C’est un bon feeling pour moi de les regarder; j’observe comment ils font. On voit que l’avenir du ski acrobatique est au Québec. Notre province est très forte à travers le monde. Je trouve ça vraiment cool », admet-il les yeux pleins d’espoir.

Si les skieurs québécois font aussi bonne figure à Sotchi, c’est qu’ils ont les meilleures conditions au Québec pour se préparer, estime Jean-Christophe. « Nous avons des conditions très difficiles au Québec, alors on est préparés au pire. À Val-Saint-Côme par exemple, il y a une belle piste de bosses, la troisième plus difficile au monde. »

S’il aspire à atteindre les mêmes sommets que ses modèles, Alexandre Bilodeau et Mikaël Kingsbury, le Lazarois est bien parti. Tout comme ses confrères, il a commencé son entraînement à Mont Saint-Sauveur. Il suit d’ailleurs un programme d’entraînement similaire.

Son entraîneur de trampoline est le même que celui de plusieurs champions québécois olympiques tant féminins que masculins. Alexandre Martel relève chez Jean-Christophe la fibre du champion : « JC a un rêve, celui de se joindre à l’équipe nationale et de participer aux Jeux olympiques. Il a les capacités que je pourrais comparer à celles de Mikaël Kingsbury lorsqu’il était plus jeune. Il est assurément sur la bonne voie. »

Le plus grand exploit du jeune athlète jusqu’à présent? S’être classé 18e au Canada toutes catégories confondues l’an dernier. Il poursuit ses efforts en gardant en tête son ultime objectif : une médaille d’or olympique. « Je rêve de participer aux Jeux de 2018 en Corée du Sud. Et un jour j’aimerais gagner une médaille d’or… ou deux, ou trois », confie Jean-Christophe, le sourire fendu jusqu’aux oreilles, pour qui l’ambition n’a pas de limite.

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