Pacioretty échangé : Bergevin aura pressé le citron au maximum

Il y a à peine deux semaines, j’écrivais que le Canadien se devait de se départir de Max Pacioretty. Dans la nuit de dimanche à lundi, le directeur général Marc est passé à l’acte en l’expédiant aux Golden Knights de Vegas. En retour, Montréal met la main sur un choix de deuxième ronde, un espoir de premier plan en Nick Suzuki (13e choix au total au repêchage de 2017) et l’attaquant Tomas Tatar.

J’étais un peu nerveux d’apprendre ce que le Tricolore pouvait obtenir contre son capitaine. Le 2 août dernier, les Hurricanes de la Caroline ont échangé leur tireur d’élite, Jeff Skinner, aux Sabres de Buffalo. En retour, ils faisaient l’acquisition de l’attaquant Cliff Pu (un espoir de type B) et des choix de deuxième, troisième et sixième tour. Un retour peu satisfaisant, surtout en sachant que Skinner est un excellent comparatif pour Max Pacioretty.

Je ne sais pas combien de temps ont duré les négociations, mais ce qu’on sait, c’est que la transaction était conditionnelle à ce que Pacioretty s’entendent avec Vegas sur les termes d’un nouveau contrat. Bergevin a d’emblée mis la main sur un autre choix au repêchage parmi les 62 premiers ; un pas vers l’avant dans la cure de rajeunissement de l’équipe.

En Tomas Tatar, le Canadien ajoute un marqueur de 20 buts lors des quatre dernières saisons. Il fait également l’acquisition de l’une des bonnes paires de mains de la LNH. Tatar en a déçu quelques-uns l’an dernier lorsque les Golden Knights en ont fait l’acquisition à fort prix via les Red Wings de Detroit (8 points en 28 matchs si on combine la saison régulière et les séries), mais il est un marqueur de séquence. Autant fera-t-il la joie des partisans certains soirs, autant il les fera rager par son manque de constance sur la patinoire. Chose certaine, il se greffera instantanément au top 6 offensif du Canadien et prendra la place de Pacioretty dans la formation à court et moyen terme. Vegas retiendra un faible pourcentage du salaire de Tatar, c’est donc dire que Montréal devra verser 4,8 millions de dollars à son nouvel attaquant lors des trois prochaines saisons. La Sainte-Flanelle a beaucoup d’espace sous le plafond salarial et ne devrait pas s’inquiéter de cet aspect.

Nick Suzuki est la pièce maîtresse de cette transaction. Petit, rapide et extrêmement talentueux, il pourrait devenir une arme de premier plan à Montréal d’ici quelques années. Même s’il évolue au centre avec Owen Sound dans le circuit junior ontarien, je pense que sa place sera à l’aile droite chez les professionnels. Le manque de droitiers talentueux se fait sentir à Montréal et ses deux dernières saisons (96 et 100 points) font de lui un espoir de premier plan dans la banque du Canadien. Ryan Poehling, Jesperi Kotkaniemi et lui représentent le futur du Tricolore en attaque.

Bref, seul l’avenir nous dira si Marc Bergevin a réalisé un coup de génie, mais force est d’admettre qu’il s’en sort très bien pour un homme qui avait les mains liées avec un dossier de joueur insatisfait dans le marché.

Renaud Bourbonnais, chroniqueur sportif 

Originaire de Notre-Dame-de-l’Île-Perrot, Renaud Bourbonnais a quitté la région en 2015 afin d’étudier en journalisme dans la capitale canadienne.

À Ottawa, il est attitré à la couverture du Rouge et Noir (LCF) depuis 2017 pour la station de radio francophone UniqueFM.

En 2018, ses responsabilités augmenteront alors qu’il couvrira les activités des Sénateurs dans la LNH.

À propos de l'auteur

Stéphanie Lacroix

Directrice de l'information

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