Les citoyens devront faire preuve de patience

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Report de l’entrée en vigueur de la Loi 41

À quelques jours de l’entrée en vigueur de la Loi 41, qui élargit le champ d’action des 8 300 pharmaciens du Québec, le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec reporte sa mise en application à une date ultérieure.

Les citoyens de la région de Vaudreuil-Soulanges et de l’ensemble du Québec attendaient la mise en vigueur de la Loi 41, prévue le 3 septembre.

Cette loi allait permettre la mise en place de sept nouveaux services en pharmacie, de façon à augmenter le champ d’action des effectifs de premières lignes et de désengorger le système de santé.

Avec l’arrivée de ces nouvelles tâches professionnelles, les pharmaciens allaient, entre autres, être en mesure de prolonger ou d’ajuster une ordonnance pour une meilleure gestion des interactions, de prescrire un traitement médicamenteux pour une condition mineure diagnostiquée récemment par un médecin traitant ou pour une condition ne nécessitant pas de diagnostic, d’administrer un médicament aux patients ou de prescrire et d’interpréter des analyses de laboratoire, dans le but exclusif de surveiller la thérapie médicamenteuse.

Ces nouveaux services, qui augmentent les responsabilités des pharmaciens et obligent les équipes sur le terrain à développer des outils et des stratégies d’intervention nouvelles, s’accompagneront d’honoraires prédéterminés lors de leur mise en application.

Report confirmé de la Loi 41

Tout juste cinq jours avant la mise en vigueur de ladite loi, le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec a annoncé en ces termes dans un communiqué que son application était reportée : « Une nouvelle date de mise en application de la Loi sera ultérieurement déterminée par le gouvernement. »

En effet, les négociations entre l’Association des pharmaciens propriétaires et le gouvernement provincial au sujet des honoraires et des régimes d’assurances pour le remboursement des nouvelles activités forcent la poursuite des débats. Le ministre Réjean Hébert affirme que « le report s’impose de lui-même dans les circonstances ».

L’Ordre des pharmaciens du Québec, conscient que la Loi 41 ne résoudra pas l’ensemble des problèmes du système de santé, a tout de même tenu à demander aux deux parties concernées dans les négociations de viser des compromis rapidement, car « les nouvelles activités des pharmaciens font définitivement partie d’une solution concrète pour les patients ».

Sur le terrain

Les citoyens qui suivaient ce dossier avec intérêt ne seront certes pas étonnés de cette annonce. En effet, le ministre avait déjà évoqué la possibilité d’un report au cours des dernières semaines, en raison des négociations qui se poursuivent. Dans le cadre de ces débats, les pharmaciens souhaitent faire valoir avec raison que le changement de leur réalité professionnelle doit s’accompagner de nouvelles sources de revenus pour assurer un service optimal de qualité, et que les régimes d’assurances appropriés doivent être concernés.

Sur le terrain, les pharmaciens entretiennent également de fortes réserves sur la façon de mettre en marche ces nouvelles réalités professionnelles.

Avant même d’apprendre le report de la Loi 41, le 29 août, des pharmaciens propriétaires de la région de Vaudreuil-Soulanges consultés par les Hebdos du Suroît avaient émis ces réserves quant à la viabilité de ces nouvelles réalités : « Nous sommes encore dans une phase de questionnement et d’incertitude. Quelles seront les retombées sur l’organisation de nos équipes de travail? Comment gérer la hausse des demandes? Il faudra que les citoyens soient patients et qu’ils laissent le temps aux choses de s’installer », a indiqué Marie-Josée Mercier, de la pharmacie Jean-Coutu Vaudreuil-Dorion du boulevard Harwood.

Même son de cloche chez Michel Vinet du Familiprix à Coteau-du-Lac. « Il ne faut pas que les citoyens entretiennent des attentes que nous ne pourrons pas atteindre, a-t-il dit. Un grand travail d’éducation devra être réalisé pour qu’ils comprennent bien nos champs d’action. De plus, ils doivent s’attendre à payer des honoraires pour que nous puissions offrir ces nouveaux services au meilleur de nos capacités. »

Un projet qui mobilise

Après avoir appris le report de la loi, Michel Najm de la Pharmacie Brunet d’Hudson affirme que ce sursis est une bonne nouvelle pour les pharmaciens, car cela leur permet de demeurer à la table de négociations. « Après avoir voté la loi en 2011, les pharmaciens propriétaires et les membres du gouvernement se sont retrouvés à la table de négociations, a-t-il expliqué. Nous avons alors compris que le gouvernement était déconnecté des réalités du milieu; nous ne sommes pas du tout sur la même longueur d’onde. Augmenter nos responsabilités et nos champs d’action nécessite une hausse des frais d’exploitation et une plus grande charge de travail, et donc des frais supplémentaires. Il y a beaucoup d’improvisation à ce niveau de la part du gouvernement, qui pourrait ainsi créer des précédents conflictuels. »

Ce pharmacien souhaite parler au nom de ses collègues professionnels en rappelant que, pour eux, l’élargissement de leur champ d’action représente une occasion stimulante et positive de mieux intervenir auprès des patients. « Il s’agit d’un idéal pour un pharmacien de pouvoir enfin en faire plus, a-t-il précisé. Nous avons vraiment à cœur la Loi 41. Nous souhaitons simplement que son application se fasse correctement, dans le respect de toutes les parties concernées. »

À propos de l'auteur

Stéphanie Lacroix

Journaliste

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