L’art de vivre à la Jackie Paquet

Une grande tablée pour les repas, des petits plats cuisinés maison, la jetée molletonnée pour regarder la télévision et les balançoires sur le balcon pour jaser en regardant les passants…
Ce n’est qu’un aperçu de l’atmosphère chaleureuse qui règne dans la ressource de type familial Art de vivre, située à Vaudreuil-Dorion et dirigée par la jeune propriétaire Jackie Paquet, âgée de 27 ans.

Propriétaire depuis janvier 2017, Jackie Paquet est des plus familières avec l’endroit. C’est sa mère et son beau-père qui ont acheté la maison, en 2008, et ont parti cette ressource hébergeant des aînés vivant avec des problèmes cognitifs. Jackie Paquet s’y implique depuis le début et s’occupe de la ressource au complet depuis trois ans. Elle fait un peu partie des meubles. Elle est non seulement propriétaire et un visage connu par ses résidents, mais aussi une colocataire puisqu’elle habite sur les lieux.

« Ça fait trois ans qu’on est ensemble mon conjoint et moi. Et confidence : c’est mon premier chum. Avant lui, quand je disais que j’habitais dans une résidence de personnes âgées, les gars hésitaient. Mon chum et moi on envisage d’avoir des enfants. Je me vois très bien vivre avec mes enfants parmi les aînés », dévoile d’emblée la propriétaire.

Un nouveau chez-soi

La ressource de type familial se veut un milieu de vie pour des aînés devant quitter leur maison. L’étape transitoire entre la maison et le CHSLD. Quand rester à la maison, malgré les multiples services mis en place et l’aide des proches aidants, devient impossible. Les résidents chez Art de vivre ont de nombreux besoins et leur état de santé fait en sorte qu’ils ne peuvent plus habiter chez eux, mais ils trouvent un nouveau chez eux avec Jackie Paquet et les sept employés (trois à temps plein et quatre à temps partiel) qui prennent soin d’eux comme s’ils étaient des membres de leur famille.

«C’est difficile pour la famille de ‘‘placer’’ la personne. Quand ils arrivent ici, ils sont un peu soulagés de voir que ça existe un milieu familial. C’est sûr que ce n’est pas à long terme, mais le temps qu’ils sont ici ils peuvent en profiter  », explique Jackie précisant que pour travailler dans sa ressource il n’est pas nécessaire d’avoir son cours de préposé aux bénéficiaires. Elle demande seulement d’avoir un grand coeur, le reste ça peut s’arranger en suivant les formations nécessaires. Ce n’est pas un milieu institutionnel. Une approche en douceur et personnalisée est la marque de commerce de Jackie Paquet.

Chaque avant-midi est consacré au lever, au déjeuner et aux soins d’hygiène. La routine est importante, mais il y a une certaine flexibilité. « Les personnes qui se lèvent un peu plus tard, j’encourage qu’on les laisse dormir et qu’on s’habitue à leur routine. Ce n’est pas tout le monde qui veut se lever à 7 h pour manger. Il y en a qui aiment ça être en robe de chambre toute la matinée. On essaye de fixer une routine selon leurs habitudes », de formuler Jackie Paquet. Le reste de la journée est occupé par les repas, des petites activités diverses et des visites de la famille.

Une affaire de famille

En plus des employés, Jackie Paquet peut compter sur l’aide de sa famille. Le ragoût de boulettes et la tourtière c’est sa grand-mère qui les fait et le jambon est préparé par son beau-père. Chaque semaine, son père cuisine d’autres plats comme de la pizza ou de la quiche, tout en l’aidant dans divers travaux. Ça en prend des congélateurs pour entreposer tout cet amour en plats qui sera servi aux résidents. Même sa demi-sœur descend de Beauce un week-end sur deux pour l’aider. « C’est vraiment une histoire de famille. Par exemple, la semaine prochaine mon grand-père, ma grand-mère, ma mère et mon beau-père viennent pour m’aider à racler le terrain », raconte celle qui fait la fierté de sa mère parce qu’elle a repris le flambeau.

En transit

Les résidents ne font que passer. Ils habitent chez Art de vivre pendant quelques mois ou années. Quand les soins dont ils auront besoin seront trop grands ou que la démence aura trop évoluée, ils devront être relocalisés. La liste d’attente est gérée par le CLSC. Une personne, ou sa famille, souhaitant avoir le bonheur de vivre un passage à la ressource Art de vivre doit s’inscrire sur la liste par le biais du CLSC. Quand une place répondant à son profil se libérera dans l’une des ressources de type familial ou ressources intermédiaires de la région, la personne demandant une place sera contactée. C’est relativement rare qu’une place se libère à la ressource Art de vivre.

La cotisation à payer pour habiter dans une ressource de type familial dépend de la situation financière du résident et relève du Centre intégré de santé et de services sociaux de la Montérégie-Ouest (CISSSMO). La ressource intermédiaire reçoit, quant à elle, une paye du gouvernement du Québec correspondant au nombre de jours que les personnes sont à la ressource ainsi qu’au niveau de soin, ainsi qu’une paye sur les frais fixes comme le bâtiment.

Jackie Paquet rêve que d’autres ressources comme la sienne voient le jour. Elle encourage les jeunes ayant une fibre entrepreneuriale à se lancer dans l’aventure comme elle. « C’est beau après tout. C’est un mélange d’entrepreneuriat et d’aide. Quand il y a une bonne organisation, ce n’est pas si castrant », affirme Jackie Paquet, qui aimerait aussi avoir un peu plus de bénévoles. Des personnes intéressées à donner une heure ou deux de leur temps par semaine pour passer un moment avec un résident soit pour prendre une marche, parler, boire un café ou d’autres petites choses simples, mais combien importantes pour les résidents. Pour donner son nom comme bénévole, on écrit à Jackie Paquet à l’adresse courriel jpaquet.artdevivre@gmail.com.

« Le plus beau, c’est quand ils me disent : je suis bien ici; une chance que je t’ai; au moins je ne suis pas toute seule… » – Jackie Paquet

 

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