Sonia Drolet: femme de coeur

Photo: Myriam Frenette
Photo: Myriam Frenette

Dans sa maison bigénération avec vue sur l’eau, Sonia Drolet accueille les gens avec un grand sourire. Ici, elle n’est pas la femme d’affaires. C’est la maman rieuse de quatre grands enfants de 15, 17, 19 et 21 ans. C’est l’amoureuse de Bernard depuis 33 ans. Et c’est la fille de Mom et Dad, ses parents pour qui elle a énormément de respect et d’amour.

Avant le départ de son plus grand et de sa blonde, ils étaient neuf dans la maison et parfois plus avec les amis, chums et blondes. « J’aime ça avoir du monde ici. Pour moi, c’est une sécurité d’avoir mes parents à la maison. Je trouve que c’est un privilège pour les enfants d’avoir leurs grands-parents avec eux. J’ai des bons parents. Ils ont des bonnes valeurs et ils ne sont pas tannants », confie la femme de 47 ans.

Savoir ce qu’elle veut

Sonia Drolet ne reviendrait pas en arrière alors qu’elle avait 30 ans. Ces années, où elle s’est lancée en affaires ont été très difficiles. Aujourd’hui, à l’aube de nouveaux changements professionnels, elle est fière de ce qu’elle est devenue comme maman et comme femme.

Adolescente, elle avait tout planifié. Se marier à 23 ans, avoir son premier enfant à 25 ans, avoir ses quatre enfants avant 30 ans et se lancer en business à la mi-trentaine. Tout est arrivé comme c’était planifié. Même pour ses accouchements, elle a pu imposer ses désirs. Elle était provoquée, donc elle pouvait décider de la date de son entrée à l’hôpital.

« J’aimais tellement ça être enceinte. À mon dernier accouchement, mon mari, mes enfants et mes parents étaient là. Je voulais que Dad assiste à mon accouchement pour voir comment ça peut être beau. Ma mère n’avait pas eu un bel accouchement de moi. J’avais le cordon pris autour du cou et j’ai failli mourir », dévoile celle qui classe son dernier accouchement parmi ses plus beaux souvenirs.

Toujours dans l’action

En 2007, elle a acheté Hyundai Vaudreuil. En 2011, alors qu’elle faisait une offre à son voisin pour louer des places de stationnement, elle s’est retrouvée à saisir une opportunité qui a fait d’elle la nouvelle propriétaire de Vaudreuil Volkswagen.

« Je n’étais pas une fille de char. J’étais actionnaire dans une agence de pub depuis 15 ans. J’ai suivi un cours de vente automobile. Le formateur m’a transmis sa passion. J’ai tout vendu et je suis allée vendre des autos, à 36 ans », raconte Sonia Drolet.

Celle qui a commencé comme vendeuse a gravi les échelons et s’est fait un devoir de bâtir sa crédibilité dans ce domaine d’hommes. Alors qu’elle pensait passer sa vie dans le monde de l’automobile, la machine à rumeurs s’est emballée. Elle recevait des offres d’achat de plus en plus nombreuses et insistantes, mais elle refusait de les entendre.
C’est son père qui l’a convaincue d’écouter. La femme d’affaires a réalisé que le monde de l’automobile changeait et pas nécessairement pour le mieux. L’offre était bonne et n’allait peut-être pas repasser.

Femme de coeur 

« C’est difficile de laisser mes équipes. Je n’ai pas vendu pour une question de prix. C’était important pour moi de savoir que mes gens seraient bien. J’avais tellement misé sur leur formation et leur santé », affirme celle qui a la tête remplie d’idées pour la suite des choses.

Sonia Drolet n’est pas prête à prendre sa retraite. Elle veut s’investir dans sa communauté. La santé et l’alimentation sont des avenues qu’elle envisage d’emprunter. Elle ne veut pas s’avancer davantage sur le sujet avant d’avoir fait des études de marché et analysé les options. Elle se permet cependant de dévoiler un rêve, celui de travailler avec son mari. Policier de profession, il pourrait prendre sa pension dans deux ans. L’objectif serait de trouver un projet d’affaires qui leur permettrait de prendre des congés pour voyager.

« Mon mari c’est mon premier chum. On est ensemble depuis le secondaire 2. On s’était fait un plan de vie et c’est arrivé comme on l’avait planifié. Bernard, c’est le meilleur mari et le meilleur papa. C’est mon meilleur ami. Une chance qu’il était là pour les enfants : les soupers, l’épicerie, le magasinage, les vêtements. Je ne serais pas où je suis s’il n’avait pas été là », explique celle qui a encore des papillons dans le ventre quand elle entend sa voix.

Malgré les moments plus difficiles, alors que les finances étaient serrées, qu’elle ramait pour percer dans le monde des affaires et qu’ils avaient quatre jeunes enfants, le couple est resté fort et a toujours essayé de repousser la routine.

« Mes enfants ont toujours fait partie du plan. Mes enfants venaient pour m’aider à passer le balai dans le stationnement. Tout ce qu’on fait c’est en famille. Et, la base d’une famille, c’est le couple. Quand le couple va bien, c’est beaucoup plus facile de bâtir et d’élever ta famille », affirme la femme reconnue pour sa persévérance.

Carrière manquée 

Celle qui parle ouvertement de sa ménopause et de sa prise d’hormones estime peut-être avoir manqué sa vocation. Au travail, elle porte de nombreux chapeaux : patronne, maman, psychologue et même conseillère conjugale.

« J’aurais peut-être dû être sexologue. Du secondaire à l’université, s’il y avait des cours de sexualité, je les prenais. J’ai appris un paquet d’affaires, mais la chose que j’ai le plus retenue c’est que dans un couple ça prend deux choses : 50 % communication et 50 % sexualité », explique celle qui aime écouter et guider.

Aider est très important pour elle. Participer dans sa communauté, mais aussi à l’étranger par le biais de voyages humanitaires, comme elle vient de vivre en Haïti avec son mari et ses deux filles. Après avoir travaillé fort et fait des sacrifices, elle est à l’aise financièrement, mais redonner est important pour elle.

« J’essaie d’apprendre la gratitude à mes enfants. Ils ont la santé, des parents qui s’aiment et qui les aiment, trois repas par jour, l’eau courante… En Haïti, ils ont vraiment vu à quel point ils sont privilégiés », souligne celle pour qui le sourire des jeunes Haïtiens reste un mystère fascinant, car ils n’ont rien.

La dynamique

Sonia mord dans la vie et aime relever des défis. Comme lorsqu’elle a décidé de s’inscrire à la boucle du 135 kilomètres du Défi Pierre Lavoie, puis au 1000 kilomètres l’année suivante. Celle que plusieurs voient comme un petit rayon de soleil a convaincu des collègues, ainsi que ses enfants, de la suivre dans cette aventure. Cette année, elle s’est entraînée, mais a laissé sa place à quelqu’un d’autre, car avec la vente de ses commerces, elle n’avait pas la force mentale pour la faire.

« À mon décès, je veux que les gens se souviennent de moi en bien et qu’ils disent je leur ai apporté quelque chose, que j’étais tout le temps de bonne humeur et que ça paraît quand je ne suis pas là », dit celle dont le sourire est contagieux.

En transition

Depuis le 1er avril, Sonia Drolet ne va plus chez Hyundai. Même sielle se rend encore chez Volkswagen, et ce jusqu’en décembre prochain, elle a déjà commencé à ralentir le rythme et à passer du temps avec sa famille. Unautre judicieux conseil de son père.

Elle fait du ménage et des petites affaires qu’elle n’avait pas le temps d’entreprendre avant. Elle rattrape un peu le temps perdu. Elle avoue qu’elle a peut-être manqué un peu à ses enfants, même si elle s’est toujours fait un point d’honneur de passer du temps de qualité avec eux. En attendant la concrétisation de son prochain projet, elle est là quand sa famille revient du travail et de l’école. Même si elle juge ne pas être très bonne en cuisine, c’est la première fois que maman est à la maison et qu’elle fait le repas.

Mon père m’a souvent dit: en affaires, laisse ton coeur de côté et sers-toi plus de ta tête. Mais je ne suis pas capable.

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