Le rideau tombe sur la carrière théâtrale d’Alain Zouvi

Photo: François Laplante Delagrave
Photo: François Laplante Delagrave

Serein et en paix avec sa décision, Alain Zouvi montera sur une scène pour la dernière fois, le 30 avril prochain. Ce grand moment, rempli d’émotions pour l’acteur dont la fructueuse carrière théâtrale s’est échelonnée sur 35 ans, aura lieu à la salle Pauline-Julien. C’est dans le costume du personnage de George Feydeau, de la pièce Le prince des jouisseurs, que l’acteur effectuera un dernier salut à son public.

« Je me sens merveilleusement bien. J’adore jouer ce spectacle-là. C’est un événement, car c’est une création québécoise, même si l’on parle d’un auteur français du début du 20e siècle. Il faut vraiment venir voir cela pour apprendre sur George Feydeau et connaître un auteur de chez nous qui est merveilleux, Gabriel Sabourin », révèle le comédien.

Une décision réfléchie

Celui qui a eu 57 ans, le 12 avril dernier, a pris la décision d’arrêter de jouer au théâtre en 2012 alors qu’il interprétait Claudius dans la pièce Hamlet. Un trou de mémoire lors de la première de la pièce, les exigences du métier qui lui pèsent de plus en plus, la piètre rémunération des acteurs, le peu de considération ainsi que le rythme soutenu des projets qui se succèdent pour lui à la télévision, en doublage, en mise en scène, font partie des éléments qui l’ont poussé à laisser la place aux autres sur scène.

« Si le plaisir avait été plus grand que la souffrance, j’aurais continué. La souffrance, c’est le travail que jouer sur scène demande. En représentation, à plusieurs journées d’avis, on est dans notre tête. On surveille ce qu’on mange, à quelle heure on mange, nos heures de sommeil. Tout ce que ça demande comme préparation, c’est assez intense. On se défonce comme des fous pour un tout petit cachet. Puis, au niveau artistique et au niveau
gouvernemental, disons que ce n’est pas le métier qui est le plus respecté », explique Alain Zouvi.

Des rôles marquants

Zouvi conclut sa grande aventure d’acteur de théâtre en jouant le rôle de Feydeau, l’un des auteurs qu’il a beaucoup aimé jouer dans sa carrière. Le rythme des pièces de cet auteur français lui plaisait particulièrement. D’autres pièces et auteurs occupent une grande place dans son cœur et ses souvenirs : Molière, Syncope de René Gingras ainsi que Vie et mort du roi boiteux de Jean-Pierre Ronfart.

« J’étais encore à l’école internationale de théâtre quand Jean-Pierre Ronfart est venu me chercher pour jouer dans Vie et mort du roi boiteux. On a joué comme si c’était 6 pièces de théâtre et un grand récit de 14 heures. On a étiré ça sur plusieurs années. À un moment, on s’est mis à jouer l’entièreté de la chose. C’était 15 heures de spectacle continu. On commençait à 10 h le matin et on finissait à 1 h le lendemain matin. Les acteurs, nous étions une trentaine, s’occupaient de jouer, mais aussi des décors, des accessoires, des costumes, de tout cela. C’était extraordinaire! » se rappelle le comédien à propos de sa première expérience au théâtre.

Finir dans la joie

Après 35 ans de beaux grands rôles, le comédien tire sa révérence. Quatre années ont passé entre le moment où il a décidé d’arrêter et sa dernière sortie de scène dans quelques jours, car l’acteur tenait à respecter ses contrats à long terme. On a ainsi pu le voir dans Le dindon, La cage aux folles et Le prince des jouisseurs. Des rôles joyeux pour conclure sa carrière sur scène.

« Le rôle de Feydeau est l’un des plus beaux que j’ai eu à jouer. Je suis entièrement comblé. Je ne vois pas ce qui pourrait m’apporter plus au niveau du jeu comme acteur que ce rôle-là. Alors je trouve que c’est le meilleur moment pour arrêter », confie Alain Zouvi qui continuera à être actif dans les diverses autres sphères de son métier.

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