Jici Lauzon parle de son grand amour

Photo Productions JiCi
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L’amoureux des livres sera l’invité de Michel Lecomte, le 30 avril, au Salon Espace Livres. Dans une formule 5 à 7, les participants feront un tour d’horizon de certains bouquins qui assouvissent sa curiosité et qui guident sa pensée.

Jici Lauzon est un fétichiste des livres. Sa passion est telle qu’il doit tasser les livres de sa table de cuisine pour manger, que ses enfants ne l’ont jamais vu sans un livre à la main et qu’il n’est pas rare de le croiser dans les salons du livre. Quand on lui demande de nous parler de ses plaisirs littéraires coupables, Jici Lauzon s’anime.

« Je n’ai aucune culpabilité à lire. J’aime lire. Je peux m’asseoir dans ma chaise le matin, me lever pour remplir ma tasse de café et continuer à lire. Je n’ai pas de limites », raconte Jici Lauzon qui a découvert de nouvelles pistes de lecture lors de son retour à l’université à 40 ans.

Par amour

On ne peut pas s’approcher de Jici Lauzon sans s’enfarger dans ses livres. Pas étonnant qu’on lui ait proposé, il y a quelques années, de devenir critique littéraire dans l’émission de Marie-Louise Arsenault, Plus on est de fous, plus on lit à Radio-Canada. Elle a été la première à lui demander de parler publiquement de livres, cette passion qui occupe toute la place dans sa vie.

Pour l’entrevue au Salon Espace Livres, l’homme engagé et passionné d’histoire a préparé une liste de 10 livres qui ont changé sa vie et sa façon de voir les choses : Une histoire populaire des États-Unis d’Howard Zinn, L’œuvre de François Rabelais et son temps de Michaïl Bakhtine, Genèse de la société québécoise de Fernand Dumont, Sous le signe du lien de Boris Cyrulnik, Se divertir à en mourir de Neil Postman, L’image de Daniel Boorstin, Le déclin de l’occident d’Osawald Spengler, Une brève histoire du progrès de Ronald Wright, Solution locale et désordre global de Corrine Serreau et Sortir le Québec du pétrole de Ian Marcil. Se limiter à 10 choix a dû être difficile pour lui. Il y a fort à parier qu’il sera question de bien plus que cela lors de son passage au MUSO.

Pour changer

« Je lis beaucoup pour comprendre et apprendre. Tout ce qui touche à l’histoire me plaît. Je dis souvent que je suis un historien manqué. Histoire populaire des États-Unis est au top de ma liste, car c’est un livre qui a totalement changé ma vision des États-Unis et qui a amélioré ma compréhension. Howard Zinn est un militant. Je me vois beaucoup dans ce genre de bonhomme là », dévoile le boomer de 61 ans, qui avoue aimer la vieille histoire et les vieux livres.

Parler de livre et de lecture réveille chez Jici Lauzon de nombreux souvenirs : sa mère qui lui a donné le goût de la lecture, son retour aux études, son mémoire de maîtrise sur l’effet du zapping dans la conversation, sa présence à la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques à Paris en décembre dernier ainsi que la mort de son frère, il y a quelques années.

« J’ai perdu un frère pour des raisons qui n’ont rien à voir avec la littérature, mais je trouvais que son problème d’adaptation à la société provenait d’un manque de vocabulaire. Les idées viennent avec les mots », plaide celui qui offre beaucoup de livres en cadeau, dont des dictionnaires à ses neveux et nièces.

Porte-parole, depuis huit ans, du concours d’alphabétisation et de francisation Ma plus belle histoire, l’artiste trouve merveilleux de voir des gens qui racontent leur histoire. Pour lui, les mots sont la clé de l’épanouissement, de l’affranchissement et de la libération des angoisses.

Pour vivre

Parce qu’il œuvre dans un métier où la parole et les textes sont centraux, Jici Lauzon est toujours en train de lire à voix haute des extraits de textes. « On devrait encourager la lecture à voix haute. Il y a des extraits dans différents livres et pièces de théâtre qui vont mourir là parce que le monde ne lit plus », se désole le papa de trois jeunes enfants de 4 à 8 ans.

Des idées de projets pullulent dans sa tête : karaoké littéraire, librairie de livres usagés, écriture d’un livre touchant bien entendu à la politique, la sociologie, l’histoire et l’environnement, sans oublier la promesse qu’il s’est faite de raconter l’histoire de sa mère, une enfant de Duplessis dont la vie a été difficile. Chose certaine, en 2017, le volubile Jici Lauzon prévoit remonter sur scène avec un tout nouveau spectacle dans lequel il racontera des histoires à voix haute pour faire réfléchir.

 

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