Une tasse de café

Ce qui me fascine c’est de voir à quel point on essaie de nous passer une tasse de café.

Lorsqu’on nous annonce des hausses de taxes, de frais, de prix de l’essence, de prix de l’électricité, on nous martèle que ce n’est pas si pire, que c’est juste un dollar ou deux. Par jour. Que c’est seulement le prix d’un café quotidien. « Vous avez de l’argent pour vous payer un café? Vous avez l’argent pour payer 4000 $ de plus par année en frais de garderie pour vos marmots. »

À la vitesse à laquelle on nous augmente les frais, c’est la cafetière complète que l’on doit payer quotidiennement.

Trois ou quatre dollars de plus pour les garderies, O,77 $ de plus pour le Bixi, quelques billets de plus pour l’essence à la pompe, quelques milliards pour un programme d’informatisation des soins de santé qui ne fonctionne pas. Et 3,5 M$ pour six mois d’une Commission Robillard qui s’en va sur la tablette.

Plusieurs ont vu le stratagème. On commande une Commission, on annonce des hausses pour les garderies, les services ambulanciers, des coupes dans l’aide aux agriculteurs, dans les subventions aux municipalités.

À l’étape suivante, on repousse du revers de la main les conclusions de la Commission et on crie, haut et fort comme dirait l’autre : « Vous voyez, ce pourrait être pire. On est gentils. »

Pas le choix

Je sais, mes éditoriaux ne plaisent pas à tous. Difficile de faire l’unanimité. Et je ne cherche pas à le faire non plus. J’exprime mes opinions. C’est le but.

Et je sais que plusieurs diront, nous n’avons pas le choix. Nous voulons des services, nous voulons vivre dans une province ou le système de santé ne coûte rien, ou l’éducation ne coûte rien, ou le niveau de vie est plus que convenable.

Soit. Je suis d’accord. Mais il y a moyen de faire autrement.

On essaie toujours de tirer le jus des mêmes personnes. On essaie d’extraire tout des mêmes poches. D’infuser le café, deux, trois, dix fois. Un jour, ça fait que le café ne goûte plus. C’est de l’eau. Un peu comme mon porte-monnaie.

On supprime des emplois, on augmente les frais, on coupe les services, ça coûte plus cher.

Les gens sont déçus. Sceptiques. Craintifs. Je le suis. On croit de moins en moins à tout ce charabia. On nous fait des promesses. On revient sur nos paroles. Choc tarifaire en 2013, devient convenable et nécessaire en 2014. On parle des deux bords de la bouche. On s’abreuve aussi des deux bords de la bouche.

Coupez dans les Commissions caduques, dans les programmes inutiles.

Et cessez de nous parler d’un seul café supplémentaire par jour.

De toute manière c’est d’une bonne tisane dont nous aurions besoin. Parce que vous tentez sans cesse de nous endormir.

À propos de l'auteur

Yanick Michaud

Directeur de l'information

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