Sauver un bébé

J’ai récemment eu la chance de sauver la vie d’un bébé.

Je vous raconte comment c’est arrivé.

Je décide d’aller dîner, accompagné d’un collègue, à courte distance de marche du bureau. Nous empruntons l’avenue St-Charles à destination du restaurant choisi.

Soudain, j’entends crisser des freins. Deux voitures. Collision. Le bébé, possiblement mal attaché, est éjecté de la voiture. Je prends un élan, je cours, j’attrape le bébé au vol. Je cours vers la mère. Bouche à bouche, je la sauve aussi.

Ce n’est pas arrivé comme ça.

J’ai vraiment sauvé la vie d’un bébé, mais c’était moins Hollywoodien.

Je recommence.

Je décide d’aller dîner, accompagné d’un collègue, à courte distance de marche du bureau. Nous empruntons l’avenue St-Charles à destination du restaurant choisi.

Soudain, klaxon. Un ami de longue date dans une voiture qui nous croise. Il baisse la fenêtre du côté conducteur et s’informe de mon état.

Vais bien. Et toi?

Pas pire oui.

Viens dîner avec nous.

On se retrouve donc, trois gars, attablés devant un repas santé. Salade et salsifis. (Lasagnes et pizzas en fait.)

Discussions. Vie de couple, vie de famille. Ça va.

À l’issue du repas, l’ami s’étant joint de manière inopinée au repas, demande à me parler, seul à seul.

–          Yan, je sais que ça t’est arrivé. Deux enfants. Tu n’en voulais pas un troisième. Ta blonde qui tombe enceinte. Ça vient de m’arriver. On l’a su hier. Test positif. Comment tu avais réagi à l’époque. Est-ce que tu avais envisagé l’av…

–          Arrête. Ne prononce pas ce mot. À l’époque, l’épouse était venu pour en parler et je lui avais lancé : ne dis jamais ce mot.

Et effectivement, nous n’avions jamais prononcé le mot qui aurait mis un terme à l’existence de cet être qui venait de prendre vie dans son ventre.

Je n’ai ni fait la leçon, ni la morale à mon ami. Je lui ai amené des pistes de discussions avec sa conjointe.

Ils ont tous les deux un bon travail. Une maison, deux enfants déjà en santé. L’enfant ne figure peut-être pas dans les plans. Mais quels plans? Les projets sont faits pour se bâtir. Penses-y comme tu veux, mais ce bébé est vivant.

Le lendemain, l’ami m’a appelé. Ils en avaient jasé. Le bébé était sauvé. Mon copain était souriant et sa conjointe trépignait de joie.

J’ai sauvé un bébé. Ce n’était peut-être pas spectaculaire, mais je suis fier de moi.

Déjà quatre ans

L’histoire me ramène à quatre ans en arrière.

Il y a quatre ans et huit mois, l’épouse me tend le test positif. Est-ce que tu veux que j’av…

Ne prononce pas ce mot.

Et je ne regrette tellement pas cette phrase. Il y a quatre ans aujourd’hui, le 29 avril 2011, voyait le jour ma belle bébé joufflue. Plus de neuf livres d’amour à l’époque. Et aujourd’hui, quatre ans plus tard, je suis le plus heureux des papas d’avoir ces trois enfants merveilleux.

Bonne décision. J’aime ça sauver des bébés. Bonne fête ma Chouchoune.

À propos de l'auteur

Yanick Michaud

Directeur de l'information

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