Préparez-vous à avoir le sang vert

C’est arrivé à mon arrivée à Montréal.

La première fois que je suis déménagé dans la métropole.

C’était en 1999. Et j’ai vu les étendards, vert et orange, qui annonçaient la tenue d’une cent et énième plus, édition, de la parade de la St Patrick sur la Sainte-Catherine. La St Patrick. Au Saguenay, c’est le nom d’une école dans ma paroisse, Sainte-Thérèse. Une école pour les quelques voisins anglophones que l’on connaît tous par leur nom, parce qu’ils ne sont vraiment pas nombreux. Sinon, j’en connais plus ou moins sur cet illustre saint de l’Irlande, qui y a vécu, l’a nettoyée des serpents maudits qui l’infestait et qui maintenant permet à une majorité des citoyens des grands villes de l’Amérique de dire, une fois par année, qu’ils ont du sang irlandais qui coule en leurs veines.

Alors, en 1999, je me rends, flanqué du frangin et d’un ami commun (ironiquement, un gars d’Arvida, au Saguenay, qui a fréquenté l’école St Patrick), que nous appellerons le maçon, au défilé de la St Patrick.

C’était le premier d’une longue série consécutive sans manquer ce rendez-vous annuel.

Nous y allions, bon an, mal an, affublés d’une flasque de crème irlandaise ou de whiskey, et de quelques canettes de Guiness, pour nous imbiber de cet état d’esprit festif.

Encore à ce jour, j’attends impatiemment la venue de ce 17 mars, pour célébrer mon sang irlandais.

Les temps changent

Cependant, l’arrivée de l’épouse dans ma vie, puis celle des loups, a fait en sorte que j’ai raté une, puis deux, et enfin, presque toutes les parades au centre-ville de Montréal.

Mais qu’à celà ne tienne, j’ai rebondi et me suis dirigé vers Hudson, qui, depuis maintenant quelques années, tient un défilé sur la Main, qui n’a que peu à envier à celui de Montréal.

Et cette année encore, vous me verrez, de ma barbe, de mes verts atours et d’une choppe de bière verte, vêtu, regarder de mes yeux d’enfant et applaudir ces chars qui sont si beaux, si festifs, si irlandais. Si ça vous chante, ça se passe samedi et tout le monde cette journée-là, à du plaisir et peut se targuer d’avoir du sang vert qui coule dans ses veines. Ou à défaut, de la Guiness.

Sur un tout autre ton

Radicalement, je change de sujet. La semaine dernière, j’ai appris, via les réseaux sociaux, le départ d’un grand homme de la région.

Stéphane Lanthier de Saint-Polycarpe s’est éteint.

L’homme qui a passé sa vie à lutter contre une maladie du cœur, a embrassé sa cause et a amassé des fonds pour vaincre cette anomalie qui le rongeait.

J’ai eu la chance de connaître Stéphane, mais à peine. À l’occasion, mais lors de rendez-vous caritatifs. Il appréciait le travail des gens de VIVA média et nous étions ses journalistes.

Il nous engageait dans ses levées de fonds, si bien que j’ai eu l’honneur d’être l’annonceur maison d’un match des anciens Canadiens qu’il avait organisé à Saint-Polycarpe contre des anciens hockeyeurs de la Ligue Soulanges.

Nous étions tous les deux heureux de notre rencontre. Et je me rappellerai toujours de son visage heureux lors de cette rencontre.

Ma collègue, Stéphanie Lacroix était la préférée de Stéphane et elle prépare un article qui paraîtra ce week-end dans Première Édition. En attendant, sur un ton personnel, elle voulait livrer ses impressions sur ce personnage soulangeois qui en a marqué plus d’un.

« Quand on est journaliste, on a des centaines de contacts. À chaque article, à chaque reportage, à chaque projet, on tisse des liens. Des liens qu’on a le plaisir d’entretenir par la suite.

Mais il y a des gens qui nous marquent plus que d’autres. Il y a des gens qui font naître un sourire sur nos visages lorsqu’on reconnaît leur numéro sur notre téléphone. Pour moi, Stéphane Lanthier faisait partie de ces personnes. Au fil des années, en suivant Stéphane dans toutes ses activités, j’ai découvert un gars exceptionnellement généreux. Un bon vivant qui pensait aux autres avant de penser à lui-même. Un bénévole de cœur que tout le monde appréciait.

Mon directeur Yanick et moi avions rendez-vous avec Stéphane en avril prochain, pour un 5 à 7. Il voulait nous dire merci pour avoir couvert le match des anciens Canadiens à Saint-Polycarpe. Stéphane, nul besoin de nous dire merci. Tu nous as inspirés à être de meilleures personnes, et tu continueras à le faire. À nous de te dire merci, merci pour tout. »

À propos de l'auteur

Yanick Michaud

Directeur de l'information

Vous aimerez également

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Publicité
Profitez de cette offre
PUBLICITÉ