La dure fiction et la fatale réalité

Il y a cette fiction. Crue, dure, difficile à regarder, mais qui se rapproche drôlement de la réalité.

Vous savez de quoi je parle. Sans doute. C’est l’un des phénomènes de l’heure à la télévision québécoise. Fugueuse. Les opinions de mes proches divergent. C’est bon, merveilleux, splendide. Tu devrais le regarder.

C’est moyen, inventé de toutes pièces, trop scénarisé.

Tu devrais le regarder avec ta Torpille, pour lui mettre en tête cette dure réalité. Même si ce n’est que de la fiction.

N’écoute jamais ça avec tes enfants. Ça vulgarise, banalise les effets de la prostitution, de la drogue, des fugues.

Qui croire?

Je l’ignore, parce que personnellement, je n’ai pu embarquer dans la série. Pas un choix. Ça n’a juste pas adonné entre les millions de déplacements d’un aréna, d’une piscine ou d’un plateau de gymnastique à l’autre.

Il n’est pas trop tard. Ça va passer en reprise incessamment et des gens de mon entourage l’ont enregistré.

Mais je ne peux me faire une tête si je dois le regarder ou non avec ma grande fille. Avec mon fils aussi, le Loup, un peu plus jeune, mais très allumé. Et sûrement pas avec ma Chouchoune, encore au temps des sorcières qui couvent dans sa chambre, tapies sous le lit. Ça va passer, mais l’heure de lui parler de démons beaucoup plus méchants, et surtout bien réels, viendra assez vite, je le crains.

Ainsi, cette dure fiction traverse un orteil de temps à autre dans la réalité et c’est bien ce qui fait peur.

Il ne fait pas jouer à l’autruche et en parler franchement avec sa progéniture. C’est clair, mais c’est aussi vrai qu’il faut faire chaque chose en son temps. Et il viendra vite. Je le crains.

La réalité

Sinon, quand elle vient frapper et qu’elle est dans les nouvelles pour vrai et que les parents ne reverront jamais leur tendre fille parce qu’elle a bu, s’est évanouie et ne s’est jamais réveillée au contact de son visage avec l’eau glacée d’un ruisseau qui court derrière son école, il faut aussi ouvrir les yeux.

Et ouvrir la bouche. Pour en parler. Parler de l’effet dévastateur de certaines décisions.

Décisions des adultes de vendre et de marchandiser fièrement une boisson méga-alcoolisée qui, au su de chacun, a un effet monstre chez les adolescents.

Décisions des jeunes de quitter la polyvalente, une journée de printemps, de voler d’immenses canettes d’un liquide qui les saoulera au point de faire l’école buissonnière et de s’évanouir. Ivres.

C’est d’une tristesse.

Sans doute la peur de se faire punir par des parents qui ont à cœur la santé de leur fille. Sans doute la bravade de jeunes qui en ont vu d’autres et qui ont pris des centaines de brosses dans leur vie. Sans doute la crainte de se faire réprimander pour avoir mal agit.

On ne saura jamais ce qui est passé par la tête d’Athena pour décider de ne pas se rendre à l’école, quitte à voir l’infirmière et avouer qu’elle ne supportait pas ces 11 % d’alcool dans son frêle corps. On ne sait pas comment les parents auraient réagi. Punition ou simplement lui faire promettre de ne pas recommencer, parce que demain tu vas avoir un sévère mal de tête.

On ne le saura jamais parce que la magnifique adolescente n’a pas eu la chance de traverser ce ruisseau.

Moi et l’épouse en avons profité pour aviser la meute des conséquences de chaque geste posé.

Dans ce cas précis, la conséquence est immense et irréversible. Mais quand on peut conjuguer avec, il faut savoir faire face à ses propres décisions et aux  châtiments qui pourraient venir avec.

Il faut profiter parfois des scénarios fictifs qui nous sont proposés, et parfois de la triste et dure réalité qui ne changera pas, pour parler à nos enfants.

L’éducation, ça commence toujours à la maison.

Ils sont encore bien jeunes dans mon cas, mais j’espère qu’ils comprendront et qu’ils sauront prendre des décisions éclairées. Des décisions qui les mèneront vers la réussite.

Et loin de moi l’idée de juger cette jeune fille. Nous avons tous fait notre jeunesse, nos expériences. Nous avons eu des conséquences, nous avons payé pour certaines folies. Nous avons fait nos gaffes, mais heureusement, elles n’ont pas été tragiques. Cette fois, Athena n’a pas eu cette chance. Et si sa mort fait en sorte de réveiller plusieurs jeunes qui se croient invincibles, plusieurs parents qui doivent parler à leurs jeunes, elle ne sera pas décédée en vain.

À propos de l'auteur

Yanick Michaud

Directeur de l'information

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