Des journaux transparents, utiles et surtout essentiels

J’effectue mon métier avec passion, comme lors de l’entrevue avec Régent Charland à Lac-Mégantic qui me parle de son attachement pour son journal local. Photo Laureline Baril-Boisclair

Vous allez regarder la page 6 du journal L’Étoile de cette semaine et chercher en vain l’éditorial qui s’y trouve habituellement.

Je l’ai volontairement changé de place dans le journal pour vous montrer à quel point l’information pourrait se transformer rapidement, advenant que le principe de transparence disparaisse.

Une vague d’amour

Une partie de la loi 122, qui donnerait plus de pouvoirs aux municipalités, vise la publication des avis publics dans les journaux.

Les villes ne seraient plus obligées de publier ces avis dans les pages des journaux, rempart de la démocratie. Les municipalités pourraient se contenter de les publier sur leurs sites Internet. En douce.

Ce serait une perte de visibilité essentielle pour les citoyens. Les lecteurs étaient assurés de retrouver ces avis chaque semaine.

Certains ministres à Québec, surtout ceux qui n’émanent pas du gouvernement municipal, semblent croire que les journaux sont dépassés. Que la population ne lit plus les médias traditionnels. Que nous sommes pleinement à l’ère Facebook.

Or, il n’en est rien et nous sommes tannés d’entendre que : « les journaux, il n’y a plus personne qui lit ça. »

Nous avons parcouru le Québec afin de voir si vous tenez à vos journaux. S’ils sont importants pour vous. Pour l’information, pour la transparence.

Vous avez été formels. Les journaux ne sont pas qu’utiles, ils sont essentiels.

Les journaux sont essentiels. Je prêche certes pour ma paroisse, mais vous devriez voir ces lecteurs, dont plusieurs d’entre vous, attendre avec fébrilité le journal chaque semaine, pour le feuilleter, le consulter, le lire. Pour vous informer. Vous me l’avez dit dans ce reportage que j’ai réalisé avec plaisir. En faisant ce métier que j’aime, pour vous informer. Pour vous tenir au courant de ce qui se passe. En toute transparence. Comme ce doit l’être.

Un média essentiel

Imaginez un monde sans salle de rédaction. Une annonce ministérielle pour les aînés. Pas d’article en page 3. Des annonces de campagne de financement des maisons de soins palliatifs. Pas d’article pour les mousser. Idem pour les Fondations d’hôpitaux ou d’enfants. Les villes qui annoncent leurs fêtes d’hiver, les courses de tracteur à gazon, les nouvelles règles concernant le stationnement des infrastructures. Pas de journal pour en parler. Pour informer la population. Pas de salle de nouvelle pour trouver des sujets qui font vibrer, qui font connaître les gens d’ici. Les artistes, les peintres, les sportifs, les enseignants, leurs élèves, les réalisations. Pas d’annonces de vernissages, de congrès, de forums.

Oui, Facebook, les réseaux sociaux, c’est merveilleux. On peut y retrouver des nouvelles. Mais Facebook, ce n’est pas une salle de rédaction. C’est un relais. Qui diffuse des nouvelles provenant de journaux.

Qui plus est, c’est un algorithme qui décide de l’ordre des nouvelles. De ce que vous voyez. De ce que vous lisez. De ce qui vous informe. Nous sommes à des milliers de kilomètres de la transparence souhaitée.

Nous devons dire maintenant, que même si on le tient parfois pour acquis, Mon journal j’y tiens!

À propos de l'auteur

Yanick Michaud

Directeur de l'information

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