Des chauffards et des connards

Pas facile sur les routes depuis quelques jours.

Maintenant que la neige et la glace ont pris la poudre d’escampette, on retrouve de plus en plus de scélérats sur les axes routiers des environs.

Honnêtement, je sais qu’il y en a toujours, mais on dirait que les astres se sont alignés pour que des cabochons du volant viennent faire la manchette chez nous.

Ça commence vendredi à Dorval. Un travailleur du ministère des Transports, 44 ans, un père de famille, est happé, à mort. Décédé sur les lieux de son travail. Il laisse dans le deuil sa conjointe, des enfants, des amis aimants.

La cause, un chauffard, ivre. Deux fois la limite permise. Il heurte une voiture devant lui, qui elle, vient faucher, dans la fleur de l’âge, un honnête travailleur, signaleur routier, ainsi que nombre de ses collègues qui sont gravement blessés, marqués pour la vie.

Le gars, un citoyen de Saint-Zotique, fait maintenant face à seize chefs d’accusation. Dont celui d’avoir causé la mort après avoir conduit avec les facultés affaiblies.

Il a tué ce travailleur, avec une arme filant à toute vitesse sur une route empruntée par des milliers de voitures chaque jour.

Mauvais endroit au mauvais moment pour ce travailleur, pour sa veuve, ses enfants. Mais aussi pour les enfants de l’accusé, lui-même père de famille. Leur père en prison pour avoir conduit, ivre, même si des milliers de messages sont livrés chaque année.

Ne craint pas les amendes. Ne crains pas de perdre des points. Ne crains pas les barrages. Crains d’enlever la vie. Crains de tuer. De te tuer.

Et autres poursuites

Dimanche soir. L’ouest de l’île de Montréal. Un malfrat fonce, délibérément sur des policiers. Puis, il part dans une longue cavale qui le mènera de Dollard-des-Ormeaux, à Vaudreuil-Dorion, puis enfin à Senneville, après un dangereux virage en U.

Il est intercepté et neutralisé à proximité du pont de l’Île-aux-Tourtes. Arrêté, il devrait croupir quelque part pour quelques mois.

Il a mis la vie d’innocents et de policiers en danger, pourquoi au fond? C’est d’une tristesse.

Dimanche soir. Toujours. Vaudreuil-Dorion, Pincourt, L’Île-Perrot. Près de 23 h 30. Une infraction au code de la route est commise par un chauffard.

Les policiers tentent l’interception. Nouvelle cavalcade. Cette fois, plus brève, se termine dans des dégâts aux feux de circulation de Grand Boulevard et Don-Quichotte.

Le suspect, un automobiliste de Vaudreuil-Dorion a mis sa propre vie, celle d’innocents et de policiers en danger. Pourquoi au fond.

Comme dit le moqueur, innocent n’est pas toujours synonyme de non coupable. Vous comprenez?

Et nous payons pour ça

Et on paie pour ça. Cher. Les bris au mobilier urbain. Les soins de santé dans les hôpitaux, les transports en ambulance, les voitures de police amochées.

On paie en retard de livraison parce que le pont est bloqué pendant des heures, en retard au travail, en retard à l’aéroport.

Mais parfois, on paie encore plus cher. Un père de famille a payé de sa vie parce qu’il travaillait sur un chantier routier par lequel un gars qui a un peu trop étiré son 5 à 7 est passé un vendredi soir donné. Sa femme est veuve. Ses enfants orphelins. Ses collègues craindront pour toujours de se retrouver sur un chantier. Les policiers craignent de faire face à des tirs d’arme à feu d’un fuyard.

Qu’est-ce que je disais? C’est d’une tristesse.

À propos de l'auteur

Yanick Michaud

Directeur de l'information

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