Déçu de nous en 2015

Tout le monde ou presque a donné son avis.

Quidams, observateurs, admirateurs et autres ont exprimé une opinion.

Je voulais m’en abstenir, mais je vais en glisser un mot. Surtout parce que l’épisode masturbatoire d’un artiste dans un parc longueuillois, jumelé à un autre fait d’actualité, m’a entraîné vers une piste de réflexion différente.

Nous sommes fiers au Québec. Nous sommes de grands parleurs. Nous sommes ouverts d’esprit. Nous traitons de débats de société. Nous sommes allumés, vifs d’esprit et rapides sur la détente.

Nous sommes aussi plus que ça.

Nous sommes homophobes et nous sommes racistes.

Ils ont été nombreux la semaine dernière à frapper, à bras raccourcis, sur l’homme public qui s’est exhibé publiquement une fois de trop. « Pédale, homosexuel, sodomite. » Les qualificatifs ont explosé sur la toile.

Qu’il ait, ou non, dû se cacher, caresser son engin en public, ou dans l’intimité d’un motel crasseux de la 132, n’est pas mon point. Homo ou hétéro, j’eusse porté le même jugement. Il n’avait pas à le faire publiquement. Le média n’avait pas non plus à s’acharner. Mais là où c’est allé trop loin, c’est les jugements sur son orientation sexuelle.

Nous sommes au Québec en 2015. N’y a-t-il pas d’autres sujets plus importants? Non. L’homophobie revient nous castrer.

Un artiste hétéro, en couple, qui aurait agi ainsi devant sa conjointe t’aurait-il autant irrité? Oui. Alors, cesse de pointer l’homosexualité.

Et il y a plus

Là où je me suis dit qu’en 2015, ça n’allait pas super bien, c’est en discutant lundi matin devant la machine à café, avec un collègue, amateur de boxe, que nous nommerons le « Tuffer de Vaudreuil ».

Nous parlions du duel de boxe opposant Jean Pascal, un boxeur québécois, à Sergey Kovalev, un boxeur russe.

Jean Pascal, un boxeur noir. Sergey Kovalev, un boxeur caucasien.

Que tu prennes pour Kovalev. T’as le droit. Que tu te retrouves dans un restaurant le soir du match, pour regarder en public le duel et que tu hues Pascal, même si tout ce qu’il entend ce sont des cloches. T’as aussi le droit. Mais de crier, « Tiens criss de nègre, c’est tout ce que tu mérites. » Je me demande si tu représentes bien le Québécois que je suis.

En fait, non, je ne me le demande pas. Je sais que tu n’es pas le québécois moyen.

Le Québécois moyen n’est pas homophobe, ni raciste. Le point, ou le poing au visage, c’est de voir qu’en 2015, il y en a encore qui se basent sur la couleur de la peau ou l’orientation sexuelle d’une personne qui a réussi dans la vie, pour le juger. Pour le dénigrer.

Toi, tu penses petit. Tu es raciste, tu es homophobe, tu fais dur.

Jean Pascal a perdu. L’artiste a perdu. Et au passage, le Québec perd des plumes.

À propos de l'auteur

Yanick Michaud

Directeur de l'information

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