Seigneuriales: Les soldats et les familles souches en Nouvelle-France

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Cette fin de semaine, découvrez la Nouvelle-France grâce aux Seigneuriales de Vaudreuil-Dorion. (Photo Nicole G. Meloche)

Cette fin de semaine, du 5 au 7 juin, rendez-vous sur le site du Musée régional de Vaudreuil-Soulanges pour découvrir la reconstitution de campements d’époque, la démonstration d’anciens métiers ainsi qu’un marché public.

Le régiment de Carignan-Salières, qui regroupaient les premiers soldats arrivés au Canada, est encore présent dans les patronymes québécois et dans la toponymie. À l’été 1665, 1000 hommes répartis en 20 compagnies débarquèrent à Québec. En deux ans, ces soldats construisirent des forts et réussirent leur mission de freiner la menace iroquoise.

Le roi, afin d’inciter les soldats à rester en permanence dans la colonie naissante, offrira des seigneuries aux officiers et des terres aux soldats, ce qui, en France à cette époque, est à peu près impossible à obtenir. Fait intéressant : ce plan était déjà prévu avant le départ des troupes pour la Nouvelle-France!

L’offre semblait assez alléchante pour que 30 officiers acceptent de s’établir « en Canada ». Ainsi, plusieurs seigneuries (aujourd’hui devenues des villes) portent les noms de ces officiers. On reconnaît les capitaines : Berthier, Chambly, Sorel, Boisbriand, Contrecoeur, et les lieutenants Lavaltrie, Varennes et… Soulanges! De leur côté, les simples soldats semblent séduits par cette idée également, car 404 resteront, en plus de 12 sergents.

L’origine des noms de famille

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, il est d’usage commun de donner un surnom de guerre aux soldats. Comme il arrivait souvent que ce surnom de guerre arrive à supplanter le véritable patronyme du soldat, on exigea, à compter de 1716, son inscription dans les registres, à côté des noms et prénom, le rendant ainsi officiel.

Chaque surnom vient d’un aspect personnel du soldat. Il se peut que le nom ou le prénom du soldat soit modifié par l’ajout du mot « Saint », ce qui donne, par exemple, Saint-Jacques pour le soldat Jacques Vadeau. Le surnom peut aussi désigner l’origine géographique : Picard, Champagne, Poitevin, font référence à des provinces françaises. Ou alors il a un lien avec un métier : Lacouture, Boulanger, Laflamme (pour un rôtisseur).

Les surnoms en lien avec les végétaux étaient très à la mode à cette époque, comme les Laframboise, Lafleur, Larose, Latulippe. D’autres peuvent faire un lien à des caractéristiques physiques (Blondin, Le Borgne, Lajeunesse), ou encore sont plus de nature morales (Léveillé, Vadeboncoeur, Brind’amour), témoignant de leurs caractères. Enfin, certains sont purement des noms un peu plus guerriers : Tranchemontagne, Frappe-d’abord, Vaillant.

Aujourd’hui, beaucoup de ces noms de guerre de soldats, restés en Nouvelle-France pour s’y établir et fonder une famille, sont encore en usage en tant que noms de famille.

Un rendez-vous à ne pas manquer!

Pendant ces trois jours de festivités familiales, découvrez une exposition itinérante présentant le régiment de Carignan-Salières en Nouvelle-France, dont l’année 2015 marque le 350e anniversaire.

Ne manquez pas, ce samedi 6 juin à 18 h 30, le spectacle de musique traditionnelle, qui sera suivi à 20 h du concours Intermondial de la Grande Menterie en Nouvelle-France. Cette soirée est gratuite : premier arrivé, premier assis!

Le site des Seigneuriales sera ouvert au public samedi de 11 h à 18 h et le dimanche de 10 h à 17 h. Les visiteurs pourront découvrir gratuitement le Musée régional de Vaudreuil-Soulanges (431, avenue Saint-Charles, Vaudreuil-Dorion), et rencontrer l’artiste Carole Lessard, ce dimanche de 14 h à 16 h. Pour la programmation complète des Seigneuriales, on visite le www.lesseigneuriales.com.

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